Le Pays Noir a repris quelques couleurs ces derniers temps sur le plan sportif. Que ce soit chez les Zèbres ou chez les Loups de Châtelet-Farciennes, les amateurs de foot ont le sourire en terre carolorégienne suite aux bons résultats.

Dans la commune qui a vu naître Laurent Ciman, les murs de bétons entourant les modestes installations du club sont recouverts de graffitis : une décision de la commune, désireuse d'apporter de la chaleur dans un paysage terne et surplombé par la ligne de chemin de fer. La tonnelle montée pour les VIP à l'entrée de la seule tribune pouvant abriter 576 supporters témoigne du peu de moyens dont dispose le club. En ce jour de match capital de bas de classement de D1 Amateurs face à Virton, les invités de luxe se font remarquer. Daniel Van Buyten, Jordan Remacle et même Thorgan Hazard venu voir son cousin et parrain de sa fille, Quentin Vanderbecq, après son retour de Bosnie avec les Diables. Le club carolo entame sa deuxième saison sous ce nom suite à la fusion entre Châtelet (qui a gardé son matricule) et Farciennes, où l'équipe évolue les jours de match.

Sur le terrain, le spectacle n'est pas au rendez-vous en première période. Les coups d'éclats de Vanderbecq, qui a également hérité du numéro 10 familial, sont trop peu nombreux. C'est sur le banc de touche que ça se passe visiblement. Les quelques commentaires de l'imposant gaillard d'un mètre nonante, amusent un public bien trop calme pour cette rencontre à enjeu. "On fait ça en Flandre, on l'a dans le cul !", enrage Fred Stilmant, qui rappelle à l'ordre un de ses gars faisant usage de son coude pour se sortir d'un duel. Cette grande gueule attachante fait l'unanimité et le boulot au sein du matricule 725.

Charlouze c'est la base

Dans le secteur offensif, Vanderbecq évolue le long de la ligne de touche où les supporters ont fièrement placé une banderole des BWSU, les ultras du Sporting de Charleroi. "Les vrais Loups sont à Châtelet", est-il noté, faisant référence à la rivalité locale avec La Louvière et leur récent match en Coupe de Belgique. Le feu follet provoque de nombreuses fautes et se traîne par terre au point d'irriter son coach, très exigeant. "Allez, lève-toi, tu perds de l'énergie pour la suite" avant de surenchérir auprès du corps arbitral à sa manière... "Apparemment il y a deux règlements : au nord et au sud du pays".

Au retour des vestiaires, le combat sur le terrain reprend de plus belle. Sur les bancs aussi : Stilmant rappelle au calme son homologue Frank Defays, ancienne icône du Mambour. La guerre est déclarée mais s'estompe peu avant la 70e lorsque les Ardennais plantent deux roses en moins de nonante secondes. Les Châteletains goûtent peu à la défaite. Difficile à avaler quand on enchaîne les résultats positifs depuis un moment. "On a connu de superbes moments ces dernières saisons mais on sait que cette division est beaucoup plus relevée et notre portefeuille limité ne nous permet pas de faire des miracles. Quand on n'a pas de moyens, on se bat avec ce qu'on a : nos valeurs", explique le T1 local entre deux gorgées de bière. La fierté du club est d'avoir pu décrocher un titre de champion avec 23 joueurs de la région sur un noyau de 24.

Quentin Vanderbecq et Frédéric Stilmant se sont rencontrés à Heppignies, quelques échelons plus bas, où l'actuel T1 opérait comme entraîneur/joueur. Le cousin Hazard, alors sur une voie de garage, a été repéré par Alex Teklak chez les jeunes du Sporting puis amené là-bas. Il y a, naturellement, retrouvé du temps de jeu. Vanderbecq est le genre de gars qu'on aime voir balle au pied. Élégant, vif et précis... tout y est. Le principal intéressé aurait pu se retrouver en Bundesliga 3 cet été, non loin de Mönchengladbach où évolue son acolyte de toujours mais il n'a rien à dire sur le sujet : "je ne préfère pas trop parler de ça, c'est du passé".

