Charleroi n'est pas réputé pour être un des " gros payeurs " de la D1.

BAYAT : On ne paie évidemment pas les mêmes salaires que le top 5 belge. Ni qu'Ostende, qui vit en surrégime, avec tout le respect que j'ai pour Marc Coucke qui a sorti le club de la grisaille. Mais je peux vous dire que le Sporting est loin d'être le club qui paie le moins bien en Belgique. On a instauré un système de variables en fonction des résultats qui plaît beaucoup aux joueurs, et on n'hésite pas à prolonger un contrat à deux ou trois reprises. Le but, c'est d'essayer de faire en sorte que quand des clubs plus riches financièrement - et pas sportivement - font une offre à un de nous joueurs, on puisse lui faire valoir que la différence salariale n'est pas si énorme, et on rappelle l'importance d'un projet sportif qui grandit.

C'était le cas avec Ndongala en janvier, par exemple ?

BAYAT : Oui, Didi a accepté le discours que je lui ai tenu et a décidé de continuer au moins jusqu'en fin de saison avec Charleroi.

Il ne pouvait pas gagner le double ou le triple en allant à Gand ou au Standard ?

BAYAT : Au Standard, certainement pas. Peut-être qu'à Gand ou ailleurs, il aurait pu avoir... (il réfléchit) 50 ou 60% de plus que ce qu'il a actuellement à Charleroi.

L'été dernier, vous aviez déjà eu des conversations assez animées avec lui et avec Kebano au sujet d'offres de transferts...

BAYAT : Un joueur de foot, c'est quelqu'un de fragile. On parle de garçons qui ont entre 22 et 24 ans et qui reçoivent une grande pression extérieure de la part de leur famille ou de leur entourage qui leur dit qu'il va gagner deux, trois fois son salaire actuel en allant ailleurs. Cette pression, elle peut faire vaciller n'importe quel être humain. Et c'est là que pour nous, comme on n'a pas cette arme financière, le projet est tellement important. Il apporte ces petites choses supplémentaires qui font qu'un joueur va s'identifier à un club, et se dire que l'argent ne fait pas tout. C'est rare, mais ça existe encore.

L'objectif, à terme, ce sera de pouvoir renverser la tendance et dépenser de l'argent pour attirer un bon joueur de D1 à Charleroi ?

BAYAT : On publie des bilans financiers extraordinaires depuis la reprise du club. Et cette année, je peux déjà vous dire qu'on publiera un bénéfice de trois ou quatre millions d'euros. Mais cette rentabilité est fragile. On est en train de mettre en place une petite trésorerie en cas de coup dur. On pourrait s'emballer et aller chercher des joueurs, ou multiplier par deux la masse salariale du club. Mais je dois rester cohérent, ne pas être en surrégime. Dans les deux ou trois prochaines années, j'aimerais pouvoir me positionner pour acheter des joueurs dans des clubs de D1 de moindre envergure, mais on ne doit pas péter plus haut que notre cul. Il faut acheter en fonction de nos moyens, sans dépendre d'une éventuelle qualification aux play-offs 1 pour rentabiliser ce transfert.

Par Thomas Bricmont et Guillaume Gautier

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Mehdi Bayat dans votre Sport/Foot Magazine

Charleroi n'est pas réputé pour être un des " gros payeurs " de la D1.BAYAT : On ne paie évidemment pas les mêmes salaires que le top 5 belge. Ni qu'Ostende, qui vit en surrégime, avec tout le respect que j'ai pour Marc Coucke qui a sorti le club de la grisaille. Mais je peux vous dire que le Sporting est loin d'être le club qui paie le moins bien en Belgique. On a instauré un système de variables en fonction des résultats qui plaît beaucoup aux joueurs, et on n'hésite pas à prolonger un contrat à deux ou trois reprises. Le but, c'est d'essayer de faire en sorte que quand des clubs plus riches financièrement - et pas sportivement - font une offre à un de nous joueurs, on puisse lui faire valoir que la différence salariale n'est pas si énorme, et on rappelle l'importance d'un projet sportif qui grandit. C'était le cas avec Ndongala en janvier, par exemple ?BAYAT : Oui, Didi a accepté le discours que je lui ai tenu et a décidé de continuer au moins jusqu'en fin de saison avec Charleroi.Il ne pouvait pas gagner le double ou le triple en allant à Gand ou au Standard ?BAYAT : Au Standard, certainement pas. Peut-être qu'à Gand ou ailleurs, il aurait pu avoir... (il réfléchit) 50 ou 60% de plus que ce qu'il a actuellement à Charleroi.L'été dernier, vous aviez déjà eu des conversations assez animées avec lui et avec Kebano au sujet d'offres de transferts...BAYAT : Un joueur de foot, c'est quelqu'un de fragile. On parle de garçons qui ont entre 22 et 24 ans et qui reçoivent une grande pression extérieure de la part de leur famille ou de leur entourage qui leur dit qu'il va gagner deux, trois fois son salaire actuel en allant ailleurs. Cette pression, elle peut faire vaciller n'importe quel être humain. Et c'est là que pour nous, comme on n'a pas cette arme financière, le projet est tellement important. Il apporte ces petites choses supplémentaires qui font qu'un joueur va s'identifier à un club, et se dire que l'argent ne fait pas tout. C'est rare, mais ça existe encore. L'objectif, à terme, ce sera de pouvoir renverser la tendance et dépenser de l'argent pour attirer un bon joueur de D1 à Charleroi ?BAYAT : On publie des bilans financiers extraordinaires depuis la reprise du club. Et cette année, je peux déjà vous dire qu'on publiera un bénéfice de trois ou quatre millions d'euros. Mais cette rentabilité est fragile. On est en train de mettre en place une petite trésorerie en cas de coup dur. On pourrait s'emballer et aller chercher des joueurs, ou multiplier par deux la masse salariale du club. Mais je dois rester cohérent, ne pas être en surrégime. Dans les deux ou trois prochaines années, j'aimerais pouvoir me positionner pour acheter des joueurs dans des clubs de D1 de moindre envergure, mais on ne doit pas péter plus haut que notre cul. Il faut acheter en fonction de nos moyens, sans dépendre d'une éventuelle qualification aux play-offs 1 pour rentabiliser ce transfert.Par Thomas Bricmont et Guillaume GautierRetrouvez l'intégralité de l'interview de Mehdi Bayat dans votre Sport/Foot Magazine