Extrait de l'article paru dans le Sport/Foot Magazine de ce mercredi 2 septembre.

Au milieu des années 2000, quand Anderlecht va débusquer Dieumerci Mbokani au Tout Puissant Mazembe, il n'y a encore rien de structuré. Par contre, tout est mis dans les clous en 2011, quand le Sporting et le Tout Puissant annoncent officiellement un partenariat.

Les premières opérations entre les deux clubs sont scellées en 2012. Bedi Mbenza et Patou Kabangu débarquent à Bruxelles. Deux flops. Et leur échec complique directement l'entente. "Anderlecht n'a pas respecté tous ses engagements, des paiements ont été faits en retard et ça a choqué les gens du Tout Puissant", se souvient Fabio Baglio, qui avait travaillé sur le deal. "Ça partait mal." Un autre homme qui s'est impliqué dans les dossiers reliant Anderlecht au TP, et toujours proche de Moïse Katumbi aujourd'hui, revient sur ces transferts ratés. "Anderlecht s'est planté sur ce coup-là. Ils auraient été bien mieux inspirés s'ils avaient pris au même moment un petit jeune qui était occupé à tout déchirer avec les Espoirs de Mazembe: Ally Samatta. Il avait vingt ans et il était déjà époustouflant."

Pour renouer le contact avec le Tout Puissant, Anderlecht ouvre les portes de Neerpede aux deux fils du président Moïse Katumbi.

Il a suffi de ça pour distendre - déjà - le lien entre les deux partenaires. Mais les parties sont longtemps restées en contact. Comme quand le président du Tout Puissant, arrivé en exil à Bruxelles, a casé ses deux fils à Neerpede. "Anderlecht y a vu une occasion de renouer le contact", détaille un proche des dossiers congolais des Mauves. "Ils ne venaient qu'à l'entraînement du mercredi après-midi, ils n'ont jamais été affiliés." Jean Kindermans, directeur technique du centre de formation, n'a pas été marqué par ces gamins: "Ils n'ont pas laissé un grand souvenir, j'ai juste le souvenir qu'ils étaient trop justes pour Anderlecht."

Début 2017, le boss du TP propose quatre joueurs à Anderlecht. Christian Luyindama, Merveille Bokadi, Jonathan Bolingi, et l'Ivoirien Roger Assalé. Ils ne passent pas la rampe. René Weiler estime qu'il a déjà suffisamment de Blacks dans son noyau. Les trois Congolais filent au Standard, Assalé signe avec les Young Boys Berne. Christian N'Sengi, le sélectionneur de la RDC, se souvient d'un autre refus mauve: "Silas Wamangituka jouait dans un petit club au Congo. Il est venu en test, mais Emilio Ferrera le trouvait insuffisant. Via le Paris FC, il s'est retrouvé à Stuttgart, où il crève l'écran."

"J'ai cité le nom de Jackson Muleka à Anderlecht, et ils m'ont répondu qu'ils allaient se renseigner."

Christian N'Sengi, sélectionneur de la RDC

On en revient à notre Jackson Muleka. Lui aussi a été proposé à Anderlecht, l'année passée. "J'ai cité son nom, ils m'ont répondu qu'ils allaient se renseigner", se souvient le coach national. Maintenant, pas sûr qu'il aurait accepté une offre du Sporting. "Arsène Zola (recalé lors d'un test par Anderlecht à l'été 2019, ndlr) est son meilleur pote et Muleka l'a vu rentrer au Tout Puissant, la queue entre les jambes, après son test à Anderlecht", signale un proche de Muleka. "J'imagine qu'ils ont parlé de cet épisode, j'imagine que ça n'a pas donné envie à Muleka de venir à Anderlecht. Il est aussi au courant de tous les autres échecs. À côté de ça, il a assisté à l'envol de Christian Luyindama et ça l'interpelle. Il voit que le Standard a joué un rôle déterminant dans le parcours de ce joueur."

Mais il n'y a pas que ça. Si Muleka est aujourd'hui Liégeois et pas Bruxellois, c'est aussi dû à des raisons purement financières. Le Standard a lâché deux millions pour le transférer. Anderlecht ne veut plus consentir des dépenses pareilles. Ce n'est pas énorme, mais Katumbi sait très bien ce qu'il fait. "Le Standard a eu le joueur parce qu'il a accepté une clause hors-normes, une condition qu'on n'accepterait jamais à Anderlecht: reverser à Mazembe 50% de la plus-value sur un transfert futur", nous dit un proche du dossier. "Si Muleka part pour dix millions, ça en fera six au final pour le Tout Puissant."