Sa raison, son clan et son job en tant que professeur d'éducation physique l'ont fait rester dans le Pays Noir. À la recherche de lui-même, Quentin s'est trouvé dans la stabilité installée par Fred Stilmant, qui ne comprend toujours pas son parcours. "Ce gamin n'a rien à faire chez nous et je le dis depuis longtemps." C'est d'ailleurs le numéro 10 qui est à l'origine du retour au score des siens dans le dernier quart d'heure. Il élimine deux opposants avant de céder le ballon à un partenaire pour qu'un troisième homme ponctue le taf sur une tête à bout portant. Les Carolos reviennent à la hauteur des Virtonais grâce à une mentalité infaillible. À 2-2 au bout d'un match tendu, les esprits s'échauffent. Les provocations sont nombreuses et Stilmant s'en sortira avec un rapport de l'homme en noir.

Tapage nocturne à Deinze

"Le football doit rester une fête malgré tout. Nous sommes une vraie famille ! Ce qui se passe avec mon groupe qui est particulier", explique-t-il après ces accrochages. Comité, staff et joueurs profitent de l'instant présent, dans une compétition où ils devront probablement viser le maintien dans un premier temps. Récemment, l'équipe s'est rendue à Deinze, un des favoris de la division. Même scénario que face aux Ardennais : menés 2-0, ils retournent le cours du match et recollent au score. La bière a donc coulé à flots jusqu'à pas d'heure dans la buvette de Deinze. Dans la nuit de dimanche à lundi, la musique retentissait tant à l'intérieur... qu'à l'extérieur grâce aux baffles placés dehors. La police, alertée par le voisinage, s'est déplacée pour faire arrêter ce vacarme. Mais les Loups n'ont pas l'intention d'arrêter de faire du bruit.

