"Je l'ai vu grandir ", dit Jelle Coen, qui encadre les Espoirs avec Steve Van Tongelen. " Elias est originaire de Battel, il habitait à 200 mètres. En U16, il y a deux ans, j'ai dû reprendre l'équipe d'urgence pour un tournoi international à Ruurlo, aux Pays-Bas. Elias s'est directement comporté en patron, en véritable ambassadeur du club. C'est un jeune homme qui sait où il va. Dans le car, il est venu s'asseoir à côté de moi et m'a demandé comment nous allions jouer. J'ai trouvé ça beau et particulièrement sincère. Il venait même scouter les adversaires avec mois. C'est là qu'il s'est affirmé. Nous avons gagné le tournoi et il a dû faire un discours. Vous auriez dû voir comment il a emballé le bourgmestre et toute l'assistance. C'était impressionnant. "

Dennis Henderickx confirme. " Il était très naturel ", dit le directeur technique des jeunes. " Elias est un leader charismatique, sur le terrain comme en dehors, une véritable locomotive. Je connais assez bien sa famille. Son père, Bruno, était un très bon basketteur. Il a même été international. Je sais que ses six enfants ont été élevés de façon indépendante. Ils sont donc sains. Elias a beaucoup de caractère, il n'abandonne jamais. Pourtant, on a douté de lui mais il s'est accroché. Au football, il a toujours fait preuve de beaucoup d'enthousiasme, il voulait toujours progresser et n'éprouvait aucune peine à aller courir une heure de plus. C'est à cela qu'on reconnaît les grands. Il se donne à fond dans tout ce qu'il fait. "

Parcours du combattant

Elias Cobbaut a cependant dû s'astreindre à un véritable parcours d'obstacles car, après s'être affilié au FC Malines à l'âge de cinq ans, il a dû jouer au Racing de mai 2012 à 2014. " Avant, Elias était plutôt un 7 ou un 11, il misait beaucoup sur sa technique et sur son pied gauche ", poursuit Coen.

" En U15, on l'a fait passer en U16, où le coach le trouvait trop léger. En préparation, il est donc redescendu d'une catégorie mais le noyau était complet. Nous l'avons donc prêté au Racing, où ils ont fait de lui un guerrier, un gars avec qui on peut aller au combat. Une métamorphose incroyable. "

Van Tongelen ajoute : " Elias était frêle. Il avait beaucoup de maturité et semblait fort techniquement mais il manquait de taille et de puissance. Il comprenait cela. Quand il est revenu deux ans plus tard, c'était un homme, un tout autre joueur : il mesurait 1,90 m, avait beaucoup travaillé sur le plan physique et faisait preuve d'une mentalité de gagneur. Nous sommes donc très heureux de l'avoir retrouvé. "

Au Stade Oscar Van Kesbeeck, c'est l'entraîneur des espoirs, James Van Vaerenbergh qui s'est occupé de Cobbaut. " Elias n'avait que quinze ans quand il est arrivé ", se souvient-il. " Il était malicieux et s'est rapidement intégré. Nous avions une très bonne équipe et nous avons été champions. Elias a d'abord joué au centre du jeu. Il courait beaucoup, se déportait sur le flanc gauche et adressait de bons centres. Avec ses capacités athlétiques et son jeu de tête, il a rapidement apporté une plus-value.

Thierry Pister l'a même fait entrer au jeu dans un match de gala face au Standaard Wetteren, que nous avons remporté 6-2. Elias a toujours été très loyal. Il a vite compris que sa persévérance pouvait l'amener très loin. Dans quelques années, il doit pouvoir être Diable Rouge, surtout s'il reste sobre et réaliste. Car il a un bon état d'esprit et se montre reconnaissant envers les gens qui l'ont aidé. Je le vois au nombre de SMS que je reçois. "

