L'Antwerp à la mi-temps du match contre le Cercle ce dimanche, c'était 58% de possession pour seulement trois tirs. Et ce n'était pas la première fois que ça se produisait. En seconde mi-temps, et un peu grâce à l'ouverture rapide du score, l'Antwerp a redressé la barre avec neuf tirs, dont trois ont atteint la cible.
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L'Antwerp à la mi-temps du match contre le Cercle ce dimanche, c'était 58% de possession pour seulement trois tirs. Et ce n'était pas la première fois que ça se produisait. En seconde mi-temps, et un peu grâce à l'ouverture rapide du score, l'Antwerp a redressé la barre avec neuf tirs, dont trois ont atteint la cible. Au coup d'envoi de la rencontre, un seul nom avait disparu par rapport au match de la semaine précédente contre le Club Bruges: celui de Michel-AngeBalikwisha. L'ancien Standardman avait débuté sur le banc alors que ViktorFischer était titulaire, et ce pour la première fois depuis le match contre Zulte, deux semaines plus tôt. C'est plutôt positif: après cinq mois, BrianPriske sait qu'il est temps d'opérer des choix fixes. Le temps des expériences est derrière lui, il faut maintenant de la stabilité.Tout est plus pénible que prévu à Deurne. Pas en termes de points, mais bien au niveau du jeu. Le Great Old s'est bien retrouvé en tête il y a quelques semaines, mais son classement et les treize buts de MichaelFrey camouflent certaines lacunes offensives. Le Suisse, qui a encore marqué dimanche, ne peut maintenir un tel rythme chaque semaine. Résultat, l'Antwerp a eu du mal à plier ses matches, avec en "point d'orgue" cette élimination en Coupe contre Westerlo. Et malgré son meilleur buteur, l'Antwerp a la plus mauvaise attaque du top 8. En théorie, AllySamatta est le meilleur avant-centre du noyau. Il est le plus rapide, celui qui conserve le mieux le ballon et dont le sens du but est le plus aiguisé. Las, il n'a pas encore marqué en championnat (mais bien en Coupe). Frey, qui a converti son deuxième penalty dimanche, est bien plus en réussite, c'est un gars finaud, une bête d'entraînement. Quand l'équipe ne tourne pas trop bien, on n'écarte pas un joueur comme lui. L'équipe lui doit une fière chandelle, mais dans les faits, il l'empêche de développer un autre football: un jeu plus fluide, qui lui permettrait peut-être d'obtenir un meilleur rendement. Quand Frey est obligé de quitter le rectangle pour participer au jeu et obtenir plus de ballons, il devient subitement moins rentable. Comme Priske ne peut pas non plus laisser une vedette comme Samatta trop longtemps sur le banc, il procède à des essais: à gauche, ou en pointe du trident offensif. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ce n'est pas vraiment le point fort de l'ancien Genkois, qui fait de son mieux, mais dégage peu d'assurance. Même contre Westerlo. Malgré l'euphorie de la qualif' pour les poules de l'Europa League acquise fin août contre l'Omonia, Priske a appris avec effarement qu'en cas d'élimination, la direction aurait évoqué un licenciement. Une telle pression, si vite, alors qu'il avait hérité d'une équipe complètement remaniée? D'autant plus qu'à ce moment-là, l'Antwerp développait un excellent football. OK, il encaissait beaucoup trop de buts, mais heureusement pour lui, JeanButez et BirgerVerstraete, qui comblait beaucoup de brèches, étaient brillants. Le gardien a maintenu son équipe dans le peloton de tête et a eu une large part dans le quinze sur quinze réalisé entre le 11 septembre et le 3 octobre. Les deux trêves internationales ont donné à l'entraîneur le temps de remodeler son équipe. Il a mis ces breaks à profit pour travailler la condition de certains joueurs, mais a également revu son occupation de terrain. PieterGerkens est venu en soutien de RadjaNainggolan en perte de balle, tout en apportant son efficacité depuis l'entrejeu. Yussuf apporte lui un gros volume de jeu et beaucoup d'abattage. Puis Nainggolan s'est blessé. Une déchirure musculaire le retarde toujours. Au final, la star anversoise n'a révélé que 30% de ce qu'elle devrait montrer sur papier. La défense a dû être remaniée à cause de nombreuses blessures. RitchieDeLaet a déjà joué à gauche, à droite et dans l'axe. JelleBataille à gauche et à droite. SamVines s'est brisé la clavicule et s'est retrouvé sur la touche pendant des semaines. AurélioButa et BjörnEngels étaient un temps indisponibles, ce qui a conduit l'Antwerp à procéder à un transfert-panique, DorianDessoleil, et a engendré encore plus d'instabilité. Celle-ci a aujourd'hui disparu: dimanche, l'Antwerp n'a rien concédé au Cercle. La défaite en Coupe à Westerlo? Un accident de parcours. Ces dernières semaines, l'Antwerp est rarement pris de court dans le jeu. Priske a accompli de l'excellent travail de ce point de vue. L'entraîneur cherche encore un ingrédient: du liant. Pour diverses raisons, plusieurs joueurs n'ont pas été capables de faire monter la mayonnaise. Nainggolan accuse un trop gros retard de préparation, Balikwisha est trop irrégulier, de même que KojiMiyoshi, qui n'a d'ailleurs pas encore été titularisé, Gerkens est un travailleur, Samatta est mal placé en tant qu'attaquant et JohannesEggenstein, un élément offensif, est encore trop léger. FarisHaroun en serait capable, mais n'est-il pas trop âgé? Même le jeune PierreDwomoh a reçu sa chance, mais on ne peut pas demander à un gamin de 17 ans de prendre le contrôle de l'équipe, même s'il regorge de talent. L'Antwerp s'est tourné vers Fischer, qui a tenté d'apporter à ses équipiers ce dont ils ont besoin: du leadership, de la sécurité ballon au pied et donc du liant. Il y a quelques semaines, son entrée au jeu a plié le match à l'Union. Mais dimanche, la météo ne lui convenait pas: trop de pluie, un terrain trop lourd, trop de duels, et après plusieurs semaines sans temps de jeu, un manque de condition physique. C'est donc pour cela que l'Antwerp est irrégulier, alors que deux missions cruciales l'attendent cette semaine: une qualif' européenne contre Fenerbahçe, puis un match de prestige contre Anderlecht. L'entraîneur a en tout cas appris une chose: après des mois d'expérience, le moment est venu d'instaurer plus de stabilité dans sa composition s'il veut sortir de l'ornière. La rotation ne réussit à personne: ceux qui sont remplacés se demandent quelles erreurs ils ont commises, ceux qui sont convoqués nourrissent de faux espoirs et se retrouvent sur le banc la semaine suivante. Parfois, le luxe d'un noyau très étoffé (jeudi à Westerlo, Priske a aligné son trentième joueur de la saison, OrtwinDe Wolf) peut aussi se retourner contre lui.