N'importe quel compétiteur connaît le stress de la dernière ligne droite : la tête veut gagner mais les jambes ne suivent pas toujours et ça fait mal, au propre comme au figuré.

C'est ce sentiment qui s'est emparé du Club Bruges au cours des dernières semaines. Chaque année, on se rend compte que, lors des play-offs, il est difficile de jouer au plus haut niveau pendant huit semaines, de puiser dans ses ressources mentales quand les choses ne tournent pas.

Le Standard est dans la spirale inverse. Comme en 2011, il revient de nulle part. À l'époque, il avait entamé les play-offs avec 16 points de retard sur Anderlecht et 15 sur Genk. Mais lors du dernier match, sans un Thibaut Courtois exceptionnel, c'est le club de Sclessin qui aurait été champion. Cette fois, l'écart avec Bruges était de 23 points. Pourtant, l'histoire pourrait se répéter si le Standard s'impose ce jeudi à Anderlecht et dimanche face au Club.

Le VAR ne va pas résoudre tous les problèmes

Le football est fait d'émotions et, ce week-end, deux des dirigeants les plus émotifs de notre football se sont laissé emporter. Tant vendredi à Gand que dimanche à Bruges, on a parlé de scandale. Il est désormais clair que le VAR, remis en cause chaque semaine, ne va pas résoudre tous les problèmes. Mais fait-on tout pour le mettre dans de bonnes conditions quand, comme Ivan De Witte, on distribue des cartes jaunes et rouges au public ?

On n'a peut-être pas le sens de l'humour mais on estime qu'un ancien président de la Pro League qui dit avoir de l'ambition pour le football belge n'a pas à faire ça. On aurait préféré que, comme Vincent Mannaert l'a suggéré dimanche, les six clubs et les arbitres se réunissent à Tubize, à la moitié des play-offs - comme ils l'ont fait avant le début de ceux-ci - pour mettre les choses au point.

Ce que Bart Verhaeghe a fait dimanche nous énerve depuis des années. On peut critiquer l'arbitre lorsqu'il commet une erreur. Ça fait partie du job et il l'accepte. Mais un dirigeant de club (qui plus est, le vice-président fédéral), un entraîneur ou un joueur qui met en doute l'intégrité de l'homme en noir va trop loin. Et malheureusement, on ne punit pas.

L'émotion n'est jamais bonne conseillère. Ivan Leko s'est également exprimé mais il est resté digne et n'a attaqué personne. Pour contrôler ses mots, il s'est exprimé en anglais. Cela a donné un côté humain à la défaite. Quand on fera le bilan, en juin prochain, on s'apercevra que le VAR n'explique qu'en partie un éventuel échec. Mais en fonction du résultat des prochains matches, il aura peut-être fait la différence entre le titre, les millions de la Ligue des Champions et l'Europa League. C'est ça qui engendre une telle émotion dans le chef de Verhaeghe ou de Leko. Comme si tout était déjà perdu. Mais le mal est bien plus profond.

La division des points par deux, ça craint. Plus que le VAR.

" We come back ", a dit Leko en se levant. Mais il avait les larmes aux yeux. Bruges a pourtant déjà démontré qu'il pouvait réagir, comme lorsqu'il a gagné 4-0 face au Standard après l'élimination européenne à Athènes. Ou lorsqu'il a battu Charleroi 6-0 après le 0 sur 6 face à Gand et Anderlecht, au début des play-off. Houdini Leko sortira-t-il un troisième lapin de son chapeau ?

La question des gardiens pourrait coûter cher au Club

Comment a-t-on pu en arriver là ? Comment une équipe qui a signé un 53 sur 63 avant la trêve (avec un 5-0 contre Anderlecht et un 4-0 face au Standard) est-elle devenue si faible par la suite ? 14 sur 27 en championnat et 8 sur 21 en play-offs (à domicile, elle n'a battu que le 5e et le 6e).

Ça peut s'expliquer par un concours de circonstances. La déchirure musculaire de Kenneth Vermeer, notamment. Malgré tout le foin fait autour de la question des gardiens (Ethan Horvath, Guillaume Hubert et Ludovic Butelle), Bruges n'avait pas perdu tellement de points avant la trêve. Comme le Français est reparti à Angers en janvier, il a fallu transférer en toute hâte deux gardiens expérimentés.