Une endurance phénoménale

" Nous travaillons avec SCI Sports, un programme basé sur des statistiques qui référencie les joueurs ", dit Henderickx. " Si nous analysons Elias à travers ce système, nous remarquons que son potentiel est plus élevé que celui de Hassane Bandé. C'est fou, hein ! Ce ne sont que des chiffres, bien sûr, mais ça veut dire quelque chose. Il est promis à un grand avenir. Actuellement, Elias a un potentiel suffisant pour un club de milieu de tableau en Bundesliga. Il court en moyenne 12 km par match mais il est prêt à en faire plus. C'est sa plus grande force : il veut toujours être meilleur. "

Coen cite quelques exemples pour appuyer ses dires. " Elias est inarrêtable ", dit-il. " Son endurance est phénoménale. Il a soif d'apprendre et a les pieds sur terre. J'ai ma propre école de football. En juin, nous donnons des entraînements particuliers aux jeunes. L'an dernier, Elias est venu. Il voulait travailler ses lacunes avec des jeunes de 14 à 17 ans. J'ai souvent dû le freiner.

Il se battait, travaillait sa vitesse d'exécution, ses centres, son jeu de tête, son premier contrôle. Le tout en situation de match, en visualisant et en répétant. Il aimait aller jouer avec les autres. Et à chaque fois, il mettait dix euros dans la cagnotte, alors que ce n'était pas nécessaire. Fantastique. Ce n'est pas un arrière gauche typique comme Marcelo, c'est plutôt un Jan Vertonghen. Mais il court plus.

Il est capable de donner un long ballon du gauche et est très dur au duel. Il doit encore prendre de la puissance dans le haut du corps. Je le compare souvent à Philippe Albert : on peut l'envoyer au front, il tire les autres et n'a peur de rien. Le meilleur reste à venir car il a longtemps été sous-estimé. Il encaisse et accepte qu'on le critique sur des détails. Dennis van Wijk, qui était parfois très dur, l'aimait beaucoup pour cela. "

Bien dans sa tête

C'est à nouveau par hasard que Van Tongelen a retrouvé Cobbaut en 2015. " Elias a eu de la chance parce qu'en début de saison, Jan Van den Brande, qui était titulaire en défense, s'est gravement blessé. C'est ainsi qu'il est passé directement des U19 aux Espoirs. Et il n'a plus jamais quitté l'équipe. Il jouait sans complexe et était très motivé. Il fait toujours tout fond. En endurance, il a battu pratiquement tous les records.

Il courait à 16,8 de moyenne sur 11 kilomètres. Plus tard, nous avons fait un test au cours duquel on pouvait courir à 23,7 maximum. La première fois, il est arrivé à 23,3. Il est rapide, plutôt mobile pour sa taille et peut aller très loin dans l'effort si c'est nécessaire. Ses capacités physiques sont déjà supérieures au niveau belge. "

" Mais surtout, il est bien dans sa tête ", dit Tom Vermeulen. Le responsable actuel de la formation connaît Cobbaut depuis les U7. " Elias ne plane pas, il reste particulièrement accessible et positif. Il est le premier à dire bonjour et se montre toujours aimable. Il est très sportif et athlétique. Chez les jeunes, il était tout le temps avec Stefan Verbist. C'est Stefan qui avait fait en sorte qu'il revienne passer un test quand il était au Racing. Et maintenant qu'il est au bord du succès, son ami joue en D1 amateurs, à Heist. C'est bien la preuve que tout peut aller très vite. "

Par Frédéric Vaheule

© KOEN BAUTERS

" Je l'appelais La Machine "

Après avoir lancé Rob Schoofs et Edmilson Jr à Saint-Trond, Yannick Ferrera fut le premier à miser sur Hassane Bandé et Elias Cobbaut à Malines. Vendus respectivement à l'Ajax et à Anderlecht, ces deux-là ont rapporté 11 millions au club.

" Sur les plans mental et physique, Elias m'a directement impressionné ", dit le Bruxellois. " Pour rigoler, je l'appelais La Machine. Ça voulait dire qu'il était capable de courir très longtemps à une vitesse élevée et qu'il était imperturbable. Il se donnait toujours à fond, jusqu'à ce que ça devienne inhumain. Il allait au feu et n'abandonnait jamais. De plus, il n'était pratiquement jamais blessé.

