Ciman : "Je méritais ma place en Russie"

25/09/18 à 16:09 - Mise à jour à 16:33

Vie privée, désillusion sportive, déménagement forcé, Laurent Ciman est un homme qui prend des coups, mais qui ne baisse jamais la garde. Paradoxal ? Pas forcément. Juste l'histoire d'un mec normal dans un milieu de fous. Rencontre.

Ciman : "Je méritais ma place en Russie"

Laurent Ciman. © Icon Sport

Laurent Ciman à propos...

...de l'épisode du joker médical : "On reste sur des considérations sportives. Le coach a fait des choix. Que je les comprenne ou pas, je pense que tout le monde s'en fout. Ce que les gens retiendront, c'est que la Belgique a été en demi-finale. Point. Avec ou sans Laurent Ciman, quelle importance ? Deux jours avant le match contre l'Égypte, mon téléphone a sonné dans ma chambre. Avant même de décrocher, j'avais compris. C'était l'adjoint (aujourd'hui ex-adjoint, Graeme Jones, ndlr) qui m'appelait pour me dire qu'il fallait que je parle avec le coach. Je suis monté et il y avait tout le staff qui était là. Le coach a pris la parole pour m'expliquer que je serais le joker médical parce qu'il ne voulait pas mettre un jeune dans cette situation. Et qu'il savait que si jamais il devait faire appel à moi par la suite, je répondrais présent là ou un jeune aurait peut-être été déstabilisé. Voilà le discours qu'on m'a tenu. Peut-être bien que je suis trop gentil. J'aurais dû faire quoi ? Me lever et partir ? Non, ce n'est pas dans mon caractère. On sait que je ne claquerai jamais la porte parce que pour moi, ça a toujours été un honneur d'être là."

...de la réaction des Diables suite à cette annonce : "J'ai croisé des joueurs en sortant de la discussion avec qui j'en ai parlé à chaud. Chacun réagit à sa façon. Il y a des choses qui ont été dites, mais ça, je ne peux pas en parler ici. Juste expliquer que certains sont tombés de haut. C'est logique, à partir du moment où je pense aussi que je méritais ma place dans les 23. Mais le coach a fait ses choix. Et j'ai connu des choses plus graves dans la vie."

...de son transfert forcé de l'Impact Montréal à Los Angeles : "Je ne l'ai pas encore digéré. Je pensais finir ma carrière là-bas. C'est pour ça que sur le moment, j'ai été jusqu'à penser à arrêter le foot. Mais j'aurais fait quoi ? Je ne pouvais pas rester au Canada, je n'avais plus de permis de travail. Pour la suite, on a demandé une résidence permanente à Montréal parce qu'on a toujours dans l'idée de retourner y vivre après ma carrière. Je n'ai pas encore eu de réponse, donc on attend, mais d'ici un an, ça devrait être bon. Je croise les doigts, parce qu'on a une maison là-bas et que je suis tombé amoureux de la vie sur place. Donc oui, cette histoire, sur le plan privé, cela reste un gros traumatisme parce que j'adorais ma vie à Montréal. J'y étais chez moi, j'adorais tout, la vile, les gens. Et d'un coup, tout a basculé."

...de son transfert à Dijon : "Ça me correspond bien. Remettre l'ouvrage sur le métier, en permanence. Je n'ai pas envie d'être une star, de me prendre la tête, de me considérer comme un titulaire indiscutable. J'aime bien l'idée de devoir me battre. Le foot, c'est une remise en question éternelle. Il y aura toujours des critiques, j'en ai pris l'habitude. Mais je suis au-dessus de tout ça. J'ai 33 ans, je sais ce que je vaux. Il n'y a plus de soucis à ce niveau-là."

Par Martin Grimberghs

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