Vladimir Gabulov (34 ans) répondait au profil - il avait joué et visait l'équipe nationale - mais il ne s'est pas imposé. Avant que Vermeer ne soit en forme, Bruges avait déjà perdu des points. Puis, à peine prêt à jouer, il s'est blessé et Gabulov a repris sa place avec le même résultat : il fait de temps en temps un bel arrêt mais ne prend pas des points comme Butelle le faisait il y a deux ans. Finalement, la question des gardiens pourrait coûter cher à Bruges.

Deuxième cause possible : les flancs. Les atouts du système Leko, c'étaient des flancs offensifs, Dion Cools à droite et Anthony Limbombe à gauche. Deux joueurs qui, la saison dernière, jouaient peu. Ils ont eu cinq ou six bons mois mais depuis le Nouvel An, ils sont moins bons. D'autant que tout le monde les connaît. Depuis le départ de José Izquierdo, qui a aussi joué un rôle important la saison du titre, Bruges doit avant tout miser sur le collectif. Mais les impulsions offensives de Limbombe lui manquent.

Lawrence Visser et le VAR, exutoires de toutes les frustrations brugeoises au Jan Breydel., belgaimage
Lawrence Visser et le VAR, exutoires de toutes les frustrations brugeoises au Jan Breydel. © belgaimage

C'est lui qui avait fait 1-2 à la 88e à Charleroi, 2-3 à la 92e à Ostende et 3-2 à la 87e contre Zulte Waregem. Il est devenu international et son nom figure sur le carnet de nombreux scouts. Il n'était pas là à Gand ni contre Anderlecht : 0 sur 6. À Anderlecht, il avait fait souffrir son adversaire direct avant de se plaindre de douleurs au ventre. Depuis, Bruges ne parvient plus à se montrer dangereux. Au cours des play-offs, Limbombe n'a ni marqué, ni délivré d'assist.

Un mercato d'hiver qui interpelle

On peut dire qu'on a coupé les ailes à Bruges. Ajoutez à cela le fait que Hans Vanaken (au bout du rouleau physiquement) et Ruud Vormer font désormais constamment l'objet d'un marquage individuel et vous comprendrez pourquoi le Club est stérile. Avant la défaite contre Anderlecht, il s'était déjà imposé de justesse face à Genk et avait connu des difficultés face au Standard. Seul Charleroi ne lui a pas posé de problème.

Bien sûr, il faut aussi tenir compte du fait que les adversaires jouent mieux actuellement qu'en phase classique. Et là, on touche à la troisième raison du déclin brugeois : le mercato d'hiver. Par nécessité, Bruges s'est surtout renforcé derrière : il a transféré deux gardiens et trois défenseurs (Ivan Tomecak, Alexander Scholz et Matej Mitrovic) pour faire face aux blessures de Benoît Poulain et Saulo Decarli. Le seul renfort offensif était un jeune talent de 18 ans, Krépin Diatta. Un diamant brut.

Par nécessité aussi, les rivaux de Bruges ont opté pour des renforts offensifs. Mais surtout, ils ont transféré des joueurs expérimentés. Anderlecht a laissé partir Sofiane Hanni mais a compensé avec les arrivées de Ryota Morioka, Kenneth Saief, Sylvère Ganvoula et Lazar Markovic, même si celui-ci a dû travailler dur pour refaire surface. Le Standard a vendu Orlando Sá mais Mehdi Carcela est arrivé (sans oublier Gojko Cimirot, une des révélations de l'entrejeu).

Des coups dans le mille ! À Bruxelles, tout le monde n'est pas satisfait de Morioka mais il a déjà inscrit 3 buts et délivré un assist depuis le début des play-offs. Et tout le monde peut voir ce que Carcela, qui a beaucoup travaillé pour gommer son retard physique, apporte au Standard. À Bruges, depuis le Nouvel An, tout le monde souffre.

Vanaken a tenu la baraque le plus longtemps possible et Abdoualy Diaby a inscrit quatre buts mais les autres ont sombré. Diatta s'est montré mais, à ce stade du championnat, on ne peut pas exiger de lui qu'il se montre aussi décisif qu' Emmanuel Dennis l'était au mois d'août.

