À l'heure où les États du monde entier, mais de l'hémisphère Nord surtout, dépensent des sommes astronomiques en publicité pour vanter les mérites de leur stratégie vaccinale et inciter leur population à agir en "citoyens responsables", les manoeuvres carolos des derniers jours apparaîtront peut-être pour certains comme n'étant que le système D de la communication de crise.
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À l'heure où les États du monde entier, mais de l'hémisphère Nord surtout, dépensent des sommes astronomiques en publicité pour vanter les mérites de leur stratégie vaccinale et inciter leur population à agir en "citoyens responsables", les manoeuvres carolos des derniers jours apparaîtront peut-être pour certains comme n'étant que le système D de la communication de crise. Aux autres, elles rappelleront un peu ce qu'avait tenté Anderlecht en mai 2019 en annonçant l'arrivée de Vincent Kompany comme "joueur-manager", à quelques heures du dernier match décisif des Mauves à la Ghelamco Arena de Gand. Sans avoir au préalable pris la peine de définir clairement les contours de la fonction, mais en ayant par contre soigneusement pris soin d'anticiper le fiasco sportif qui allait suivre. C'est la magie d'une communication bien rodée. Celle qui vous transforme un club en crise sportive en structure en pleine mutation. Ça ne coûte pas cher et ça a l'avantage de vous détourner l'attention de l'essentiel. D'un bilan de huit sur 36 en championnat en l'occurrence. Comment expliquer sinon l'intérêt du Sporting de Charleroi d'officialiser dès ce mercredi 10 mars l'arrivée de Christophe Dessy à la tête de son école des jeunes? Lui, dont la prise de pouvoir réelle n'était initialement pas attendue avant l'été, et dont les premiers contacts avec les Zèbres remontent au mois de septembre dernier, dès la fin de son aventure lyonnaise. Bien sûr, il y avait la nécessité de signer un formateur qui se disait lui-même en contact récent avec la fédération nigérienne de football. Surtout, le vendredi 5 mars, au soir d'un 0-0 sans âme contre Saint-Trond, il y avait le besoin de chasser les pensées obscures. On ne s'en cache d'ailleurs pas au Mambourg, ce sont dans ces deux nouveaux points de perdus dans la course au top 8 qu'il faut chercher les raisons de la finalisation précipitée du dossier Christophe Dessy. Présent trois jours plus tard dans le Pays Noir pour signer son contrat, le mardi 9 mars à Marcinelle pour rencontrer les éducateurs et le lendemain en salle de presse pour officialiser son arrivée, Christophe Dessy n'aura pas vraiment eu le temps de fêter son anniversaire (il a eu 55 ans le 8 mars). Mehdi Bayat pas même eu l'obligeance de prévenir l'ensemble de ses employés, parfois concernés au premier chef, avant que l'information ne circule par voie de presse. Et Christophe Dessy, encore, à peine eu le luxe d'appréhender l'ampleur de la tâche qui l'attend. Alors, au moment de détailler les qualités requises pour ses nouvelles affectations, ce formateur réputé et reconnu pour ses passages au Standard (2004-2007, 2012-2016) et à l'étranger (Nancy, Guigamp, Étoile du Sahel, Lyon) a sorti les immanquables de l'entretien d'embauche expédié au moment de se présenter à la presse la semaine dernière. Il a d'abord égrené son CV et lâché quelques formules qui claquent ensuite. Le tout, orchestré par un Pierre-Yves Hendrickx en mode attaché de presse, punchlines comprises. Extrait parmi d'autres: "On me demande déjà où sera son bureau, mais sa place, elle sera sur le terrain, à côté de nos formateurs." Une phrase de communicant en forme d'élément de langage pour définir les contours d'un poste qui reste forcément on ne peut plus flou à ce stade. Une forme de cohérence dans un club encore promis à de profonds chambardements dans les prochains mois, mais seulement guidé ces dernières semaines par une envie devenue irrépressible de se projeter déjà sur la saison prochaine.