On ne va pas dire qu'on sort d'une semaine inoubliable. Les grosses claques prises par Bruges contre le PSG et Genk contre Liverpool, c'est dans l'ordre logique des choses si on tient un peu compte des qualités de ces adversaires. Il n'empêche que ça fait mal, encore plus quand des gifles pareilles sont prises à la maison. Le Standard n'a pas tout à fait raté son match à Francfort mais il est revenu sans rien, c'est ça que je retiens. Comme le fait que ça va être très compliqué pour eux de passer l'hiver au chaud. Il n'y a que Gand qui a ramassé quelque chose, donc c'est beaucoup trop peu, évidemment.

Ce que je retiens aussi, c'est le passage à vide de Bruges. On ne doit pas s'intéresser qu'au match contre Paris. Il y avait déjà eu des signes avant-coureurs contre Mouscron, on avait vu là-bas que le Club était dans une période où il ne marque pas facilement. Et ça s'est confirmé le week-end passé contre le Standard. Philippe Clement s'est bien fâché et, à ma connaissance, c'est la première fois qu'il fait ça depuis qu'il est revenu à Bruges. C'est un signe, ça veut dire beaucoup sur le passage à vide actuel. Dans ce match, on a décidément vu trop de joueurs qui n'arrivaient pas à sortir leur meilleur football. On voyait ça sur toutes les portions du terrain. Ruud Vormer, Hans Vanaken, Percy Tau, Mats Rits, et je pourrais encore en citer d'autres. Ce n'est pas inquiétant mais ce n'est pas non plus ce qu'il y a de plus rassurant.

On devait avoir là le match au sommet de la douzième journée. On est restés sur notre faim. On peut toujours se raccrocher à la bonne prestation tactique de Michel Preud'homme, qui a trouvé les solutions pour empêcher Bruges de jouer. OK, mais pour le spectateur neutre, même si c'est bien pensé, c'est beaucoup trop peu. Et finalement, ce soi-disant sommet a été à l'image de toute la semaine. Nos clubs n'ont pas été assez bons dans les matches européens, après ça on avait une première affiche intéressante avec le déplacement d'Anderlecht à Eupen pour ouvrir le week-end. Quelle déception, là aussi.

"Anderlecht qui invoque l'absence de Chadli pour justifier son non-match à Eupen, c'est abusé."

On sait où sont les priorités de Franky Vercauteren dans un premier temps. Il veut que l'équipe retrouve une vraie organisation, il veut qu'elle arrête de prendre trop de buts. Après ça, seulement, il commencera à mettre l'accent sur le jeu offensif. C'est compréhensible, c'est louable. Mais est-ce que tu n'es pas dans l'obligation de produire autre chose quand tu vas jouer sur la pelouse d'une équipe de fond de classement qui n'a pas encore réussi à gagner un seul match chez elle ? Est-ce que c'est vraiment nécessaire de densifier ton entrejeu avec Edo Kayembe, Sambi Lokonga et Adrien Trebel quand c'est simplement Eupen en face ?

J'attendais plus de créativité, évidemment. Ça contrôlait mais ça ne créait pas beaucoup. Quand tu te rends compte que le gardien d'Anderlecht est le meilleur homme d'un match Eupen - Anderlecht, tu as la confirmation qu'il reste un gros souci. Et je ne peux pas accepter l'excuse entendue dès le coup de sifflet final : l'absence de Nacer Chadli a pesé lourd. D'accord, ça aurait sans doute été mieux avec lui, mais bon, tu dois pouvoir faire autre chose même s'il n'est pas là. Je m'interroge aussi sur le style de foot pratiqué dans ce match, sur la philosophie prônée par Vercauteren pour ce déplacement. Si on analyse les choses de façon un peu rationnelle, c'était à l'opposé de la philosophie de Vincent Kompany.

Bruges, Anderlecht, Genk, Gand, ils ont tous déçu le week-end dernier. Il fallait se concentrer sur les matches des plus petits pour voir des bonnes choses. Ils sont quelques-uns à enchaîner les bonnes opérations au classement sans avoir l'air d'y toucher. Je vois par exemple Charleroi et Zulte Waregem batailler pour aller en play-offs.