Ils doivent être psychologues, soigner les relations publiques, être forts tactiquement mais aussi être bons pédagogues, être à la fois sévères et diplomates. De plus, ils doivent être convaincants et savoir se vendre. Le tout en vivant dans leur propre monde avec, dans le meilleur des cas, un adjoint pour seul confident. À condition que celui-ci ne joue pas un double jeu.
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Ils doivent être psychologues, soigner les relations publiques, être forts tactiquement mais aussi être bons pédagogues, être à la fois sévères et diplomates. De plus, ils doivent être convaincants et savoir se vendre. Le tout en vivant dans leur propre monde avec, dans le meilleur des cas, un adjoint pour seul confident. À condition que celui-ci ne joue pas un double jeu. Cela fait beaucoup pour un seul homme. Pourtant, il y a des entraîneurs qui se fichent pas mal de ce qu'on dit d'eux et de leur image. Dans un monde où la perception est souvent plus importante que le contenu, ils se concentrent uniquement sur leur travail. Le meilleur exemple, c'est Franky Vercauteren. À Anderlecht, il tente de transmettre sa philosophie à l'équipe. Ce qui se passe en dehors du club ne l'intéresse pas et il n'expose pas ses idées dans de longues interviews. C'est dommage car, en conférence de presse, ses analyses de match sont claires. Il n'y va pas par quatre chemins, n'élude aucune question et dit sa façon de penser. En français et en néerlandais, dans un langage correct. Comme vendredi dernier, après le nul très méritoire d'Anderlecht à Gand (1-1). Contrairement à son confrère Jess Thorup, toujours très superficiel, Vercauteren a toujours quelque chose à dire. Il le dit froidement mais avec professionnalisme. Il n'est jamais exubérant et ne respire pas la joie de vivre. Comme s'il n'avait pas d'émotions. Ou comme s'il cachait ses sentiments derrière une carapace. Pourtant, en tant qu'entraîneur, Vercauteren a évolué. Lors de son premier mandat chez les Mauves (2005-2007), il évoquait souvent du déchet dans le jeu ou des missions qui n'avaient pas été accomplies, sans entrer dans les détails. Et sans se demander s'il n'était pas trop exigeant. Désormais, son discours est plus soutenu, plus clair. Même quand tout va mal, Vercauteren semble garder la tête froide. On dirait cependant qu'il garde des cicatrices du passé. Comme s'il ne se sentait pas apprécié à sa juste valeur. En 2018, alors qu'il venait de ramener le Cercle en D1A, son discours vis-à-vis de la presse était très amer. Le point faible d'Anderlecht, en ce moment, c'est son manque de régularité. Une semaine, il combine bien et la semaine suivante, son football est calamiteux. C'est dû à la culture du club. Et au rajeunissement des cadres. À Gand, il alignait six joueurs de 20 ans ou moins, dont deux de 17 ans. Des joueurs talentueux mais qui doivent encore être façonnés. Et ce travail convient parfaitement à Vercauteren. Se qualifier pour les play-offs 1 au terme d'une saison marquée par autant de coups durs relèverait du miracle. Mais avec des déplacements à Malines, à Waasland-Beveren et à Saint-Trond ainsi qu'avec des matches contre Eupen et Zulte Waregem, c'est possible. Même si c'est parfois face aux équipes qui jouent au football qu'Anderlecht révèle tout son potentiel. Contre Genk, face au Club Bruges ou à Gand plutôt qu'au Cercle ou à Mouscron. Dès lors, son calendrier est peut-être moins facile qu'il n'en l'air.