Aujourd'hui, sa technique paye : son premier contrôle, ses passes précises, ses centres... Il faut lui laisser le temps. Je ne l'ai jamais senti nerveux. Un jour, alors qu'on jouait à domicile, Uros Vitas s'est blessé à l'échauffement et Elias a dû commencer. Il est resté calme et m'a surpris. Malgré son jeune âge, il était très mûr. Et il a encore une belle marge de progression. "

Lorsque Cobbaut fut appelé en Espoirs avec Jules Van Cleemput et Jordi Vanlerberghe, Ferrera a créé un groupe WhatsApp : De Duiveltjes. " Je voulais rester au courant de tout ", grimace-t-il. " Et puis, je voulais qu'ils soient fiers. Nous nous appréciions mutuellement. Quelques minutes après avoir signé à Anderlecht, Elias m'a envoyé un message disant : - Merci, coach. Sans vous, je n'y serais pas arrivé. J'ai trouvé ça chouette. C'est vrai que j'ai participé à son évolution et j'en suis particulièrement fier. "

"Je l'ai vu grandir ", dit Jelle Coen, qui encadre les Espoirs avec Steve Van Tongelen. " Elias est originaire de Battel, il habitait à 200 mètres. En U16, il y a deux ans, j'ai dû reprendre l'équipe d'urgence pour un tournoi international à Ruurlo, aux Pays-Bas. Elias s'est directement comporté en patron, en véritable ambassadeur du club. C'est un jeune homme qui sait où il va. Dans le car, il est venu s'asseoir à côté de moi et m'a demandé comment nous allions jouer. J'ai trouvé ça beau et particulièrement sincère. Il venait même scouter les adversaires avec mois. C'est là qu'il s'est affirmé. Nous avons gagné le tournoi et il a dû faire un discours. Vous auriez dû voir comment il a emballé le bourgmestre et toute l'assistance. C'était impressionnant. " Dennis Henderickx confirme. " Il était très naturel ", dit le directeur technique des jeunes. " Elias est un leader charismatique, sur le terrain comme en dehors, une véritable locomotive. Je connais assez bien sa famille. Son père, Bruno, était un très bon basketteur. Il a même été international. Je sais que ses six enfants ont été élevés de façon indépendante. Ils sont donc sains. Elias a beaucoup de caractère, il n'abandonne jamais. Pourtant, on a douté de lui mais il s'est accroché. Au football, il a toujours fait preuve de beaucoup d'enthousiasme, il voulait toujours progresser et n'éprouvait aucune peine à aller courir une heure de plus. C'est à cela qu'on reconnaît les grands. Il se donne à fond dans tout ce qu'il fait. " Elias Cobbaut a cependant dû s'astreindre à un véritable parcours d'obstacles car, après s'être affilié au FC Malines à l'âge de cinq ans, il a dû jouer au Racing de mai 2012 à 2014. " Avant, Elias était plutôt un 7 ou un 11, il misait beaucoup sur sa technique et sur son pied gauche ", poursuit Coen. " En U15, on l'a fait passer en U16, où le coach le trouvait trop léger. En préparation, il est donc redescendu d'une catégorie mais le noyau était complet. Nous l'avons donc prêté au Racing, où ils ont fait de lui un guerrier, un gars avec qui on peut aller au combat. Une métamorphose incroyable. " Van Tongelen ajoute : " Elias était frêle. Il avait beaucoup de maturité et semblait fort techniquement mais il manquait de taille et de puissance. Il comprenait cela. Quand il est revenu deux ans plus tard, c'était un homme, un tout autre joueur : il mesurait 1,90 m, avait beaucoup travaillé sur le plan physique et faisait preuve d'une mentalité de gagneur. Nous sommes donc très heureux de l'avoir retrouvé. " Au Stade Oscar Van Kesbeeck, c'est l'entraîneur des espoirs, James Van Vaerenbergh qui s'est occupé de Cobbaut. " Elias n'avait que quinze ans quand il est arrivé ", se souvient-il. " Il était malicieux et s'est rapidement intégré. Nous avions une très bonne équipe et nous avons été champions. Elias a d'abord joué au centre du jeu. Il courait beaucoup, se déportait sur le flanc