De Waregem à Gand, sans passer par Ostende. Plus que des villes étapes, un chemin de fer. Celui de la S.A. Sporting du Pays de Charleroi depuis août 2012, et la reprise du club par Fabien Debecq et Mehdi Bayat. Parce qu'avant d'être un postulant à un G5 élargi, le Sporting de Charleroi a d'abord été un oiseau pour le chat.

Ce club sinistré débarque de D2 à l'été 2012, avec ses dettes et ses casseroles. Et une réputation à reconstruire. À l'époque, dans les couloirs du Mambourg, on se réfère plus souvent au modèle de gestion à la sauce Essevee qu'on ne fantasme sur la gestion autocratique d'un Marc Coucke à Ostende. Huit ans plus tard, Charleroi est devenu un habitué des PO1, un acteur majeur de la Pro League, et Mehdi Bayat un président de l'Union belge de football respecté. Suffisant pour saisir qu'en 2020, les rayures du Zèbre n'ont plus le même impact.

Si le Sporting veut devenir un grand club, il doit avoir un nouveau stade. " Mehdi Bayat

Lubie nationale dans un Royaume qui ne jure que par des enceintes multifonctions depuis l'aboutissement du projet buffalo en 2013, Charleroi rêve désormais tout haut à son nouveau stade. Un joujou en forme de symbole promis pour 2024 et qui deviendrait de facto synonyme d'une puissance nouvelle en Pro League. Parce qu'on ne joue plus au pauvre quand on voit sa masse salariale exploser ( voir encadré) d'année en année. À elles seules, les ventes de Cristian Benavente (six millions au FC Pyramids en janvier 2019), Victor Osimhen (22,4 millions à Lille en août de la même année) et Núrio Fortuna (six millions à La Gantoise cet été) ont fait entrer Charleroi dans la cour des grands.

" Touchons du bois, mais il faut être réaliste aussi ", tempère Pierre-Yves Hendrickx, directeur administratif du Sporting de Charleroi. " On ne peut pas avoir chaque année Victor Oshimen qu'on vend deux fois en deux ans. Et entre-temps, Bruges est passé à nonante millions de budget parce qu'ils ont bien vendu aussi, Gand vient de vendre mieux que tout le monde et le club le plus sain financièrement au niveau des ventes de joueurs reste Genk. La concurrence est solide. " Passé de six à vingt millions de budget en une petite décennie, Charleroi n'a pas à rougir, mais sait aussi que le plus dur ne fait peut-être que commencer.

Les Carolos se congratulent après le but de Kaveh Rezaei face à Ostende, qui permet aux Zèbres de signer un six sur six., BELGAIMAGE
Les Carolos se congratulent après le but de Kaveh Rezaei face à Ostende, qui permet aux Zèbres de signer un six sur six. © BELGAIMAGE

Cour des miracles et faiseurs de grands

" Nous avons réussi à passer des paliers qui nous ont amené à la porte de la cour des grands ", rembobinait Mehdi Bayat au moment de dérouler sous les yeux des médias son plan Horizon 2024, avec en vedette, ce nouveau stade dont les plans se multiplient sur ce bureau, bientôt devenu trop étroit pour tous les accueillir. " Si le Sporting veut devenir un grand club, il doit avoir un nouveau stade. Je ne dis pas que ce sera aussi simple que pour Gand ( champion en 2015, pour sa deuxième saison à la Ghelamco Arena, ndlr), mais nous devons passer par cette étape."

Scout toujours

Malgré la croissance budgétaire, Charleroi continue de se montrer raisonnable sur le marché des transferts. L'expérience de l'été 2018, au bout duquel Adama Niane et Victor Osimhen ont débarqué de concert, ont renforcé le board zébré dans ses convictions. Arrivé auréolé d'un statut de meilleur buteur de Ligue 2, le Malien devait représenter une certitude et était rémunéré en conséquence. Il n'a pourtant jamais réussi à faire son trou dans le Hainaut, contrairement à ce Nigérian aux allures de pari, recalé à Bruges et à Zulte Waregem, qui a fait décoller la trésorerie de manière inattendue. Indéniablement, Charleroi a l'art de flairer les bons coups. De là à fantasmer sur une cellule de scouting dernier cri, il y aurait encore un fossé.

Malgré le huis clos, la victoire du week-end dernier a été fêtée dignement. À bonne distance, évidemment., BELGAIMAGE
Malgré le huis clos, la victoire du week-end dernier a été fêtée dignement. À bonne distance, évidemment. © BELGAIMAGE

Un futur qui ne devra rien au hasard

Lâché par Proximus au coeur de la pandémie de Covid-19, Charleroi aura au moins découvert cet été le luxe des nouveaux riches. Et de l'obligeance réservée à son nouveau statut au moment de conclure un accord de sponsoring principal avec la Loterie Nationale. " Ce serait mentir de dire que le fait que Mehdi Bayat soit aussi président de la Fédération n'ait pas été pris en compte dans notre analyse ", valide d'ailleurs sans faux fuyant Jannie Haek, CEO de la Loterie Nationale. " La Loterie se doit d'être omniprésente et le projet carolo est ambitieux. C'est aussi un club sympa, proche des gens et qui entretient de bonnes relations avec la Ville et la Région. Avoir de bonnes relations dans le tissu de la société belge, pour nous, c'est important. "

Retrouvez l'intégralité de l'analyse consacrée aux Zèbres dans votre Sport/Foot Magazine du 19 août.

