Et dire que sans la règle selon laquelle les meilleurs troisièmes pouvaient eux aussi accéder au tour suivant, la Coupe du monde 1986 se serait terminée dès ce premier tour pour la Belgique...

Ce huitième de finale va tout changer. L'adversaire ? La grande URSS, un sacré client dans ce tournoi. "C'était la meilleure équipe que nous ayons jamais eue", se souvient Boris Bogdanov, journaliste sportif russe. "Les attentes étaient élevées, car on faisait figure de favoris. Au pays, on tout le monde s'attendait au moins à une place en demi-finale."

C'était l'avant-dernier tournoi de l'Union soviétique sous sa forme, avec une équipe entraînée par le légendaire Valeri Lobanovski. Après sa deuxième victoire en Coupe d'Europe avec le Dynamo Kiev, il avait également pris les rênes de l'équipe nationale, tout en restant sur le banc du Dynamo. Un poste qu'il a occupé jusqu'en 1990, un an avant l'effondrement du pays. L'équipe soviétique de 1986 était donc largement composée de joueurs du Dynamo Kiev, plus gros fournisseur de la sélection.

Parmi eux, on retrouvait deux stars absolues : Oleksandr Zavarov et Igor Belanov. Ce dernier ne mesurait que 174 cm, mais il s'agissait d'un milieu de terrain costaud et rapide. Il sera même élu Ballon d'Or cette année-là, malgré l'empreinte laissée par Diego Maradona sur ce Mondial 86. C'est aussi lui donnera l'avantage aux Soviétiques à deux reprises, avant de marquer le troisième but sur penalty. C'est presque un miracle que les Belges n'aient pas encore été tués par leurs adversaires à la pause, tant ceux-ci se créent des opportunités. Mais dans les cages belges, Jean-Marie Pfaff tient bon. Après la pause, le vent a tourné et les Belges frappent en prolongations.

D'une qualité exquise, cette rencontre est restée l'un des matches internationaux les plus divertissants jamais disputés. Les commentateurs de la BBC se montrent eux aussi très enthousiastes.

En Union soviétique, ce match reste dans les mémoires pour des raisons bien différentes des nôtres, nous explique notre confrère russe, Boris Bogdanov : "Nous nous sommes sentis floués, tout le monde était convaincu que quelques-uns des buts belges avaient été inscrits sur hors-jeu. Mais plus tard, une enquête a été menée et il s'est avéré que ce n'était pas le cas. Disons que nos joueurs étaient trop sûrs d'eux." Notamment Belanov, dont la suite de la carrière (en Allemagne et en Ukraine, nouvellement créée) ne sera sans doute pas à la hauteur de son talent.

Feuille de match

Buts : Belanov 27e, 70e et 111e/Scifo 56e, Ceulemans 77e, Demol 102e, Claesen 110e

Belgique : Pfaff, Gerets (Van der Elst), Grün (Clijsters), Renquin, Demol, Vervoort, Scifo, Vercauteren, Ceulemans, Veyt, Claesen

URSS : Dassaev, Bessonov, Bal, Kuznetsov, Demianenko, Yaremchuk, Iakovenko, Rats, Aleinikov, Zavarov, Belanov

Estadio León, León

8e de finale Mondial 86

15 juin 1986

Et dire que sans la règle selon laquelle les meilleurs troisièmes pouvaient eux aussi accéder au tour suivant, la Coupe du monde 1986 se serait terminée dès ce premier tour pour la Belgique...Ce huitième de finale va tout changer. L'adversaire ? La grande URSS, un sacré client dans ce tournoi. "C'était la meilleure équipe que nous ayons jamais eue", se souvient Boris Bogdanov, journaliste sportif russe. "Les attentes étaient élevées, car on faisait figure de favoris. Au pays, on tout le monde s'attendait au moins à une place en demi-finale."C'était l'avant-dernier tournoi de l'Union soviétique sous sa forme, avec une équipe entraînée par le légendaire Valeri Lobanovski. Après sa deuxième victoire en Coupe d'Europe avec le Dynamo Kiev, il avait également pris les rênes de l'équipe nationale, tout en restant sur le banc du Dynamo. Un poste qu'il a occupé jusqu'en 1990, un an avant l'effondrement du pays. L'équipe soviétique de 1986 était donc largement composée de joueurs du Dynamo Kiev, plus gros fournisseur de la sélection.Parmi eux, on retrouvait deux stars absolues : Oleksandr Zavarov et Igor Belanov. Ce dernier ne mesurait que 174 cm, mais il s'agissait d'un milieu de terrain costaud et rapide. Il sera même élu Ballon d'Or cette année-là, malgré l'empreinte laissée par Diego Maradona sur ce Mondial 86. C'est aussi lui donnera l'avantage aux Soviétiques à deux reprises, avant de marquer le troisième but sur penalty. C'est presque un miracle que les Belges n'aient pas encore été tués par leurs adversaires à la pause, tant ceux-ci se créent des opportunités. Mais dans les cages belges, Jean-Marie Pfaff tient bon. Après la pause, le vent a tourné et les Belges frappent en prolongations. D'une qualité exquise, cette rencontre est restée l'un des matches internationaux les plus divertissants jamais disputés. Les commentateurs de la BBC se montrent eux aussi très enthousiastes.En Union soviétique, ce match reste dans les mémoires pour des raisons bien différentes des nôtres, nous explique notre confrère russe, Boris Bogdanov : "Nous nous sommes sentis floués, tout le monde était convaincu que quelques-uns des buts belges avaient été inscrits sur hors-jeu. Mais plus tard, une enquête a été menée et il s'est avéré que ce n'était pas le cas. Disons que nos joueurs étaient trop sûrs d'eux." Notamment Belanov, dont la suite de la carrière (en Allemagne et en Ukraine, nouvellement créée) ne sera sans doute pas à la hauteur de son talent.