Charleroi, c'était surtout lui. Bien sûr, Felice Mazzù a tenté de convaincre ses hommes du contraire, rassemblant son vestiaire pour lui rappeler que le groupe était toujours au-dessus d'un individu, aussi talentueux soit-il. Il n'empêche qu'en ce mardi matin de janvier, moins de 48 heures après un succès historique ramené de Bruges, le ciel enneigé tombe sur la tête du coach carolo et de son staff.

Mehdi Bayat leur apprend alors le départ de Cristian Benavente, embarqué dans une surenchère venue du Moyen-Orient et finalement déposé au Pyramids FC contre une somme coquette, dépassant allégrement les six millions d'euros. La trésorerie arbore un large sourire, mais le terrain tire la gueule.

Directement impliqué dans 12 des 33 buts inscrits par les Zèbres depuis le début de saison, le Péruvien était devenu le centre de gravité du football carolo depuis le départ de son acolyte Kaveh Rezaei, envolé vers Bruges au bout du mois d'août pour un premier coup porté aux rouages offensifs du système Mazzù.

À l'époque, la perte de l'Iranien frappe le vestiaire en plein visage. " C'était le joueur qui portait l'équipe à lui tout seul. En le perdant, on a tout de suite eu peur, parce qu'on savait ce qu'on perdait ", explique Nicolas Penneteau. " On a un peu douté. On sortait de matches difficiles, on était dans le creux en termes de résultats (3 points sur 12, ndlr) et le départ de votre meilleur attaquant vous tombe dessus. "

" Je préfère la situation d'aujourd'hui à celle du mois d'août ", corrige Felice Mazzù au moment de comparer le départ de Benavente à celui de Rezaei. " Pas par rapport au profil ou au niveau des joueurs, mais simplement parce qu'en août, on sortait d'une défaite douloureuse à Genk alors qu'ici, on vient d'aller gagner à Bruges. "

L'homme fort du Mambour dédramatise, sans vraiment cacher un air fataliste. Une nouvelle fois, il doit reconstruire en quelques semaines une animation offensive cohérente pour arracher une qualification en play-offs 1 qui prend des airs d'utopie.

BRUNO ET MORIOKA

" J'ai la solution à court terme ", poursuit Mazzù à la veille de la visite de Waasland-Beveren dans le Pays Noir. Impliqué à l'entraînement, où il se démène sans ménagement, Massimo Bruno est appelé à enfiler le costume de Benavente. Un rôle qu'il connaît, pour l'avoir occupé sous John van den Brom puis, surtout, avec Besnik Hasi chez les Mauves, avant son départ pour l'Autriche.

C'est rapidement lui que le staff identifie comme le meilleur atout pour pallier la perte de Benavente, tout en insistant sur la nécessité de renflouer la concurrence du secteur offensif. " Si on avait su, on aurait gardé Romain Grange ", entend-on au bout d'un rire jaune dans les travées du Mambour.

Le nom de Ryota Morioka s'immisce rapidement dans les discussions. Si les chiffres du Japonais la saison dernière parlent pour lui, avec 9 buts et 11 passes décisives en 27 rencontres sous les ordres de Philippe Clement au Freethiel, certains au sein du staff doutent de la compatibilité entre son profil et le jeu prôné par les Zèbres.

Morioka s'épanouit surtout dans le camp adverse, où il peut faire parler son passing hors-normes et son flair pour s'infiltrer dans la surface au moment idéal, son manque de volume de courses (dans un foot carolo qui demande de longs efforts dans les transitions) et son implication très relative dans le travail défensif font grincer certaines dents.

Felice Mazzù a beau rappeler qu'à son arrivée, Cristian Benavente ne défendait jamais, il omet de souligner qu'à l'époque, le Péruvien n'apparaissait que très rarement dans son onze de base.

