Greg Clarke. Un nom qui claque. Celui d'un homme à qui on a envie de mettre des claques. Hier encore, il était le président de la fédération anglaise de football. Aujourd'hui, il ne l'est plus. Sa sortie devant le Parlement britannique, il y a quelques jours, était haute en... couleurs. Sombres, très sombres. Maladroitement raciste. Maladroite, même si bien à droite. À l'extrême, même. Dans un discours, il a parlé de "joueurs colorés". Mais aussi du manque de professionnalisme des joueurs asiatiques. En deux adjectifs, il a supposé que la couleur de peau définissait les comportements. Il a démissionné. Puis on l'a éjecté de son poste de vice-président de la FIFA. Le gouvernement anglais se félicite de sa démission. On lui rappellera, à ce même gouvernement, que c'est un joueur "coloré" qui a permis à 1,4 million de jeunes défavorisés de manger un vrai repas pendant la fermeture des écoles. Ce que ce fameux gouvern...

Greg Clarke. Un nom qui claque. Celui d'un homme à qui on a envie de mettre des claques. Hier encore, il était le président de la fédération anglaise de football. Aujourd'hui, il ne l'est plus. Sa sortie devant le Parlement britannique, il y a quelques jours, était haute en... couleurs. Sombres, très sombres. Maladroitement raciste. Maladroite, même si bien à droite. À l'extrême, même. Dans un discours, il a parlé de "joueurs colorés". Mais aussi du manque de professionnalisme des joueurs asiatiques. En deux adjectifs, il a supposé que la couleur de peau définissait les comportements. Il a démissionné. Puis on l'a éjecté de son poste de vice-président de la FIFA. Le gouvernement anglais se félicite de sa démission. On lui rappellera, à ce même gouvernement, que c'est un joueur "coloré" qui a permis à 1,4 million de jeunes défavorisés de manger un vrai repas pendant la fermeture des écoles. Ce que ce fameux gouvernement leur avait refusé. Le bienfaiteur se nomme Marcus Rashford, n'a que 22 ans et donne une leçon éclatante. La nouvelle génération doit prendre le pouvoir. L'âge de raison est celui de l'intelligence et de la solidarité. L'âge de déraison est celui des pantouflards qui s'accrochent à des postes dont ils n'ont plus la décence de fonction. Un autre procès est en cours du côté de l'Angleterre du football. Celui que font les coaches des grands clubs de Premier League. Cette dernière a décidé de ne plus autoriser cinq remplacements par match. Pourtant, la FIFA l'autorise et tous les autres grands championnats en profitent. Mais les petits clubs anglais ont voté contre. Pour eux, plus il y a de remplacements possibles, plus cela favorise les grands clubs. Les riches avec des noyaux pléthoriques. On ne peut pas leur donner tort. Mais on ne peut pas non plus donner tort aux clubs du top qui jouent l'Europe. Le rythme "pré-EURO" est fou. Et surtout, les chiffres leur donnent raison. 40% de blessures en plus depuis le Covid. Ça fait beaucoup. Le corps humain a ses raisons. La conservatrice Angleterre, celle du Brexit, s'isole une fois de plus. L'Europe ne représente plus grand-chose. Sauf pour les investisseurs étrangers qui possèdent les grands clubs. Eux, ce qu'ils veulent, ce sont des palmarès et l'argent qui va avec. Revenons à l'essentiel. Le jeu. Jeu comme dans jeunesse. Qui est l'avenir de l'humanité tout en devenant un présent de plus en plus présent dans le football "covidien". La règle des cinq remplacements par match n'est que la finalité de la gravité de la situation. Covid = malades = arrêt des compétitions = reprise, mais rythme des matches infernal. Matches à huis clos = pas de public = moins d'argent. Moins d'argent = moins de transferts = plus de places pour les jeunes. Dont le pourcentage de jeu avec les pros a augmenté. Pour la première fois en dix ans. Bonne nouvelle, même si quand on regarde plus près, on se rend compte que ce sont, évidemment, les plus petits clubs et les plus petits championnats qui ont procédé de la sorte. Une bonne nouvelle ne venant rarement sans une mauvaise, on notera que la Belgique reste en fond de classement. Sur 31 championnats européens, seuls la Turquie, l'Italie et le Portugal font moins bien. C'est-à-dire qu'en moyenne, il y a moins d'un joueur du cru par équipe. Normal, vu qu'on reste dans le top 4 des pays qui comptent le plus d'"expats". Neuf championnats européens dépassent les 50%. Nous c'est 59%. Mais à l'image du reste du monde, la Belgique a moins transféré. Dans ce classement, le pays avec le moins de nouvelles recrues en 2020 est... l'Angleterre. Le pays le plus riche. Pas de paradoxe, mais bien le constat que plus t'as des "thunes", plus tu peux en perdre. La surpuissante Premier League est certainement le championnat qui voit son équilibre financier le plus menacé. Ces clubs ont les plus gros budgets de fonctionnement, le plus d'employés, dont des joueurs surpayés. Elle s'en remettra sûrement. Mais quand on voit l'état de la Championship (la D2) on se dit que le foot d'avant doit revenir à la vitesse d'un contre "liverpuldien". D'avant veut dire celui dans lequel il y avait des gens qui participaient, vivaient et donnaient un sens au spectacle. Un peu comme le monde en général. Sans quoi il deviendra "orwellien". C'est-à-dire totalitaire, avec quelques-uns qui décident comment penser et vivre avant de l'imposer à tous les autres. Un monde de merde, quoi.