Le statut d'un entraîneur de foot peut changer du jour au lendemain. On exagère à peine. Qu'est-ce qu'on n'a pas écrit d'élogieux sur Philippe Clement et ses compétences au cours des derniers mois! Clement, c'était un people manager qui bonifiait le bien-être mental de ses joueurs, qui faisait tous les bons choix, qui excellait sur le plan tactique. Avec ses trois titres nationaux consécutifs, il était la figure de proue d'un Club qui, grâce à sa structure et son professionnalisme, n'arrêtait pas de creuser le fossé avec la concurrence, également au niveau financier. Et on avait l'impression qu'à cause de Bruges, on avait un football belge à deux vitesses.
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Le statut d'un entraîneur de foot peut changer du jour au lendemain. On exagère à peine. Qu'est-ce qu'on n'a pas écrit d'élogieux sur Philippe Clement et ses compétences au cours des derniers mois! Clement, c'était un people manager qui bonifiait le bien-être mental de ses joueurs, qui faisait tous les bons choix, qui excellait sur le plan tactique. Avec ses trois titres nationaux consécutifs, il était la figure de proue d'un Club qui, grâce à sa structure et son professionnalisme, n'arrêtait pas de creuser le fossé avec la concurrence, également au niveau financier. Et on avait l'impression qu'à cause de Bruges, on avait un football belge à deux vitesses. Quand le Club a conquis son 17e titre en fin de saison passée, on a de nouveau sorti les superlatifs. Même si l'équipe avait connu quelques ratés durant les play-offs. Dans ces matches, on n'avait pas revu le onze qui n'avait laissé que des miettes à ses adversaires pendant la phase classique. Le sujet de conversation tournait alors autour de l'avenir de Philippe Clement. Juste après le match décisif pour le titre, le président Bart Verhaeghe avait simplement fait remarquer que le Club avait aussi gagné des titres avec d'autres coaches. Mais Clement, dont on dit qu'il sent parfaitement le moment où il doit changer d'air, est finalement resté. Aussi parce qu'il n'a pas reçu d'offres intéressantes. Après la gifle infligée en Ligue des Champions la semaine dernière par un Leipzig pourtant diminué, c'était comme si Clement n'y connaissait plus rien. Des mauvais choix, plus de contrôle sur le vestiaire, trop peu de discipline dans le groupe, le remplacement d'un Ruud Vormer soutenu par ses coéquipiers,... On a entendu un peu de tout. Évidemment, les choix posés par le coach pour ce match n'ont pas été les plus heureux de sa carrière. Mais plus encore, c'est le laxisme de l'équipe dans son ensemble qui a frappé. Ce n'était pas la première fois que des carences pareilles apparaissaient cette saison et il est grand temps de s'intéresser à cette attitude. Il faut croire que le Club a besoin d'être dos au mur pour retrouver ses vraies valeurs. On l'a vu dimanche sur la pelouse de Genk. Les Brugeois, à dix, ont renversé la vapeur pour s'imposer 2-3 alors qu'ils étaient menés. Et subitement, on a entendu que Clement avait pris les bonnes décisions. Alors, les nuages noirs ont-ils quitté le ciel flandrien? On en saura plus après le match de Coupe, ce mercredi soir, entre les deux mêmes équipes. Les entraîneurs sont des gars seuls. Ils sont seuls pour affronter les tempêtes et n'ont, dans le meilleur des cas, que leur adjoint pour compatir. Que faut-il penser de la position actuelle de Johnvan den Brom à Genk? Lors des play-offs de la saison passée, les Limbourgeois ont proposé le jeu le plus pétillant et le Néerlandais était loué pour ses idées offensives. Aujourd'hui, le foot de Genk reste bon mais à certains moments, il y a trop de déchet. En fin de saison dernière, Yves Vanderhaeghe était lui aussi vanté pour avoir réussi à maintenir le Cercle Bruges en D1A. Ce week-end, il a été viré après une victoire face à Malines. C'est son quatrième limogeage consécutif après ses C4 à Ostende, Gand et Courtrai. C'est la même rengaine chaque année avec les coaches. Mais on peut se poser des questions quand on voit qu'aucun des huit derniers entraîneurs du Cercle n'est resté en place plus d'un an. C'est contraire à la philosophie qui a longtemps prévalu là-bas. Mais à Monaco, où toutes les décisions se prennent, on n'en a rien à faire de la tradition. Pour ces patrons, seuls les résultats comptent. Les entraîneurs du Cercle sont devenus des objets jetables. Par contre, les personnes qui décident ne perdent jamais leur fauteuil. Simplement, on peut s'interroger sur leur vrai projet.