gauche et adressait de bons centres. Avec ses capacités athlétiques et son jeu de tête, il a rapidement apporté une plus-value. Thierry Pister l'a même fait entrer au jeu dans un match de gala face au Standaard Wetteren, que nous avons remporté 6-2. Elias a toujours été très loyal. Il a vite compris que sa persévérance pouvait l'amener très loin. Dans quelques années, il doit pouvoir être Diable Rouge, surtout s'il reste sobre et réaliste. Car il a un bon état d'esprit et se montre reconnaissant envers les gens qui l'ont aidé. Je le vois au nombre de SMS que je reçois. " " Nous travaillons avec SCI Sports, un programme basé sur des statistiques qui référencie les joueurs ", dit Henderickx. " Si nous analysons Elias à travers ce système, nous remarquons que son potentiel est plus élevé que celui de Hassane Bandé. C'est fou, hein ! Ce ne sont que des chiffres, bien sûr, mais ça veut dire quelque chose. Il est promis à un grand avenir. Actuellement, Elias a un potentiel suffisant pour un club de milieu de tableau en Bundesliga. Il court en moyenne 12 km par match mais il est prêt à en faire plus. C'est sa plus grande force : il veut toujours être meilleur. " Coen cite quelques exemples pour appuyer ses dires. " Elias est inarrêtable ", dit-il. " Son endurance est phénoménale. Il a soif d'apprendre et a les pieds sur terre. J'ai ma propre école de football. En juin, nous donnons des entraînements particuliers aux jeunes. L'an dernier, Elias est venu. Il voulait travailler ses lacunes avec des jeunes de 14 à 17 ans. J'ai souvent dû le freiner. Il se battait, travaillait sa vitesse d'exécution, ses centres, son jeu de tête, son premier contrôle. Le tout en situation de match, en visualisant et en répétant. Il aimait aller jouer avec les autres. Et à chaque fois, il mettait dix euros dans la cagnotte, alors que ce n'était pas nécessaire. Fantastique. Ce n'est pas un arrière gauche typique comme Marcelo, c'est plutôt un Jan Vertonghen. Mais il court plus. Il est capable de donner un long ballon du gauche et est très dur au duel. Il doit encore prendre de la puissance dans le haut du corps. Je le compare souvent à Philippe Albert : on peut l'envoyer au front, il tire les autres et n'a peur de rien. Le meilleur reste à venir car il a longtemps été sous-estimé. Il encaisse et accepte qu'on le critique sur des détails. Dennis van Wijk, qui était parfois très dur, l'aimait beaucoup pour cela. " C'est à nouveau par hasard que Van Tongelen a retrouvé Cobbaut en 2015. " Elias a eu de la chance parce qu'en début de saison, Jan Van den Brande, qui était titulaire en défense, s'est gravement blessé. C'est ainsi qu'il est passé directement des U19 aux Espoirs. Et il n'a plus jamais quitté l'équipe. Il jouait sans complexe et était très motivé. Il fait toujours tout fond. En endurance, il a battu pratiquement tous les records. Il courait à 16,8 de moyenne sur 11 kilomètres. Plus tard, nous avons fait un test au cours duquel on pouvait courir à 23,7 maximum. La première fois, il est arrivé à 23,3. Il est rapide, plutôt mobile pour sa taille et peut aller très loin dans l'effort si c'est nécessaire. Ses capacités physiques sont déjà supérieures au niveau belge. " " Mais surtout, il est bien dans sa tête ", dit Tom Vermeulen. Le responsable actuel de la formation connaît Cobbaut depuis les U7. " Elias ne plane pas, il reste particulièrement accessible et positif. Il est le premier à dire bonjour et se montre toujours aimable. Il est très sportif et athlétique. Chez les jeunes, il était tout le temps avec Stefan Verbist. C'est Stefan qui avait fait en sorte qu'il revienne passer un test quand il était au Racing. Et maintenant qu'il est au bord du succès, son ami joue en D1 amateurs, à Heist. C'est bien la preuve que tout peut aller très vite. "Par Frédéric Vaheule