C'est d'abord l'histoire d'une découverte réciproque. En arrivant cet été au Standard, Jos Beckx n'était pas convaincu par le gardien japonais. Il avait analysé ses prestations lors de la Coupe des Confédérations et cela lui paraissait trop court pour le Standard. Il lui semblait impossible de corriger les défauts d'un gardien déjà âgé de 30 ans. Mais il a été séduit par la volonté de travail de Kawashima, par son écoute et son approche du métier. De l'autre côté, Kawashima a immédiatement accroché aux méthodes de Beckx.

Et puis, il y a une histoire de contexte général. "Kawashima évolue derrière une défense stable et performante. Cela ne peut que le mettre en confiance", explique l'ancien gardien d'Anderlecht et actuellement entraîneur des gardiens chez les Diablotins, Filip De Wilde.

"Kawashima respire mieux depuis la saison dernière et l'arrivée de Mircea Rednic qui a remis un système défensif en place", estime Bruno Taverne, ancien gardien et commentateur avisé de Voo. "C'est beaucoup plus facile pour un gardien de s'exprimer derrière une défense organisée. La preuve : 17 clean sheets sur 30 matches avec Rednic. Cette saison, c'est 17 clean sheets sur 28 matches avec Luzon. Le Standard défend avec un bloc défensif assez bas et pour un gardien de ligne comme Kawashima, c'est toujours aussi rassurant! Quand il y a danger et le feu sur sa ligne, il excelle avec ses arrêts réflexes. Il est rassuré par l'organisation défensive et donc plus régulier aussi dans ses prestations. Il y avait encore de nombreuses failles, la saison dernière. Le Standard avait encaissé, par exemple, 11 fois suite à des face à face perdus par le gardien. C'est beaucoup ! Cette saison, ce chiffre passe à 1 ! Ce n'est pas que Kawashima, c'est toute une organisation qui fait bloc. Et puis c'est une année Coupe du Monde, il s'y prépare à chaque instant. C'est une motivation capitale !"

Cependant, jouer derrière une défense performante peut également s'avérer périlleux. "Jouer dans un club moyen est bien plus facile car un gardien a beaucoup de travail", nuance Hans Galjé, ancien entraîneur des gardiens du Standard. "Au Standard, tu as moins d'occasions de te montrer." Cédric Berthelin, entraîneur des gardiens d'Ostende, corrobore ces propos. "Au Standard, il n'a qu'un ou deux arrêts par match à effectuer. S'il se loupe, il n'aura pas d'autres moyens de se rattraper. Cela demande donc une concentration de tous les instants. De plus, dans ce club, tu es plus épié qu'ailleurs car il y a une culture des grands gardiens. Les supporters ont été habitués aux légendes (NDLR : comme Jean Nicolay, Christian Piot, Michel Preud'homme, Gilbert Bodart, Vedran Runje ou Sinan Bolat) et ont tendance à moins pardonner les erreurs qu'ailleurs."

Réussir au Standard et surmonter une mauvaise passe requiert donc une grande force mentale. "C'est cela qui me marque le plus chez le Japonais", reconnait Berthelin. "Quand on voit comment il a été critiqué la saison passée, il fallait beaucoup de caractère pour surmonter cela." "Il a été mis sur le banc ; il a vu en début de saison qu'on cherchait un autre gardien et malgré cela, il est revenu plus fort", ajoute Geert De Vlieger, ancien gardien international. "Mentalement, il n'y a pas plus fort dans le championnat de Belgique." Filip De Wilde est également impressionné par son mental. "C'est clairement son point fort. Sa détermination à démontrer ses qualités et à faire taire les critiques a fait la différence."

Stéphane Vande Velde

C'est d'abord l'histoire d'une découverte réciproque. En arrivant cet été au Standard, Jos Beckx n'était pas convaincu par le gardien japonais. Il avait analysé ses prestations lors de la Coupe des Confédérations et cela lui paraissait trop court pour le Standard. Il lui semblait impossible de corriger les défauts d'un gardien déjà âgé de 30 ans. Mais il a été séduit par la volonté de travail de Kawashima, par son écoute et son approche du métier. De l'autre côté, Kawashima a immédiatement accroché aux méthodes de Beckx. Et puis, il y a une histoire de contexte général. "Kawashima évolue derrière une défense stable et performante. Cela ne peut que le mettre en confiance", explique l'ancien gardien d'Anderlecht et actuellement entraîneur des gardiens chez les Diablotins, Filip De Wilde. "Kawashima respire mieux depuis la saison dernière et l'arrivée de Mircea Rednic qui a remis un système défensif en place", estime Bruno Taverne, ancien gardien et commentateur avisé de Voo. "C'est beaucoup plus facile pour un gardien de s'exprimer derrière une défense organisée. La preuve : 17 clean sheets sur 30 matches avec Rednic. Cette saison, c'est 17 clean sheets sur 28 matches avec Luzon. Le Standard défend avec un bloc défensif assez bas et pour un gardien de ligne comme Kawashima, c'est toujours aussi rassurant! Quand il y a danger et le feu sur sa ligne, il excelle avec ses arrêts réflexes. Il est rassuré par l'organisation défensive et donc plus régulier aussi dans ses prestations. Il y avait encore de nombreuses failles, la saison dernière. Le Standard avait encaissé, par exemple, 11 fois suite à des face à face perdus par le gardien. C'est beaucoup ! Cette saison, ce chiffre passe à 1 ! Ce n'est pas que Kawashima, c'est toute une organisation qui fait bloc. Et puis c'est une année Coupe du Monde, il s'y prépare à chaque instant. C'est une motivation capitale !" Cependant, jouer derrière une défense performante peut également s'avérer périlleux. "Jouer dans un club moyen est bien plus facile car un gardien a beaucoup de travail", nuance Hans Galjé, ancien entraîneur des gardiens du Standard. "Au Standard, tu as moins d'occasions de te montrer." Cédric Berthelin, entraîneur des gardiens d'Ostende, corrobore ces propos. "Au Standard, il n'a qu'un ou deux arrêts par match à effectuer. S'il se loupe, il n'aura pas d'autres moyens de se rattraper. Cela demande donc une concentration de tous les instants. De plus, dans ce club, tu es plus épié qu'ailleurs car il y a une culture des grands gardiens. Les supporters ont été habitués aux légendes (NDLR : comme Jean Nicolay, Christian Piot, Michel Preud'homme, Gilbert Bodart, Vedran Runje ou Sinan Bolat) et ont tendance à moins pardonner les erreurs qu'ailleurs." Réussir au Standard et surmonter une mauvaise passe requiert donc une grande force mentale. "C'est cela qui me marque le plus chez le Japonais", reconnait Berthelin. "Quand on voit comment il a été critiqué la saison passée, il fallait beaucoup de caractère pour surmonter cela." "Il a été mis sur le banc ; il a vu en début de saison qu'on cherchait un autre gardien et malgré cela, il est revenu plus fort", ajoute Geert De Vlieger, ancien gardien international. "Mentalement, il n'y a pas plus fort dans le championnat de Belgique." Filip De Wilde est également impressionné par son mental. "C'est clairement son point fort. Sa détermination à démontrer ses qualités et à faire taire les critiques a fait la différence." Stéphane Vande Velde