De l'enthousiasme et une pointe de scepticisme. Ce sont un peu les sentiments qui règnent fin juillet, lors de l'annonce du retour de Tessa Wullaert à Anderlecht. Comment diable la capitaine des Red Flames, encore joueuse de Manchester City un mois auparavant et pistée par l'Atlético, peut bien revenir dans une Super League toujours en pleine croissance ? Si la joueuse de 27 ans évoque le manque de temps de jeu dont elle souffrait à City et le fait de retrouver sa place de prédilection en attaque, la longue pause dûe au Covid fait aussi partie du package des raisons qui expliquent ce retour. "Grâce à cet arrêt, je réalise encore plus ce que j'ai manqué. En vieillissant, il y a d'autres choses qui prennent de l'importance", dit-elle alors à des journalistes restés à distance sécuritaire. Un mariage, des anniversaires, tout autant d'événements privés qui ne valent plus le coup d'être ratés, même pour un salaire à l'anglaise... très loin d'effleurer les normes masculines.

"Je pouvais aller à Bordeaux, qui fait partie des grands clubs français, mais je n'ai pas osé signer à cause du corona."

Davinia Vanmechelen, lors de son arrivée au Standard

Restée loin des siens durant cinq ans, mais revenue depuis la mi-mars de ce côté-ci de la Manche, la nouvelle numéro 27 des Mauves, déjà largement en tête du classement des meilleurs buteuses du championnat avec douze pions claqués en quatre journées, a revu ses priorités. Elle n'est pas la seule. En juin, c'est Davinia Vanmechelen qui annonce son transfert au Standard. Après plusieurs années passées à l'étranger (PSG, Twente et enfin le PSV), l'attaquante, internationale à 35 reprises, met son choix sur le compte de la crise actuelle et la crainte d'un nouveau lockdown passé loin de sa famille. "Je pouvais aller à Bordeaux, qui fait partie des grands clubs français, mais je n'ai pas osé signer à cause du corona", explique-t-elle à Sporza le jour de sa présentation à Liège. "Je suis très famille, je dois vraiment voir les miens. Et je le dis direct, si j'avais dû passer un nouveau confinement hors du pays, je n'y aurais pas survécu. C'est pourquoi j'ai préféré jouer la sécurité et revenir en Belgique. Les footballeurs peuvent emmener leur famille avec eux à l'étranger, mais ce n'est pas notre cas." Alors que le Royaume se renferme à double tour, la Trudonnaire a donc assuré ses arrières en revenant chez les Rouches, où elle avait déjà évolué plusieurs saisons. Une vraie plus-value pour le championnat belge, qui s'enrichit d'une joueuse talentueuse, jeune (21 ans), appelée à devenir une des cadres de l'équipe nationale.

Deux semaines plus tôt, Heleen Jaques avait déjà troqué le maillot de Sassuolo (Serie A femminile) pour celui de Gand. "La situation en Italie était alors très floue à cause du coronavirus, personne ne savait vraiment ce qui allait advenir", explique aujourd'hui la défenseuse. "J'étais revenue en famille après l'Algarve Cup, en mars, car Sassuolo nous avait autorisées à rentrer chez nous vu l'incertitude qui régnait. Mais la nouvelle formule du championnat et le projet de Gand étaient attirants, aussi. Le fait de voir l'EURO 2021 reporté d'un an a également joué, car je comptais raccrocher après ce tournoi. Je devais non plus jouer un an, mais deux ans avant de prendre ma retraite. Ça m'a poussée à signer à Gand et ainsi relever un challenge qui me permettait de me rapprocher de chez moi." Un club qui se frotte les mains d'aujourd'hui disposer d'un tel élément, quasi centenaire en sélection (95 caps), une guide idéale pour les nombreuses jeunes joueuses débarquées en Flandre orientale durant le mercato.

"Même une internationale qui joue à l'étranger ne gagne pas suffisamment d'argent pour amener sa famille hors de Belgique."

Aline Zeler

Si Davina Philtjens, Diede Lemey (toutes deux à Sassuolo), Julie Biesmans (PSV), Justine Vanhaevermaet (LSK Kvinner, Norvège), Yana Daniëls (Bristol City), ou encore Janice Cayman (Lyon), sont restées à l'étranger, qu'Elena Dhont (Twente) et Maud Coutereels (Lille) ont plié bagages chez nos voisins, cette longue pause forcée a manifestement trotté dans les têtes de certaines Red Flames évoluant hors de nos frontières. "Corona ou pas, psychologiquement, c'est dur d'être loin des siens, de son compagnon, de sa compagne, car même une internationale qui joue à l'étranger ne gagne pas suffisamment d'argent pour amener sa famille hors de Belgique", rappelle Aline Zeler, recordwoman de caps chez les Flames. "C'est une vie à part. Ça peut paraître bizarre, mais ça signifie se retrouver dans un autre pays, sans voir personne ni toucher le pactole. Nos Flames ne gagnent pas autant que les Américaines, donc je peux comprendre qu'elles reviennent. Le corona a pu les faire réfléchir."

Et quelque part injecter une belle dose de talent et d'expérience à une compétition qui a pris une ampleur inédite en passant de six à dix clubs.