À l'écoute de toutes les offres

À la mi-mars, à Bruges, on se disait satisfait que le Standard se soit qualifié pour les play-offs parce qu'on pensait qu'il serait davantage en mesure de prendre des points aux rivaux que Courtrai. Et c'est le cas. À Bruges, on espère donc que le club de Sclessin ramènera quelque chose de Bruxelles. Et dimanche, on en découdra.

Diaby, Limbombe, Vanaken (et Stefano Denswil) sont les quatre noms les plus cités lorsqu'on évoque des départs et ce n'est pas un hasard. Hormis Vanaken, qui faisait déjà l'objet d'offres concrètes il y a deux ans après le titre mais reste très cool, les autres ont déjà exprimé leur ambition à ce sujet.

Comme Bruges transférera certainement un autre gardien et très probablement un buteur, il est fort possible que le visage qu'il présentera en juin soit très différent de son visage actuel. Car, contrairement à ce qui s'était passé il y a deux ans, les dirigeants ne disent pas ouvertement que " personne ne peut partir. "

À l'époque, Michel Preud'homme était toujours là, le Club allait jouer la Ligue des Champions et, un peu naïvement, il espérait y jouer un rôle significatif. En obligeant des joueurs comme Bjorn Engels à rester, il a perdu des millions. Et il s'est retrouvé avec un 0 sur 18 en Champions League. Un fiasco !

Cette fois, il en ira autrement. Bruges écoutera attentivement toutes les offres. Si tout le monde peut en profiter, il ne mettra des bâtons dans les roues de personne. Ce trésor de guerre, complété par les recettes européennes (plus importantes que par le passé), lui permettra de négocier.

Mais tout cela est désormais remis en question. Il y a toujours de l'intérêt pour les joueurs mais si Bruges n'est pas champion, sa marge de négociation sera plus étroite. Et s'il ne se qualifie pas directement pour la Ligue des Champions, il attirera moins facilement de nouveaux joueurs et sa trésorerie en pâtira.

Mais le plus grave serait tout de même d'avoir été en tête pendant toute la saison - à l'exception de la 6e journée, lorsque Charleroi comptait un pointe d'avance - et de perdre le titre dans la dernière ligne droite. La division des points par deux, ça craint. Plus que le VAR.

