Une saison jugée à la photo-finish. " Et un match qui reflète notre saison, finalement ", autopsie Mehdi Bayat dans les couloirs du Bosuil. L'homme fort du Sporting carolo dissèque le déroulement d'une saison au goût de trop peu. Le scénario prenait pourtant des airs de conte de fées quand, douze minutes après le record du but de plus précoce de l'histoire du championnat inscrit par Victor Osimhen, un coup franc autant imparable qu'improbable de Dorian Dessoleil secouait les filets de Sinan Bolat.
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Une saison jugée à la photo-finish. " Et un match qui reflète notre saison, finalement ", autopsie Mehdi Bayat dans les couloirs du Bosuil. L'homme fort du Sporting carolo dissèque le déroulement d'une saison au goût de trop peu. Le scénario prenait pourtant des airs de conte de fées quand, douze minutes après le record du but de plus précoce de l'histoire du championnat inscrit par Victor Osimhen, un coup franc autant imparable qu'improbable de Dorian Dessoleil secouait les filets de Sinan Bolat. Quatre jours plus tôt, Osimhen avait déjà fait voler les Zèbres à Courtrai. Le Nigérian a frappé fort pour sa semaine d'adieux, inscrivant trois buts marquants pour atteindre le total de 19 sur l'ensemble de sa brève mais intense aventure carolo. Élu Zèbre d'or par le public du Mambour au bout des play-offs 2, l'attaquant prêté par Wolfsburg est l'incarnation d'une saison qui, si elle conserve un air inachevé sur le plan sportif, aura permis au Sporting de faire des bonds de géant dans la santé financière du club. Contraint de lutter contre des équipes qu'il juge parfois dopées à coups de millions et construites artificiellement, Mehdi Bayat ne cache pas qu'il continuera à " faire du Charleroi ". Pas question de tomber dans la surenchère financière sur le marché des transferts suite aux sommes reçues en échange des ventes de Kaveh Rezaei et Cristian Benavente, qui seront bientôt suivies par celle d'Osimhen. Le Nigérian, arrivé en prêt après avoir été refusé par Zulte Waregem et Bruges, est le symbole de ce Charleroi qui mise sur des revanchards, avides de manger chaque centimètre carré de pelouse et d'y semer des échantillons de talent. Sur le pré comme en dehors, le Super Eagle rappelle le Romelu Lukaku des origines. Cette même puissance systématiquement orientée vers le but. Ces longues courses qui semblent inarrêtables. Cette attention presque excessive portée au moindre détail, qui amenait le buteur des Zèbres à regarder des vidéos des défenseurs adverses avant chacune de ses rencontres. Cette quête du progrès quotidien. La trajectoire ne prendra peut-être pas immédiatement la route de l'Angleterre, puisque Lille semble depuis de nombreuses semaines en pole position pour s'offrir les services de l'attaquant, qui deviendra quoi qu'il arrive le transfert sortant le plus cher de l'histoire de Charleroi. Revigorés par des ventes qui ont rapidement fait oublier le manque à gagner d'une absence des play-offs 1, les comptes carolos peuvent désormais se tourner vers l'avenir, avec des projets à la pelle qui seront prochainement présentés dans un nouveau plan, amené à succéder au fameux plan 3-6-9 devenu désuet depuis que les Zèbres ont bouclé la plupart des objectifs avec une belle longueur d'avance sur leur agenda. Place, désormais, au plan " Horizon 2023 ", qui devrait notamment s'axer autour d'un centre d'entraînement enfin digne de la D1, d'un stade qui pourrait voir le jour dans le grand Charleroi et d'une école des jeunes toujours plus renforcée. Y aura-t-il un nouveau capitaine à la barre du navire zébré ? Un temps calmée par la perspective d'une qualification européenne et les réticences d' Ivan De Witte à en faire son futur entraîneur malgré les envies de certains membres influents du board gantois, la question de l'avenir de Felice Mazzù est revenue sur la table quand son nom a été lié à la succession de Philippe Clement chez les champions en titre dans la presse du nord du pays. Devant la presse, l'intéressé a balayé les suppositions avec l'appui d'un Laszlo Bölöni d'humeur volubile. Une porte plus loin, Mehdi Bayat reconnaissait quant à lui qu'il avait demandé aux éventuels candidats de ne pas parler avec son coach jusqu'au terme de la saison et espérait que ses souhaits avaient été exaucés. Tout en concédant que, " à contrecoeur ", il allait peut-être devoir se mettre en quête d'un nouvel entraîneur. De quoi confirmer une tendance qui s'était précisée au Mambour ces derniers mois, atteignant son paroxysme après le départ de Benavente : Mazzù a envie de changer d'air, et certains au sein du club sentent qu'il est temps d'entamer un nouveau cycle. " Je vais bien me reposer lundi, et puis on parlera avec Mehdi ", concluait le coach, visiblement peu enclin à s'étendre sur le sujet. Le coup de sifflet final de la saison vient à peine de retentir, et voilà déjà que s'enchaîne le coup d'envoi d'une semaine cruciale pour le futur du club zébré.