Trois ans plus tard, c'est au bout de l'une de ses prestations tactiques les plus abouties que Benavente a quitté Charleroi. Impressionnant dans son travail sans ballon à Bruges, l'enfant du Real Madrid laisse un vide difficile à combler.

" Il était présent dans beaucoup de situations offensives, il marquait beaucoup de buts... On perd un très bon joueur ", souligne Jérémy Perbet en conférence de presse, avant la rencontre face à Waasland-Beveren.

PAS D'ATTAQUE

Quelques minutes après un match nul forcément teinté de déception face aux hommes d' Adnan Custovic, Mazzù s'affaire à éteindre le début d'un incendie potentiel : " Je veux que ce soit très vite très clair : je ne pense pas que le départ de Cristian Benavente ait un rapport avec le fait que nous ayons été menés 0-2 aujourd'hui. L'absence de Cristian n'a rien à voir avec le résultat. Sans lui, nous avons aussi réussi à mettre deux buts. "

Le problème semblait plutôt ailleurs. Dans la déconcentration de début de rencontre, d'abord, qui a permis aux visiteurs de mener 0-2 en deux actions décisives de Nana Ampomah. Et dans le manque de solutions offensives sur le banc, ensuite. Dans les arrêts de jeu, le remplacement de Javier Martos par Cristophe Diandy était le changement le plus offensif qui restait à la disposition du staff carolo, après la montée au jeu de David Henen. Symptôme d'un noyau déséquilibré, qui comptait six défenseurs centraux dans une sélection de 21 noms pour cette rencontre.

Comme cinq mois plus tôt, Mouscron peut pallier les plaies ouvertes suite à un transfert inattendu. En août, Adama Niane avait réconcilié l'équipe avec un public qui pleurait encore le départ de Rezaei. Le 1er février, c'est au Canonnier que les Ultras carolos, qui ont scandé le nom de Cristian Benavente avant le coup d'envoi face à Beveren, espèrent se consoler. Avec, de préférence, un ou deux nouveaux joueurs directement opérationnels pour se relancer une nouvelle fois dans la course aux play-offs 1.

