Il était écrit que tous les vents allaient être favorables au Club Bruges dans cette campagne 1987-1988 de la Coupe de l'UEFA. Premier adversaire, le Zenit Leningrad, qui allait devenir Zenit Saint-Pétersbourg. Les Flandriens se sont inclinés 2-0 là-bas puis ont tout renversé au match retour: 5-0 et qualification.

"Cette année-là, on disait que l'équipe de Bruges était une équipe qui n'arrêtait pas de faire la fête", a déclaré Leo Van der Elst il y a quelques mois. "L'ambiance était incroyable. On faisait les fous à certains moments mais on savait aussi bien bosser. Sans ça, tu ne te qualifies pas pour une demi-finale de Coupe d'Europe. On était des vrais potes. Il nous arrivait de sortir ensemble jusqu'à deux heures du matin, mais à neuf heures, on était dans la salle des joueurs, et à dix, on crachait nos poumons sur le terrain. Après les matches européens, on allait toujours boire un verre, peu importe le résultat."

Au deuxième tour, le Borussia Dortmund écrase à son tour le Club, en Allemagne: 3-0. "Le coach, Henk Houwaart, a dit après le match qu'il était hors de question de quitter l'hôtel. Ça ne nous convenait pas et on a envoyé Jan Ceulemans pour l'amadouer." Le soir du retour, il fait un froid de canard. Et malgré le score de l'aller, le stade est bondé.

Un match que Leo Van der Elst n'est pas près d'oublier. "Peut-être que ça a été le meilleur match de ma carrière, avec mon penalty décisif converti en quart de finale de la Coupe du monde 1986. Je n'avais plus joué depuis plusieurs semaines, et subitement, Houwaart m'a relancé. J'étais motivé comme jamais, bien décidé à montrer ce que j'avais dans le ventre. Malgré le score de l'aller, on se disait qu'un miracle restait possible. Le groupe dégoulinait d'adrénaline. Il faisait caillant, mais on s'est tous présentés sur le terrain en manches courtes."

Un but rapide de Ceulemans a commencé à convaincre les supporters brugeois aussi que ça pouvait se faire. Franky Van der Elst, furieux en début de saison quand Houwaart lui avait fait quitter sa place de libero pour montrer dans l'entrejeu, a joué un match de malade. Tout comme Marc Degryse, occupé à devenir le patron du Club aux côtés de Ceulemans. "Bruges, c'était Ceulemans", dit Leo Van der Elst. "Aujourd'hui, il ferait partie des meilleurs joueurs en Europe. Il savait tout faire."

Après nonante minutes, c'est 3-0. Prolongations. Le Club continue à pousser et ça se finit sur un 5-0 surréaliste. ""Cette saison-là, on n'avait jamais l'impression qu'on n'avait aucune chance de gagner", continue Leo Van der Elst. "Si Tew Mamadou n'avait pas fait une grosse erreur en demi contre l'Espanyol Barcelone, on aurait joué la finale."

Feuille de match

Buts: Ceulemans 9e, Leo Van der Elst (penalty) 48e, Leo Van der Elst 83e, Franky Van der Elst 98e, Leo Van der Elst (penalty) 107e

Bruges: Vande Walle, Broos, Van Wijk, Mamadou, Beyens, Leo Van der Elst, Franky Van der Elst (Vereycken), Creve, Ceulemans, Rosenthal (Serge Kimoni), Degryse

Dortmund: De Beer, Helmer, Kutowski, Storck, Kleppinger, Pagelsdorf, MacLeod, Spyrka, Lusch, Mill (Dickel), Simmes (Banach)

Stade Jan Breydel, Bruges

Coupe de l'UEFA, huitième de finale

9 décembre 1987

Il était écrit que tous les vents allaient être favorables au Club Bruges dans cette campagne 1987-1988 de la Coupe de l'UEFA. Premier adversaire, le Zenit Leningrad, qui allait devenir Zenit Saint-Pétersbourg. Les Flandriens se sont inclinés 2-0 là-bas puis ont tout renversé au match retour: 5-0 et qualification."Cette année-là, on disait que l'équipe de Bruges était une équipe qui n'arrêtait pas de faire la fête", a déclaré Leo Van der Elst il y a quelques mois. "L'ambiance était incroyable. On faisait les fous à certains moments mais on savait aussi bien bosser. Sans ça, tu ne te qualifies pas pour une demi-finale de Coupe d'Europe. On était des vrais potes. Il nous arrivait de sortir ensemble jusqu'à deux heures du matin, mais à neuf heures, on était dans la salle des joueurs, et à dix, on crachait nos poumons sur le terrain. Après les matches européens, on allait toujours boire un verre, peu importe le résultat."Au deuxième tour, le Borussia Dortmund écrase à son tour le Club, en Allemagne: 3-0. "Le coach, Henk Houwaart, a dit après le match qu'il était hors de question de quitter l'hôtel. Ça ne nous convenait pas et on a envoyé Jan Ceulemans pour l'amadouer." Le soir du retour, il fait un froid de canard. Et malgré le score de l'aller, le stade est bondé.Un match que Leo Van der Elst n'est pas près d'oublier. "Peut-être que ça a été le meilleur match de ma carrière, avec mon penalty décisif converti en quart de finale de la Coupe du monde 1986. Je n'avais plus joué depuis plusieurs semaines, et subitement, Houwaart m'a relancé. J'étais motivé comme jamais, bien décidé à montrer ce que j'avais dans le ventre. Malgré le score de l'aller, on se disait qu'un miracle restait possible. Le groupe dégoulinait d'adrénaline. Il faisait caillant, mais on s'est tous présentés sur le terrain en manches courtes."Un but rapide de Ceulemans a commencé à convaincre les supporters brugeois aussi que ça pouvait se faire. Franky Van der Elst, furieux en début de saison quand Houwaart lui avait fait quitter sa place de libero pour montrer dans l'entrejeu, a joué un match de malade. Tout comme Marc Degryse, occupé à devenir le patron du Club aux côtés de Ceulemans. "Bruges, c'était Ceulemans", dit Leo Van der Elst. "Aujourd'hui, il ferait partie des meilleurs joueurs en Europe. Il savait tout faire."Après nonante minutes, c'est 3-0. Prolongations. Le Club continue à pousser et ça se finit sur un 5-0 surréaliste. ""Cette saison-là, on n'avait jamais l'impression qu'on n'avait aucune chance de gagner", continue Leo Van der Elst. "Si Tew Mamadou n'avait pas fait une grosse erreur en demi contre l'Espanyol Barcelone, on aurait joué la finale."