Extrait de l'article paru dans le Sport/Foot Magazine de ce mercredi 2 septembre.Au milieu des années 2000, quand Anderlecht va débusquer Dieumerci Mbokani au Tout Puissant Mazembe, il n'y a encore rien de structuré. Par contre, tout est mis dans les clous en 2011, quand le Sporting et le Tout Puissant annoncent officiellement un partenariat.Les premières opérations entre les deux clubs sont scellées en 2012. Bedi Mbenza et Patou Kabangu débarquent à Bruxelles. Deux flops. Et leur échec complique directement l'entente. "Anderlecht n'a pas respecté tous ses engagements, des paiements ont été faits en retard et ça a choqué les gens du Tout Puissant", se souvient Fabio Baglio, qui avait travaillé sur le deal. "Ça partait mal." Un autre homme qui s'est impliqué dans les dossiers reliant Anderlecht au TP, et toujours proche de Moïse Katumbi aujourd'hui, revient sur ces transferts ratés. "Anderlecht s'est planté sur ce coup-là. Ils auraient été bien mieux inspirés s'ils avaient pris au même moment un petit jeune qui était occupé à tout déchirer avec les Espoirs de Mazembe: Ally Samatta. Il avait vingt ans et il était déjà époustouflant."Il a suffi de ça pour distendre - déjà - le lien entre les deux partenaires. Mais les parties sont longtemps restées en contact. Comme quand le président du Tout Puissant, arrivé en exil à Bruxelles, a casé ses deux fils à Neerpede. "Anderlecht y a vu une occasion de renouer le contact", détaille un proche des dossiers congolais des Mauves. "Ils ne venaient qu'à l'entraînement du mercredi après-midi, ils n'ont jamais été affiliés." Jean Kindermans, directeur technique du centre de formation, n'a pas été marqué par ces gamins: "Ils n'ont pas laissé un grand souvenir, j'ai juste le souvenir qu'ils étaient trop justes pour Anderlecht."Début 2017, le boss du TP propose quatre joueurs à Anderlecht. Christian Luyindama, Merveille Bokadi, Jonathan Bolingi, et l'Ivoirien Roger Assalé. Ils ne passent pas la rampe. René Weiler estime qu'il a déjà suffisamment de Blacks dans son noyau. Les trois Congolais filent au Standard, Assalé signe avec les Young Boys Berne. Christian N'Sengi, le sélectionneur de la RDC, se souvient d'un autre refus mauve: "Silas Wamangituka jouait dans un petit club au Congo. Il est venu en test, mais Emilio Ferrera le trouvait insuffisant. Via le Paris FC, il s'est retrouvé à Stuttgart, où il crève l'écran."On en revient à notre Jackson Muleka. Lui aussi a été proposé à Anderlecht, l'année passée. "J'ai cité son nom, ils m'ont répondu qu'ils allaient se renseigner", se souvient le coach national. Maintenant, pas sûr qu'il aurait accepté une offre du Sporting. "Arsène Zola (recalé lors d'un test par Anderlecht à l'été 2019, ndlr) est son meilleur pote et Muleka l'a vu rentrer au Tout Puissant, la queue entre les jambes, après son test à Anderlecht", signale un proche de Muleka. "J'imagine qu'ils ont parlé de cet épisode, j'imagine que ça n'a pas donné envie à Muleka de venir à Anderlecht. Il est aussi au courant de tous les autres échecs. À côté de ça, il a assisté à l'envol de Christian Luyindama et ça l'interpelle. Il voit que le Standard a joué un rôle déterminant dans le parcours de ce joueur."Mais il n'y a pas que ça. Si Muleka est aujourd'hui Liégeois et pas Bruxellois, c'est aussi dû à des raisons purement financières. Le Standard a lâché deux millions pour le transférer. Anderlecht ne veut plus consentir des dépenses pareilles. Ce n'est pas énorme, mais Katumbi sait très bien ce qu'il fait. "Le Standard a eu le joueur parce qu'il a accepté une clause hors-normes, une condition qu'on n'accepterait jamais à Anderlecht: reverser à Mazembe 50% de la plus-value sur un transfert futur", nous dit un proche du dossier. "Si Muleka part pour dix millions, ça en fera six au final pour le Tout Puissant."