par Sébastien Ferrante

Le Pays Noir a repris quelques couleurs ces derniers temps sur le plan sportif. Que ce soit chez les Zèbres ou chez les Loups de Châtelet-Farciennes, les amateurs de foot ont le sourire en terre carolorégienne suite aux bons résultats. Dans la commune qui a vu naître Laurent Ciman, les murs de bétons entourant les modestes installations du club sont recouverts de graffitis : une décision de la commune, désireuse d'apporter de la chaleur dans un paysage terne et surplombé par la ligne de chemin de fer. La tonnelle montée pour les VIP à l'entrée de la seule tribune pouvant abriter 576 supporters témoigne du peu de moyens dont dispose le club. En ce jour de match capital de bas de classement de D1 Amateurs face à Virton, les invités de luxe se font remarquer. Daniel Van Buyten, Jordan Remacle et même Thorgan Hazard venu voir son cousin et parrain de sa fille, Quentin Vanderbecq, après son retour de Bosnie avec les Diables. Le club carolo entame sa deuxième saison sous ce nom suite à la fusion entre Châtelet (qui a gardé son matricule) et Farciennes, où l'équipe évolue les jours de match.Sur le terrain, le spectacle n'est pas au rendez-vous en première période. Les coups d'éclats de Vanderbecq, qui a également hérité du numéro 10 familial, sont trop peu nombreux. C'est sur le banc de touche que ça se passe visiblement. Les quelques commentaires de l'imposant gaillard d'un mètre nonante, amusent un public bien trop calme pour cette rencontre à enjeu. "On fait ça en Flandre, on l'a dans le cul !", enrage Fred Stilmant, qui rappelle à l'ordre un de ses gars faisant usage de son coude pour se sortir d'un duel. Cette grande gueule attachante fait l'unanimité et le boulot au sein du matricule 725.Charlouze c'est la baseDans le secteur offensif, Vanderbecq évolue le long de la ligne de touche où les supporters ont fièrement placé une banderole des BWSU, les ultras du Sporting de Charleroi. "Les vrais Loups sont à Châtelet", est-il noté, faisant référence à la rivalité locale avec La Louvière et leur récent match en Coupe de Belgique. Le feu follet provoque de nombreuses fautes et se traîne par terre au point d'irriter son coach, très exigeant. "Allez, lève-toi, tu perds de l'énergie pour la suite" avant de surenchérir auprès du corps arbitral à sa manière... "Apparemment il y a deux règlements : au nord et au sud du pays".Au retour des vestiaires, le combat sur le terrain reprend de plus belle. Sur les bancs aussi : Stilmant rappelle au calme son homologue Frank Defays, ancienne icône du Mambour. La guerre est déclarée mais s'estompe peu avant la 70e lorsque les Ardennais plantent deux roses en moins de nonante secondes. Les Châteletains goûtent peu à la défaite. Difficile à avaler quand on enchaîne les résultats positifs depuis un moment. "On a connu de superbes moments ces dernières saisons mais on sait que cette division est beaucoup plus relevée et notre portefeuille limité ne nous permet pas de faire des miracles. Quand on n'a pas de moyens, on se bat avec ce qu'on a : nos valeurs", explique le T1 local entre deux gorgées de bière. La fierté du club est d'avoir pu décrocher un titre de champion avec 23 joueurs de la région sur un noyau de 24.Quentin Vanderbecq et Frédéric Stilmant se sont rencontrés à Heppignies, quelques échelons plus bas, où l'actuel T1 opérait comme entraîneur/joueur. Le cousin Hazard, alors sur une voie de garage, a été repéré par Alex Teklak chez les jeunes du Sporting puis amené là-bas. Il y a, naturellement, retrouvé du temps de jeu. Vanderbecq est le genre de gars qu'on aime voir balle au pied. Élégant, vif et précis... tout y est. Le principal intéressé aurait pu se retrouver en Bundesliga 3 cet été, non loin de Mönchengladbach où évolue son acolyte de toujours mais il n'a rien à dire sur le sujet : "je ne préfère pas trop parler de ça, c'est du passé". Sa raison, son clan et son job en tant que professeur d'éducation physique l'ont fait rester dans le Pays Noir. À la recherche de lui-même, Quentin s'est trouvé dans la stabilité installée par Fred Stilmant, qui ne comprend toujours pas son parcours. "Ce gamin n'a rien à faire chez nous et je le dis depuis longtemps." C'est d'ailleurs le numéro 10 qui est à l'origine du retour au score des siens dans le dernier quart d'heure. Il élimine deux opposants avant de céder le ballon à un partenaire pour qu'un troisième homme ponctue le taf sur une tête à bout portant. Les Carolos reviennent à la hauteur des Virtonais grâce à une mentalité infaillible. À 2-2 au bout d'un match tendu, les esprits s'échauffent. Les provocations sont nombreuses et Stilmant s'en sortira avec un rapport de l'homme en noir.Tapage nocturne à Deinze"Le football doit rester une fête malgré tout. Nous sommes une vraie famille ! Ce qui se passe avec mon groupe qui est particulier", explique-t-il après ces accrochages. Comité, staff et joueurs profitent de l'instant présent, dans une compétition où ils devront probablement viser le maintien dans un premier temps. Récemment, l'équipe s'est rendue à Deinze, un des favoris de la division. Même scénario que face aux Ardennais : menés 2-0, ils retournent le cours du match et recollent au score. La bière a donc coulé à flots jusqu'à pas d'heure dans la buvette de Deinze. Dans la nuit de dimanche à lundi, la musique retentissait tant à l'intérieur... qu'à l'extérieur grâce aux baffles placés dehors. La police, alertée par le voisinage, s'est déplacée pour faire arrêter ce vacarme. Mais les Loups n'ont pas l'intention d'arrêter de faire du bruit.par Sébastien Ferrante