Par Peter T'Kint

N'importe quel compétiteur connaît le stress de la dernière ligne droite : la tête veut gagner mais les jambes ne suivent pas toujours et ça fait mal, au propre comme au figuré. C'est ce sentiment qui s'est emparé du Club Bruges au cours des dernières semaines. Chaque année, on se rend compte que, lors des play-offs, il est difficile de jouer au plus haut niveau pendant huit semaines, de puiser dans ses ressources mentales quand les choses ne tournent pas. Le Standard est dans la spirale inverse. Comme en 2011, il revient de nulle part. À l'époque, il avait entamé les play-offs avec 16 points de retard sur Anderlecht et 15 sur Genk. Mais lors du dernier match, sans un Thibaut Courtois exceptionnel, c'est le club de Sclessin qui aurait été champion. Cette fois, l'écart avec Bruges était de 23 points. Pourtant, l'histoire pourrait se répéter si le Standard s'impose ce jeudi à Anderlecht et dimanche face au Club. Le football est fait d'émotions et, ce week-end, deux des dirigeants les plus émotifs de notre football se sont laissé emporter. Tant vendredi à Gand que dimanche à Bruges, on a parlé de scandale. Il est désormais clair que le VAR, remis en cause chaque semaine, ne va pas résoudre tous les problèmes. Mais fait-on tout pour le mettre dans de bonnes conditions quand, comme Ivan De Witte, on distribue des cartes jaunes et rouges au public ? On n'a peut-être pas le sens de l'humour mais on estime qu'un ancien président de la Pro League qui dit avoir de l'ambition pour le football belge n'a pas à faire ça. On aurait préféré que, comme Vincent Mannaert l'a suggéré dimanche, les six clubs et les arbitres se réunissent à Tubize, à la moitié des play-offs - comme ils l'ont fait avant le début de ceux-ci - pour mettre les choses au point. Ce que Bart Verhaeghe a fait dimanche nous énerve depuis des années. On peut critiquer l'arbitre lorsqu'il commet une erreur. Ça fait partie du job et il l'accepte. Mais un dirigeant de club (qui plus est, le vice-président fédéral), un entraîneur ou un joueur qui met en doute l'intégrité de l'homme en noir va trop loin. Et malheureusement, on ne punit pas. L'émotion n'est jamais bonne conseillère. Ivan Leko s'est également exprimé mais il est resté digne et n'a attaqué personne. Pour contrôler ses mots, il s'est exprimé en anglais. Cela a donné un côté humain à la défaite. Quand on fera le bilan, en juin prochain, on s'apercevra que le VAR n'explique qu'en partie un éventuel échec. Mais en fonction du résultat des prochains matches, il aura peut-être fait la différence entre le titre, les millions de la Ligue des Champions et l'Europa League. C'est ça qui engendre une telle émotion dans le chef de Verhaeghe ou de Leko. Comme si tout était déjà perdu. Mais le mal est bien plus profond. " We come back ", a dit Leko en se levant. Mais il avait les larmes aux yeux. Bruges a pourtant déjà démontré qu'il pouvait réagir, comme lorsqu'il a gagné 4-0 face au Standard après l'élimination européenne à Athènes. Ou lorsqu'il a battu Charleroi 6-0 après le 0 sur 6 face à Gand et Anderlecht, au début des play-off. Houdini Leko sortira-t-il un troisième lapin de son chapeau ? Comment a-t-on pu en arriver là ? Comment une équipe qui a signé un 53 sur 63 avant la trêve (avec un 5-0 contre Anderlecht et un 4-0 face au Standard) est-elle devenue si faible par la suite ? 14 sur 27 en championnat et 8 sur 21 en play-offs (à domicile, elle n'a battu que le 5e et le 6e). Ça peut s'expliquer par un concours de circonstances. La déchirure musculaire de Kenneth Vermeer, notamment. Malgré tout le foin fait autour de la question des gardiens (Ethan Horvath, Guillaume Hubert et Ludovic Butelle), Bruges n'avait pas perdu tellement de points avant la trêve. Comme le Français est reparti à Angers en janvier, il a fallu transférer en toute hâte deux gardiens expérimentés. Vladimir Gabulov (34 ans) répondait au profil - il avait joué et visait l'équipe nationale - mais il ne s'est pas imposé. Avant que Vermeer ne soit en forme, Bruges avait déjà perdu des points. Puis, à peine prêt à jouer, il s'est blessé et Gabulov a repris sa place avec le même résultat : il fait de temps en temps un bel arrêt mais ne prend pas des points comme Butelle le faisait il y a deux ans. Finalement, la question des gardiens pourrait coûter cher à Bruges. Deuxième cause possible : les flancs. Les atouts du système Leko, c'étaient des flancs offensifs, Dion Cools à droite et Anthony Limbombe à gauche. Deux joueurs qui, la saison dernière, jouaient peu. Ils ont eu cinq ou six bons mois mais depuis le Nouvel An, ils sont moins bons. D'autant que tout le monde les connaît. Depuis le départ de José Izquierdo, qui a aussi joué un rôle important la saison du titre, Bruges doit