Encore nonante minutes de jeu, puis le rideau tombera sur la phase régulière du championnat. Un seul match de dimanche sera sans intérêt, celui entre Eupen et Charleroi. Entre deux clubs qui n'ont pas répondu aux attentes. Les germanophones ont vécu une saison sans saveur, malgré leurs qualités techniques au-dessus de la moyenne. Et les Carolos sont en plein marasme, dans une série de neuf points sur 42 après leur 18 sur 18 inaugural. Soit une quinzaine de matches sans gagner pour une équipe qui n'est plus que l'ombre de celle qui était parfaitement organisée cet été.
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Encore nonante minutes de jeu, puis le rideau tombera sur la phase régulière du championnat. Un seul match de dimanche sera sans intérêt, celui entre Eupen et Charleroi. Entre deux clubs qui n'ont pas répondu aux attentes. Les germanophones ont vécu une saison sans saveur, malgré leurs qualités techniques au-dessus de la moyenne. Et les Carolos sont en plein marasme, dans une série de neuf points sur 42 après leur 18 sur 18 inaugural. Soit une quinzaine de matches sans gagner pour une équipe qui n'est plus que l'ombre de celle qui était parfaitement organisée cet été. Charleroi illustre parfaitement le côté capricieux de notre compétition. Il y a quelques mois, Karim Belhocine était le nouveau prince des entraîneurs. Il mettait tellement d'énergie dans son boulot qu'il affirmait ne jamais avoir le temps pour accorder une vraie interview. Mais l'homme est bien tombé de son piédestal entre-temps. Et on a du mal à imaginer qu'il soit toujours au Mambourg quand la prochaine saison démarrera. Le foot a repris chez nous il y a plus de huit mois, il y avait plein de points d'interrogation. À la recherche d'une bonne formule, la Pro League avait offert un drôle de feuilleton dans lequel on ne trouvait aucune trace de solidarité. Au bout du compte, chacun a balayé devant sa porte et on a eu droit à des confrontations d'egos parfois pénibles. À l'époque, on avait réclamé bruyamment plus de clarté et d'indépendance à la Pro League. Entre-temps, pas grand-chose n'a évolué. Le format particulier du championnat de cette année fait que sept clubs vont terminer leur saison dès le week-end prochain. Mais il y a plus de suspense que d'habitude. Pour les places donnant accès aux play-offs 1, mais aussi pour les PO2, où il n'y aura que quatre participants et un ticket européen à prendre. Dans ces PO2, toutes les équipes repartiront sur le même pied, avec le même nombre de points, c'est encore une bizarrerie. Dimanche, Zulte Waregem et Gand batailleront pour y figurer, et ça aussi c'est étonnant. Surtout du côté de La Gantoise, où le quatrième entraîneur de la saison, Hein Vanhaezebrouck, n'a pris que 53% des points mis en jeu. Alors qu'au départ de la saison, le but avoué était de réduire le fossé par rapport à Bruges. C'était en tout cas ce que le président Ivan De Witte expliquait. Aujourd'hui, il ne reste pas grand-chose des prévisions faites avant le début du championnat. On s'attendait par exemple à ce que les deux équipes promues, le Beerschot et Louvain, soient dans le dur. Mais après un été fait d'incertitudes, ces clubs ont directement trouvé le bon rythme. Il est frappant, aussi, que ce Beerschot si audacieux en début de parcours ait la troisième moins bonne défense, mais aussi la troisième meilleure attaque. La seule constante, finalement, c'est la domination de Bruges. Même s'il y a aussi des surprises de ce côté. Ainsi, le Club s'est ménagé une avance XXL sur la concurrence en ayant perdu quatre matches dans son stade, ce qui veut dire que c'est encore plus en déplacement qu'il a fait le boulot. Bruges a pris plus de points hors de ses bases, en marquant plus et en encaissant moins. La défaite du week-end dernier à Anderlecht n'aura aucun effet néfaste. Et c'est une bonne chose que les Mauves aient trouvé, après une saison bien difficile, les ingrédients qui ont si longtemps manqué: l'efficacité et le ressort mental. On a vu ces vertus dans presque tous les gros matches du Sporting. On peut en conclure que ce qu'il manque là-bas, ce n'est pas tellement de la qualité, mais plutôt la bonne mentalité. Vincent Kompany n'a rien pu y changer, pas plus que les autres. Ses analyses d'après-match sont devenues un refrain. On est maintenant curieux de voir quel rôle les Bruxellois vont pouvoir jouer en play-offs 1. Du moins s'ils ne trébuchent pas in extremis dimanche soir sur la pelouse de Saint-Trond.