De Waregem à Gand, sans passer par Ostende. Plus que des villes étapes, un chemin de fer. Celui de la S.A. Sporting du Pays de Charleroi depuis août 2012, et la reprise du club par Fabien Debecq et Mehdi Bayat. Parce qu'avant d'être un postulant à un G5 élargi, le Sporting de Charleroi a d'abord été un oiseau pour le chat. Ce club sinistré débarque de D2 à l'été 2012, avec ses dettes et ses casseroles. Et une réputation à reconstruire. À l'époque, dans les couloirs du Mambourg, on se réfère plus souvent au modèle de gestion à la sauce Essevee qu'on ne fantasme sur la gestion autocratique d'un Marc Coucke à Ostende. Huit ans plus tard, Charleroi est devenu un habitué des PO1, un acteur majeur de la Pro League, et Mehdi Bayat un président de l'Union belge de football respecté. Suffisant pour saisir qu'en 2020, les rayures du Zèbre n'ont plus le même impact. Lubie nationale dans un Royaume qui ne jure que par des enceintes multifonctions depuis l'aboutissement du projet buffalo en 2013, Charleroi rêve désormais tout haut à son nouveau stade. Un joujou en forme de symbole promis pour 2024 et qui deviendrait de facto synonyme d'une puissance nouvelle en Pro League. Parce qu'on ne joue plus au pauvre quand on voit sa masse salariale exploser ( voir encadré) d'année en année. À elles seules, les ventes de Cristian Benavente (six millions au FC Pyramids en janvier 2019), Victor Osimhen (22,4 millions à Lille en août de la même année) et Núrio Fortuna (six millions à La Gantoise cet été) ont fait entrer Charleroi dans la cour des grands. " Touchons du bois, mais il faut être réaliste aussi ", tempère Pierre-Yves Hendrickx, directeur administratif du Sporting de Charleroi. " On ne peut pas avoir chaque année Victor Oshimen qu'on vend deux fois en deux ans. Et entre-temps, Bruges est passé à nonante millions de budget parce qu'ils ont bien vendu aussi, Gand vient de vendre mieux que tout le monde et le club le plus sain financièrement au niveau des ventes de joueurs reste Genk. La concurrence est solide. " Passé de six à vingt millions de budget en une petite décennie, Charleroi n'a pas à rougir, mais sait aussi que le plus dur ne fait peut-être que commencer. " Nous avons réussi à passer des paliers qui nous ont amené à la porte de la cour des grands ", rembobinait Mehdi Bayat au moment de dérouler sous les yeux des médias son plan Horizon 2024, avec en vedette, ce nouveau stade dont les plans se multiplient sur ce bureau, bientôt devenu trop étroit pour tous les accueillir. " Si le Sporting veut devenir un grand club, il doit avoir un nouveau stade. Je ne dis pas que ce sera aussi simple que pour Gand ( champion en 2015, pour sa deuxième saison à la Ghelamco Arena, ndlr), mais nous devons passer par cette étape."Malgré la croissance budgétaire, Charleroi continue de se montrer raisonnable sur le marché des transferts. L'expérience de l'été 2018, au bout duquel Adama Niane et Victor Osimhen ont débarqué de concert, ont renforcé le board zébré dans ses convictions. Arrivé auréolé d'un statut de meilleur buteur de Ligue 2, le Malien devait représenter une certitude et était rémunéré en conséquence. Il n'a pourtant jamais réussi à faire son trou dans le Hainaut, contrairement à ce Nigérian aux allures de pari, recalé à Bruges et à Zulte Waregem, qui a fait décoller la trésorerie de manière inattendue. Indéniablement, Charleroi a l'art de flairer les bons coups. De là à fantasmer sur une cellule de scouting dernier cri, il y aurait encore un fossé. Lâché par Proximus au coeur de la pandémie de Covid-19, Charleroi aura au moins découvert cet été le luxe des nouveaux riches. Et de l'obligeance réservée à son nouveau statut au moment de conclure un accord de sponsoring principal avec la Loterie Nationale. " Ce serait mentir de dire que le fait que Mehdi Bayat soit aussi président de la Fédération n'ait pas été pris en compte dans notre analyse ", valide d'ailleurs sans faux fuyant Jannie Haek, CEO de la Loterie Nationale. " La Loterie se doit d'être omniprésente et le projet carolo est ambitieux. C'est aussi un club sympa, proche des gens et qui entretient de bonnes relations avec la Ville et la Région. Avoir de bonnes relations dans le tissu de la société belge, pour nous, c'est important. " Retrouvez l'intégralité de l'analyse consacrée aux Zèbres dans votre Sport/Foot Magazine du 19 août.