Il y a prescription, tu peux maintenant dire quels autres clubs te voulaient l'année dernière...

PROTO : Il y avait un intérêt sérieux à Mainz, j'ai rencontré leur directeur sportif. Et puis, c'était concret aussi avec... Monaco. J'y serais devenu deuxième gardien. Je serais maintenant champion de France ! C'est une autre vie hein ! Ça ne s'est pas fait pour une question de timing. Ils me demandaient de patienter, Ostende est arrivé à ce moment-là et j'ai foncé.

Tu ferais comme Guillaume Gillet, qui dit : " Moi au Standard, jamais " ?

PROTO : C'est difficile de se prononcer. Tu ne sais jamais ce que la vie peut te réserver. D'un côté, je comprends sa déclaration. Quand tu as joué autant d'années à Anderlecht et que tu as été hué, insulté autant au Standard... D'un autre côté, quand tu es joueur d'Anderlecht, tu es hué et insulté partout ! Au Standard, à Bruges, ailleurs aussi. Et si Guillaume Gillet n'avait que l'option du Standard pour continuer à jouer au foot, je ne sais pas ce qu'il ferait.

Tu veux dire que tu ne fermerais pas à coup sûr la porte au Standard ou à Charleroi ?

PROTO : Ah, ce serait compliqué, ça s'est sûr... (Il rigole).

Ta guéguerre avec les supporters de ces clubs-là, l'incompatibilité, ça restera un fil rouge de ta carrière. Comment tu l'expliques ?

PROTO : C'est un peu les mêmes publics. Je ne vais pas dire la même classe sociale, mais des gens qui n'ont pas la bonne notion du respect. Et puis, j'ai l'impression que si on ne m'aime pas à Charleroi, c'est parce que j'ai un jour préféré signer à La Louvière que là-bas. J'avais 16 ans et le Sporting me voulait. Il était en D1 mais je suis parti à La Louvière, qui était en D2. Notamment parce qu'ils mettaient une voiture à la disposition de mes parents. Je venais de l'Olympic, aussi. Le rival.

"J'ai peut-être eu des réactions que je n'aurais pas dû avoir au début de ma carrière", KOEN BAUTERS
"J'ai peut-être eu des réactions que je n'aurais pas dû avoir au début de ma carrière" © KOEN BAUTERS

Mais pourquoi ça n'a jamais cliqué avec les supporters du Standard ?

PROTO : J'ai peut-être eu des réactions que je n'aurais pas dû avoir, au début de ma carrière. Ça remonte à ma toute première saison pro, en fait. Avec La Louvière, on va gagner sur le terrain du Standard. Le gardien de l'équipe adverse qui prend des points, tu l'aimes bien ? Non ! J'ai 18 ans à ce moment-là. Et comme les supporters du Standard ne sont pas contents du résultat, ils commencent à balancer des trucs sur le terrain. Dont une poubelle. Oui, une poubelle ! Tu te rends compte ? Je leur fais un geste comme pour leur dire : -Mais vous êtes fous ? Je ne suis pas quelqu'un qui se laisse faire... Ils l'ont mal pris et ça a directement compliqué la relation entre eux et moi.

Je ne trouve pas normal que les spectateurs aient tous les droits dans un stade de foot. On devrait les sanctionner beaucoup plus sévèrement. Ce qui s'est encore passé récemment à Bruges - Anderlecht, tu trouves ça normal ? De quel droit des gars lancent des objets sur la pelouse, sur les entraîneurs, sur les joueurs ? On n'est pas des animaux dans une cage ! OK, ils paient leur place. Mais quand tu vas au théâtre, tu paies aussi ta place. Et là, tu n'insultes pas les comédiens, tu ne lances rien sur la scène. Si tu essaies, ça risque de mal se passer. J'ai directement réagi, on m'a fait une image. Qui n'est pas celle du gars que je suis. Si je n'avais pas eu ces réactions, mon image serait peut-être meilleure. Mais franchement, je peux te dire que je m'en fous. Ce qu'on pense de moi, je m'en fous. Il y a toujours bien un con qui va se lever le matin et critiquer. Si tu passes ta vie à essayer de plaire à tout le monde, tu ne seras jamais heureux.