avant tout miser sur le collectif. Mais les impulsions offensives de Limbombe lui manquent. C'est lui qui avait fait 1-2 à la 88e à Charleroi, 2-3 à la 92e à Ostende et 3-2 à la 87e contre Zulte Waregem. Il est devenu international et son nom figure sur le carnet de nombreux scouts. Il n'était pas là à Gand ni contre Anderlecht : 0 sur 6. À Anderlecht, il avait fait souffrir son adversaire direct avant de se plaindre de douleurs au ventre. Depuis, Bruges ne parvient plus à se montrer dangereux. Au cours des play-offs, Limbombe n'a ni marqué, ni délivré d'assist. On peut dire qu'on a coupé les ailes à Bruges. Ajoutez à cela le fait que Hans Vanaken (au bout du rouleau physiquement) et Ruud Vormer font désormais constamment l'objet d'un marquage individuel et vous comprendrez pourquoi le Club est stérile. Avant la défaite contre Anderlecht, il s'était déjà imposé de justesse face à Genk et avait connu des difficultés face au Standard. Seul Charleroi ne lui a pas posé de problème. Bien sûr, il faut aussi tenir compte du fait que les adversaires jouent mieux actuellement qu'en phase classique. Et là, on touche à la troisième raison du déclin brugeois : le mercato d'hiver. Par nécessité, Bruges s'est surtout renforcé derrière : il a transféré deux gardiens et trois défenseurs (Ivan Tomecak, Alexander Scholz et Matej Mitrovic) pour faire face aux blessures de Benoît Poulain et Saulo Decarli. Le seul renfort offensif était un jeune talent de 18 ans, Krépin Diatta. Un diamant brut. Par nécessité aussi, les rivaux de Bruges ont opté pour des renforts offensifs. Mais surtout, ils ont transféré des joueurs expérimentés. Anderlecht a laissé partir Sofiane Hanni mais a compensé avec les arrivées de Ryota Morioka, Kenneth Saief, Sylvère Ganvoula et Lazar Markovic, même si celui-ci a dû travailler dur pour refaire surface. Le Standard a vendu Orlando Sá mais Mehdi Carcela est arrivé (sans oublier Gojko Cimirot, une des révélations de l'entrejeu). Des coups dans le mille ! À Bruxelles, tout le monde n'est pas satisfait de Morioka mais il a déjà inscrit 3 buts et délivré un assist depuis le début des play-offs. Et tout le monde peut voir ce que Carcela, qui a beaucoup travaillé pour gommer son retard physique, apporte au Standard. À Bruges, depuis le Nouvel An, tout le monde souffre. Vanaken a tenu la baraque le plus longtemps possible et Abdoualy Diaby a inscrit quatre buts mais les autres ont sombré. Diatta s'est montré mais, à ce stade du championnat, on ne peut pas exiger de lui qu'il se montre aussi décisif qu' Emmanuel Dennis l'était au mois d'août. À la mi-mars, à Bruges, on se disait satisfait que le Standard se soit qualifié pour les play-offs parce qu'on pensait qu'il serait davantage en mesure de prendre des points aux rivaux que Courtrai. Et c'est le cas. À Bruges, on espère donc que le club de Sclessin ramènera quelque chose de Bruxelles. Et dimanche, on en découdra. Diaby, Limbombe, Vanaken (et Stefano Denswil) sont les quatre noms les plus cités lorsqu'on évoque des départs et ce n'est pas un hasard. Hormis Vanaken, qui faisait déjà l'objet d'offres concrètes il y a deux ans après le titre mais reste très cool, les autres ont déjà exprimé leur ambition à ce sujet. Comme Bruges transférera certainement un autre gardien et très probablement un buteur, il est fort possible que le visage qu'il présentera en juin soit très différent de son visage actuel. Car, contrairement à ce qui s'était passé il y a deux ans, les dirigeants ne disent pas ouvertement que " personne ne peut partir. " À l'époque, Michel Preud'homme était toujours là, le Club allait jouer la Ligue des Champions et, un peu naïvement, il espérait y jouer un rôle significatif. En obligeant des joueurs comme Bjorn Engels à rester, il a perdu des millions. Et il s'est retrouvé avec un 0 sur 18 en Champions League. Un fiasco ! Cette fois, il en ira autrement. Bruges écoutera attentivement toutes les offres. Si tout le monde peut en profiter, il ne mettra des bâtons dans les roues de personne. Ce trésor de guerre, complété par les recettes européennes (plus importantes que par le passé), lui permettra de négocier. Mais tout cela est désormais remis en question. Il y a toujours de l'intérêt pour les joueurs mais si Bruges n'est pas champion, sa marge de négociation sera plus étroite. Et s'il ne se qualifie pas directement pour la Ligue des Champions, il attirera moins facilement de nouveaux joueurs et sa trésorerie en pâtira. Mais le plus grave serait tout de même d'avoir été en tête pendant toute la saison - à l'exception de la 6e journée, lorsque Charleroi comptait un pointe d'avance - et de perdre le titre dans la dernière ligne droite. La division des points par deux, ça craint. Plus que le VAR. Par Peter T'Kint