Tout part d'un ballon envoyé vers la droite. C'est une époque où les tribunes vides permettent d'entendre mieux que jamais les bruits du jeu et du ballon. Au contact du pied droit d' Hugo Siquet, la sphère s'enfuit sèchement. Pourtant, le bruit du choc est presque feutré. C'est la douce mélodie fredonnée par ces pieds qui savent comment on manipule un ballon.
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Tout part d'un ballon envoyé vers la droite. C'est une époque où les tribunes vides permettent d'entendre mieux que jamais les bruits du jeu et du ballon. Au contact du pied droit d' Hugo Siquet, la sphère s'enfuit sèchement. Pourtant, le bruit du choc est presque feutré. C'est la douce mélodie fredonnée par ces pieds qui savent comment on manipule un ballon. Hugo Siquet n'a pas de dribble d'exception ou de pointe de vitesse hors du commun. Son arme, c'est son centre. Une balle frappée vers un espace plutôt que vers une cible précise, pour permettre à celui qui la reprendra de se contenter du minimum pour faire trembler les filets. La zone à trouver, c'est celle qui se situe dans le dos des défenseurs, le tout avec une courbe qui s'éloigne trop du gardien pour qu'il s'aventure à venir poser ses gants sur la trajectoire. Un art maîtrisé mieux que personne par Kevin De Bruyne ou Joshua Kimmich à l'international, et dominé par le jeune latéral des Rouches sur le sol belge. Lancé au bout de l'année 2020, dans un contexte difficile pour le Standard, le Famennois boucle sa première (demi-)saison chez les pros avec six passes décisives au compteur. Un impact qui amène très vite Mbaye Leye à esquisser ses premiers schémas offensifs autour de ses qualités: une défense à quatre sans ballon, qui passe à trois en possession avec un Nicolas Gavory prudent côté gauche et un couloir droit qui se libère pour les débordements de Siquet. Parfois en losange, voire en 3-5-2, et même dans un 4-4-2 asymétrique où Samuel Bastien occupe le flanc droit sur le papier mais l'offre à Siquet dès qu'il en a l'occasion, le Standard du coach sénégalais laisse reposer une grande partie de son animation offensive sur les centres du jeune latéral. Nourri aux ballons venus des flancs, Jackson Muleka carbure d'ailleurs à plein régime lors du pic de forme de Siquet. Jusqu'à ce que les adversaires des Liégeois transforment cet atout en faiblesse: loin d'être assez rodé aux tâches défensives, et visiblement pas assez entraîné au positionnement pour progresser considérablement en la matière, le neveu de Thierry devient la cible favorite des offensives adverses, entre surnombres créés de son côté et appels dans son dos, pas toujours bien couvert. Parce que l'énergie n'est pas infinie, les centres deviennent plus rares, moins lucides, moins dangereux. Homme-clé d'un Standard peu inspiré devant, Siquet a très vite reçu le poids du jeu sur les épaules, sans profiter de coups de main pour le soulager défensivement. Un déséquilibre que Luka Elsner doit régler pour retrouver le centreur le plus prometteur du pays.