Une sale blessure pour Van Kerkhoven, le sportif pour Yüceil

La crise sanitaire qui sévit actuellement n'explique cependant pas tous ces retours. Notamment celui d'Ella Van Kerkhoven, l'autre joli coup réalisé par les Gent Ladies après Heleen Jaques. L'avant-centre a coché l'option rapatriement en quittant l'Inter pour rejoindre La Gantoise début octobre. L'attaquante avait rejoint la Lombardie au début du mois d'août 2019, dans la foulée de son titre de meilleure joueuse de Super League, acquis quelques semaines plus tôt avec Anderlecht. À l'Inter, la Belge vit pourtant une saison galère, entre blessures, manque de temps de jeu et même une opération en avril pour se débarrasser d'une pubalgie. "J'avais besoin de gens qui m'offrent ma chance, qui savent ce que je sais faire, même si je ne pouvais pas encore le montrer à ce moment-là", explique l'attaquante, sur la touche pour encore au moins plusieurs semaines. "La meilleure façon de trouver cet environnement, c'était de rentrer en Belgique." Sara Yüceil, elle aussi de retour après quatre ans passés entre Marseille et le PSV, a quant à elle privilégié le sportif en rejoignant OHL. Un projet forcément intéressant pour une médiane expérimentée (elle a 32 ans), chargée de guider les jeunes pousses louvanistes.

De l'enthousiasme et une pointe de scepticisme. Ce sont un peu les sentiments qui règnent fin juillet, lors de l'annonce du retour de Tessa Wullaert à Anderlecht. Comment diable la capitaine des Red Flames, encore joueuse de Manchester City un mois auparavant et pistée par l'Atlético, peut bien revenir dans une Super League toujours en pleine croissance ? Si la joueuse de 27 ans évoque le manque de temps de jeu dont elle souffrait à City et le fait de retrouver sa place de prédilection en attaque, la longue pause dûe au Covid fait aussi partie du package des raisons qui expliquent ce retour. "Grâce à cet arrêt, je réalise encore plus ce que j'ai manqué. En vieillissant, il y a d'autres choses qui prennent de l'importance", dit-elle alors à des journalistes restés à distance sécuritaire. Un mariage, des anniversaires, tout autant d'événements privés qui ne valent plus le coup d'être ratés, même pour un salaire à l'anglaise... très loin d'effleurer les normes masculines.Restée loin des siens durant cinq ans, mais revenue depuis la mi-mars de ce côté-ci de la Manche, la nouvelle numéro 27 des Mauves, déjà largement en tête du classement des meilleurs buteuses du championnat avec douze pions claqués en quatre journées, a revu ses priorités. Elle n'est pas la seule. En juin, c'est Davinia Vanmechelen qui annonce son transfert au Standard. Après plusieurs années passées à l'étranger (PSG, Twente et enfin le PSV), l'attaquante, internationale à 35 reprises, met son choix sur le compte de la crise actuelle et la crainte d'un nouveau lockdown passé loin de sa famille. "Je pouvais aller à Bordeaux, qui fait partie des grands clubs français, mais je n'ai pas osé signer à cause du corona", explique-t-elle à Sporza le jour de sa présentation à Liège. "Je suis très famille, je dois vraiment voir les miens. Et je le dis direct, si j'avais dû passer un nouveau confinement hors du pays, je n'y aurais pas survécu. C'est pourquoi j'ai préféré jouer la sécurité et revenir en Belgique. Les footballeurs peuvent emmener leur famille avec eux à l'étranger, mais ce n'est pas notre cas." Alors que le Royaume se renferme à double tour, la Trudonnaire a donc assuré ses arrières en revenant chez les Rouches, où elle avait déjà évolué plusieurs saisons. Une vraie plus-value pour le championnat belge, qui s'enrichit d'une joueuse talentueuse, jeune (21 ans), appelée à devenir une des cadres de l'équipe nationale.Deux semaines plus tôt, Heleen Jaques avait déjà troqué le maillot de Sassuolo (Serie A femminile) pour celui de Gand. "La situation en Italie était alors très floue à cause du coronavirus, personne ne savait vraiment ce qui allait advenir", explique aujourd'hui la défenseuse. "J'étais revenue en famille après l'Algarve Cup, en mars, car Sassuolo nous avait autorisées à rentrer chez nous vu l'incertitude qui régnait. Mais la nouvelle formule du championnat et le projet de Gand étaient attirants, aussi. Le fait de voir l'EURO 2021 reporté d'un an a également joué, car je comptais raccrocher après ce tournoi. Je devais non plus jouer un an, mais deux ans avant de prendre ma retraite. Ça m'a poussée à signer à Gand et ainsi relever un challenge qui me permettait de me rapprocher de chez moi." Un club qui se frotte les mains d'aujourd'hui disposer d'un tel élément, quasi centenaire en sélection (95 caps), une guide idéale pour les nombreuses jeunes joueuses débarquées en Flandre orientale durant le mercato.Si Davina Philtjens, Diede Lemey (toutes deux à Sassuolo), Julie Biesmans (PSV), Justine Vanhaevermaet (LSK Kvinner, Norvège), Yana Daniëls (Bristol City), ou encore Janice Cayman (Lyon), sont restées à l'étranger, qu'Elena Dhont (Twente) et Maud Coutereels (Lille) ont plié bagages chez nos voisins, cette longue pause forcée a manifestement trotté dans les têtes de certaines Red Flames évoluant hors de nos frontières. "Corona ou pas, psychologiquement, c'est dur d'être loin des siens, de son compagnon, de sa compagne, car même une internationale qui joue à l'étranger ne gagne pas suffisamment d'argent pour amener sa famille hors de Belgique", rappelle Aline Zeler, recordwoman de caps chez les Flames. "C'est une vie à part. Ça peut paraître bizarre, mais ça signifie se retrouver dans un autre pays, sans voir personne ni toucher le pactole. Nos Flames ne gagnent pas autant que les Américaines, donc je peux comprendre qu'elles reviennent. Le corona a pu les faire réfléchir." Et quelque part injecter une belle dose de talent et d'expérience à une compétition qui a pris une ampleur inédite en passant de six à dix clubs.