Par Guillaume Gautier

Charleroi, c'était surtout lui. Bien sûr, Felice Mazzù a tenté de convaincre ses hommes du contraire, rassemblant son vestiaire pour lui rappeler que le groupe était toujours au-dessus d'un individu, aussi talentueux soit-il. Il n'empêche qu'en ce mardi matin de janvier, moins de 48 heures après un succès historique ramené de Bruges, le ciel enneigé tombe sur la tête du coach carolo et de son staff. Mehdi Bayat leur apprend alors le départ de Cristian Benavente, embarqué dans une surenchère venue du Moyen-Orient et finalement déposé au Pyramids FC contre une somme coquette, dépassant allégrement les six millions d'euros. La trésorerie arbore un large sourire, mais le terrain tire la gueule. Directement impliqué dans 12 des 33 buts inscrits par les Zèbres depuis le début de saison, le Péruvien était devenu le centre de gravité du football carolo depuis le départ de son acolyte Kaveh Rezaei, envolé vers Bruges au bout du mois d'août pour un premier coup porté aux rouages offensifs du système Mazzù. À l'époque, la perte de l'Iranien frappe le vestiaire en plein visage. " C'était le joueur qui portait l'équipe à lui tout seul. En le perdant, on a tout de suite eu peur, parce qu'on savait ce qu'on perdait ", explique Nicolas Penneteau. " On a un peu douté. On sortait de matches difficiles, on était dans le creux en termes de résultats (3 points sur 12, ndlr) et le départ de votre meilleur attaquant vous tombe dessus. " " Je préfère la situation d'aujourd'hui à celle du mois d'août ", corrige Felice Mazzù au moment de comparer le départ de Benavente à celui de Rezaei. " Pas par rapport au profil ou au niveau des joueurs, mais simplement parce qu'en août, on sortait d'une défaite douloureuse à Genk alors qu'ici, on vient d'aller gagner à Bruges. " L'homme fort du Mambour dédramatise, sans vraiment cacher un air fataliste. Une nouvelle fois, il doit reconstruire en quelques semaines une animation offensive cohérente pour arracher une qualification en play-offs 1 qui prend des airs d'utopie. " J'ai la solution à court terme ", poursuit Mazzù à la veille de la visite de Waasland-Beveren dans le Pays Noir. Impliqué à l'entraînement, où il se démène sans ménagement, Massimo Bruno est appelé à enfiler le costume de Benavente. Un rôle qu'il connaît, pour l'avoir occupé sous John van den Brom puis, surtout, avec Besnik Hasi chez les Mauves, avant son départ pour l'Autriche. C'est rapidement lui que le staff identifie comme le meilleur atout pour pallier la perte de Benavente, tout en insistant sur la nécessité de renflouer la concurrence du secteur offensif. " Si on avait su, on aurait gardé Romain Grange ", entend-on au bout d'un rire jaune dans les travées du Mambour. Le nom de Ryota Morioka s'immisce rapidement dans les discussions. Si les chiffres du Japonais la saison dernière parlent pour lui, avec 9 buts et 11 passes décisives en 27 rencontres sous les ordres de Philippe Clement au Freethiel, certains au sein du staff doutent de la compatibilité entre son profil et le jeu prôné par les Zèbres. Morioka s'épanouit surtout dans le camp adverse, où il peut faire parler son passing hors-normes et son flair pour s'infiltrer dans la surface au moment idéal, son manque de volume de courses (dans un foot carolo qui demande de longs efforts dans les transitions) et son implication très relative dans le travail défensif font grincer certaines dents. Felice Mazzù a beau rappeler qu'à son arrivée, Cristian Benavente ne défendait jamais, il omet de souligner qu'à l'époque, le Péruvien n'apparaissait que très rarement dans son onze de base. Trois ans plus tard, c'est au bout de l'une de ses prestations tactiques les plus abouties que Benavente a quitté Charleroi. Impressionnant dans son travail sans ballon à Bruges, l'enfant du Real Madrid laisse un vide difficile à combler. " Il était présent dans beaucoup de situations offensives, il marquait beaucoup de buts... On perd un très bon joueur ", souligne Jérémy Perbet en conférence de presse, avant la rencontre face à Waasland-Beveren. Quelques minutes après un match nul forcément teinté de déception face aux hommes d' Adnan Custovic, Mazzù s'affaire à éteindre le début d'un incendie potentiel : " Je veux que ce soit très vite très clair : je ne pense pas que le départ de Cristian Benavente ait un rapport avec le fait que nous ayons été menés 0-2 aujourd'hui. L'absence de Cristian n'a rien à voir avec le résultat. Sans lui, nous avons aussi réussi à mettre deux buts. " Le problème semblait plutôt ailleurs. Dans la déconcentration de début de rencontre, d'abord, qui a permis aux visiteurs de mener 0-2 en deux actions décisives de Nana Ampomah. Et dans le manque de solutions offensives sur le banc, ensuite. Dans les arrêts de jeu, le remplacement de Javier Martos par Cristophe Diandy était le changement le plus offensif qui restait à la disposition du staff carolo, après la montée au jeu de David Henen. Symptôme d'un noyau déséquilibré, qui comptait six défenseurs centraux dans une sélection de 21 noms pour cette rencontre. Comme cinq mois plus tôt, Mouscron peut pallier les plaies ouvertes suite à un transfert inattendu. En août, Adama Niane avait réconcilié l'équipe avec un public qui pleurait encore le départ de Rezaei. Le 1er février, c'est au Canonnier que les Ultras carolos, qui ont scandé le nom de Cristian Benavente avant le coup d'envoi face à Beveren, espèrent se consoler. Avec, de préférence, un ou deux nouveaux joueurs directement opérationnels pour se relancer une nouvelle fois dans la course aux play-offs 1. Par Guillaume Gautier