Par Pierre Danvoye

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Silvio Proto dans votre Sport/Foot Magazine

Il y a prescription, tu peux maintenant dire quels autres clubs te voulaient l'année dernière... PROTO : Il y avait un intérêt sérieux à Mainz, j'ai rencontré leur directeur sportif. Et puis, c'était concret aussi avec... Monaco. J'y serais devenu deuxième gardien. Je serais maintenant champion de France ! C'est une autre vie hein ! Ça ne s'est pas fait pour une question de timing. Ils me demandaient de patienter, Ostende est arrivé à ce moment-là et j'ai foncé.Tu ferais comme Guillaume Gillet, qui dit : " Moi au Standard, jamais " ?PROTO : C'est difficile de se prononcer. Tu ne sais jamais ce que la vie peut te réserver. D'un côté, je comprends sa déclaration. Quand tu as joué autant d'années à Anderlecht et que tu as été hué, insulté autant au Standard... D'un autre côté, quand tu es joueur d'Anderlecht, tu es hué et insulté partout ! Au Standard, à Bruges, ailleurs aussi. Et si Guillaume Gillet n'avait que l'option du Standard pour continuer à jouer au foot, je ne sais pas ce qu'il ferait. Tu veux dire que tu ne fermerais pas à coup sûr la porte au Standard ou à Charleroi ? PROTO : Ah, ce serait compliqué, ça s'est sûr... (Il rigole).Ta guéguerre avec les supporters de ces clubs-là, l'incompatibilité, ça restera un fil rouge de ta carrière. Comment tu l'expliques ? PROTO : C'est un peu les mêmes publics. Je ne vais pas dire la même classe sociale, mais des gens qui n'ont pas la bonne notion du respect. Et puis, j'ai l'impression que si on ne m'aime pas à Charleroi, c'est parce que j'ai un jour préféré signer à La Louvière que là-bas. J'avais 16 ans et le Sporting me voulait. Il était en D1 mais je suis parti à La Louvière, qui était en D2. Notamment parce qu'ils mettaient une voiture à la disposition de mes parents. Je venais de l'Olympic, aussi. Le rival. Mais pourquoi ça n'a jamais cliqué avec les supporters du Standard ?PROTO : J'ai peut-être eu des réactions que je n'aurais pas dû avoir, au début de ma carrière. Ça remonte à ma toute première saison pro, en fait. Avec La Louvière, on va gagner sur le terrain du Standard. Le gardien de l'équipe adverse qui prend des points, tu l'aimes bien ? Non ! J'ai 18 ans à ce moment-là. Et comme les supporters du Standard ne sont pas contents du résultat, ils commencent à balancer des trucs sur le terrain. Dont une poubelle. Oui, une poubelle ! Tu te rends compte ? Je leur fais un geste comme pour leur dire : -Mais vous êtes fous ? Je ne suis pas quelqu'un qui se laisse faire... Ils l'ont mal pris et ça a directement compliqué la relation entre eux et moi. Je ne trouve pas normal que les spectateurs aient tous les droits dans un stade de foot. On devrait les sanctionner beaucoup plus sévèrement. Ce qui s'est encore passé récemment à Bruges - Anderlecht, tu trouves ça normal ? De quel droit des gars lancent des objets sur la pelouse, sur les entraîneurs, sur les joueurs ? On n'est pas des animaux dans une cage ! OK, ils paient leur place. Mais quand tu vas au théâtre, tu paies aussi ta place. Et là, tu n'insultes pas les comédiens, tu ne lances rien sur la scène. Si tu essaies, ça risque de mal se passer. J'ai directement réagi, on m'a fait une image. Qui n'est pas celle du gars que je suis. Si je n'avais pas eu ces réactions, mon image serait peut-être meilleure. Mais franchement, je peux te dire que je m'en fous. Ce qu'on pense de moi, je m'en fous. Il y a toujours bien un con qui va se lever le matin et critiquer. Si tu passes ta vie à essayer de plaire à tout le monde, tu ne seras jamais heureux. Par Pierre DanvoyeRetrouvez l'intégralité de l'interview de Silvio Proto dans votre Sport/Foot Magazine