Ni les trêves internationales ni le climat toujours particulier des matches du dimanche soir ne semblent entraver le galop des Zèbres. Au Stayen, là où ils avaient enterré définitivement leurs ambitions de play-offs 1 la saison dernière, les Carolos ont gratté trois points précieux dans la course au top 6. Trois de plus. La série, désormais portée à six matches sans défaite depuis le revers contre Anderlecht, permet aux hommes de Karim Belhocine de s'installer bien au chaud dans le bon wagon malgré leur match de retard, avec en point de mire un calendrier abordable qui pourrait leur permettre de faire le break d'ici à la trêve hivernale.

Agité dans le secteur offensif, le mercato zébré a offert à son nouvel entraîneur une palette plus variée que jamais pour compenser le départ de l'omniprésent Victor Osimhen, catalyseur de toutes les offensives des hommes de Felice Mazzù la saison dernière. Depuis la fin du marché d'été, bouclé avec l'arrivée de Shamar Nicholson et le retour de Kaveh Rezaei, Charleroi carbure à plein régime. 20 points pris sur 30 possibles, seul l'intouchable leader brugeois a fait mieux (25).

" En termes de concurrence, c'est la meilleure ligne d'attaque jamais vue à Charleroi ", précisait d'ailleurs Mazzù, en connaissance de cause, quelques heures avant sa défaite au Mambour qui allait lancer ce fol automne dans le Pays Noir.

Invisible à Bruges, entre blessures et isolement au sein du groupe, Rezaei a ressuscité en retrouvant son Charleroi. Buteur à cinq reprises sur les quatre derniers matches des Zèbres, il est l'incarnation d'un secteur offensif très complet, qui permet à Belhocine de s'offrir le luxe de conserver sur le banc des joueurs comme Nicholson ou David Henen. Les supporters en ont même presque oublié le départ de leur Jérémy Perbet fétiche, parti pour Louvain au bout du mercato suite au refus d'Adama Niane de rejoindre OHL.

Aujourd'hui, le Malien en est réduit à passer ses week-ends en tribune. Personne, non plus, ne s'inquiète de l'adaptation difficile de Frank Tsadjout, arrivé dans le Pays Noir pour tenter un nouveau coup " à la Osimhen ", mais pas encore à son affaire, même quand il évolue avec les U21. Comme un signe supplémentaire d'un compartiment offensif armé pour de nombreuses batailles.

Malgré cette densité, les Zèbres restent la moins bonne attaque des sept premiers classés du championnat. La clé se trouve donc, comme souvent à Charleroi, à l'autre bout du terrain. Là, malgré un but évitable concédé après une sortie approximative de Nicolas Penneteau, les Carolos continuent d'enchaîner les prestations abouties collectivement, masquant parfois leurs faiblesses individuelles dans le secteur.

Avec seulement seize buts concédés, les hommes de Belhocine partagent avec ceux de Michel Preud'homme le statut de deuxième meilleure défense du pays, loin derrière Bruges. La réussite défensive retrouvée, après une saison difficile en la matière (43 buts encaissés en phase classique l'an dernier), permet à Charleroi d'accumuler les points précieux face aux adversaires de la deuxième moitié de tableau, qui l'ont si souvent mis en difficulté lors de la dernière pige de Felice Mazzù au Mambour.

Nombreux dans les tribunes, présents jusqu'au sein du vestiaire, les sceptiques du début de saison semblent se ranger progressivement dans les rangs des optimistes, emmenés depuis les premiers pas de l'exercice actuel par un Mehdi Bayat qui, s'il parlait en public de saison de transition, espérait secrètement voir la sauce prendre rapidement grâce à un effectif en grande partie inchangé et à un nouveau souffle amené par le changement d'entraîneur. Dans les bureaux du Pays Noir, il a d'ailleurs toujours été question de lutter pour le top 6, mais sans afficher trop bruyamment ses ambitions avant que l'effectif ne soit entièrement construit.