"Ça fait juste 20 ans et on m'en parle encore régulièrement." Si vous voulez arracher une larme de nostalgie à Walter Baseggio, c'est sans doute ce match qu'il faut évoquer avec lui. Il en a encore plein la bouche. Le décor sur la ligne de départ de cette édition 2000-2001 de la Ligue des Champions : un groupe très corsé pour Anderlecht. "On tire United, le Dynamo Kiev qui était un grand et un PSV au sommet de son art. À ce moment-là, on se dit que ce serait déjà un exploit de finir à la troisième place et d'être reversés en Coupe de l'UEFA."

Effectivement, le premier rendez-vous des Bruxellois confirme que ça ne va pas être de la tarte. Ils sont laminés 5-1 à Old Trafford. "On s'était dit qu'on allait essayer de gagner tous nos matches, mais ce jour-là, on a vite compris que quand un monstre comme Manchester commençait à accélérer, on ne jouait plus à la même chose", poursuit Baseggio. Il y a ensuite une victoire à domicile contre le PSV, suivie d'une nouvelle désillusion away : un 4-0 sans discussion à Kiev. Le retour contre les Ukrainiens est un moment clé de la campagne. "On a joué une première mi-temps extraordinaire et finalement gagné 4-2. Une semaine plus tard, United venait chez nous et on avait fait le plein de confiance. Ne me demande pas de revenir sur le discours d'Aimé Anthuenis... Quand il y avait un gros rendez-vous, il était chaque fois cent fois plus stressé que n'importe quel joueur et il ne disait pas grand-chose. Certains de nos joueurs se sentaient sous pression, mais pas tout le monde... Il y en a qui restaient prostrés sur leur chaise dans le vestiaire en fixant une armoire. Moi, avec Olivier Doll, Alin Stoica et Bertrand Crasson, on allait dans une petite salle et on se marrait en faisant du tennis-ballon."

Il y a des campagnes européennes où un grand comme Manchester lance une équipe B ou C quand la messe est dite, quand la qualification est déjà en poche. Mais ce n'est pas du tout le cas ce soir-là parce que tout reste à faire. Côté anglais, on découvre dans le onze de base des cracks mondiaux comme Fabien Barthez, David Beckham, Paul Scholes, Ryan Giggs,...

"Ils n'ont sûrement pas pris ce match à la légère, ils ne nous ont pas pris de haut malgré le score du match chez eux", nous dit encore le Walt. "Simplement, ça a été une soirée parfaite pour nous. Tout nous a réussi dès les premières minutes. Anthuenis voulait qu'on les presse haut, qu'on les empêche d'avancer dans notre camp, parce que quand un gars comme Giggs était lancé, tu ne l'arrêtais plus, bien souvent. Alors, on a pressé, pressé. On a été parfaits, physiquement et mentalement. Ils nous ont seulement fait souffrir et craindre pour le score dans la dernière demi-heure, mais pour revenir à 2-1 en fin de première mi-temps, ils avaient quand même eu besoin d'un penalty cadeau. Je me souviens de l'arbitre, un Italien, on avait d'ailleurs tapé la causette avant le match."

Du gardien de but aux attaquants de pointe, Anderlecht avait une équipe d'internationaux. Et une partie de l'ossature de l'équipe nationale belge. Filip De Wilde, Bertrand Crasson, Glen De Boeck, Lorenzo Staelens, Didier Dheedene, Walter Baseggio, Yves Vanderhaeghe, Bart Goor : on les a tous vus chez les Diables. "C'était costaud, mais quand on comparait avec Manchester United... Là-bas, ce n'étaient pas les onze titulaires que tu regardais avec émerveillement mais les 25 gars du noyau."

Cette victoire permet à Anderlecht de rester automatiquement européen après l'hiver, alors qu'il reste un match de poule. Au pire, les Mauves iront en Coupe de l'UEFA. Mais s'ils font un nouvel exploit à Eindhoven, ils passeront à la seconde phase de poules de la Ligue des Champions. "On est allés gagner 2-3 aux Pays-Bas et ça nous a permis de continuer en CL. Le but de la victoire a été inscrit par Souleymane Youla, qui n'était même pas au coup d'envoi contre Manchester. Idem pour Aruna Dindane. Ça situe la richesse du noyau qu'on avait à l'époque." Lors de la deuxième phase, les Mauves affronteront la Lazio, Leeds United et le Real Madrid. Et ils prendront à nouveau six points, en battant la Lazio et le Real. "Un parcours complètement dingue, qu'on n'imagine plus aujourd'hui. Et franchement, je comprends à fond que notre victoire contre Manchester figure dans votre top 25 des matches de légende", conclut Baseggio.

Feuille de match

Buts : Tomasz Radzinski 15e, Tomasz Radzinski 34e, Denis Irwin (penalty) 36e.

Anderlecht : De Wilde, Crasson, Staelens, De Boeck, Dheedene, Stoica (Oyen), Baseggio, Vanderhaeghe, Goor, Radzinski (Dindane), Koller.

Manchester United : Barthez, Gary Neville, Johnsen, Silvestre (Brown), Irwin (Solskjaer), Beckham, Scholes, Butt, Giggs, Yorke, Cole.

Stade Constant Vanden Stock, Bruxelles.

Match de Ligue des Champions, première phase de groupes.

24 octobre 2000.

"Ça fait juste 20 ans et on m'en parle encore régulièrement." Si vous voulez arracher une larme de nostalgie à Walter Baseggio, c'est sans doute ce match qu'il faut évoquer avec lui. Il en a encore plein la bouche. Le décor sur la ligne de départ de cette édition 2000-2001 de la Ligue des Champions : un groupe très corsé pour Anderlecht. "On tire United, le Dynamo Kiev qui était un grand et un PSV au sommet de son art. À ce moment-là, on se dit que ce serait déjà un exploit de finir à la troisième place et d'être reversés en Coupe de l'UEFA."Effectivement, le premier rendez-vous des Bruxellois confirme que ça ne va pas être de la tarte. Ils sont laminés 5-1 à Old Trafford. "On s'était dit qu'on allait essayer de gagner tous nos matches, mais ce jour-là, on a vite compris que quand un monstre comme Manchester commençait à accélérer, on ne jouait plus à la même chose", poursuit Baseggio. Il y a ensuite une victoire à domicile contre le PSV, suivie d'une nouvelle désillusion away : un 4-0 sans discussion à Kiev. Le retour contre les Ukrainiens est un moment clé de la campagne. "On a joué une première mi-temps extraordinaire et finalement gagné 4-2. Une semaine plus tard, United venait chez nous et on avait fait le plein de confiance. Ne me demande pas de revenir sur le discours d'Aimé Anthuenis... Quand il y avait un gros rendez-vous, il était chaque fois cent fois plus stressé que n'importe quel joueur et il ne disait pas grand-chose. Certains de nos joueurs se sentaient sous pression, mais pas tout le monde... Il y en a qui restaient prostrés sur leur chaise dans le vestiaire en fixant une armoire. Moi, avec Olivier Doll, Alin Stoica et Bertrand Crasson, on allait dans une petite salle et on se marrait en faisant du tennis-ballon."Il y a des campagnes européennes où un grand comme Manchester lance une équipe B ou C quand la messe est dite, quand la qualification est déjà en poche. Mais ce n'est pas du tout le cas ce soir-là parce que tout reste à faire. Côté anglais, on découvre dans le onze de base des cracks mondiaux comme Fabien Barthez, David Beckham, Paul Scholes, Ryan Giggs,..."Ils n'ont sûrement pas pris ce match à la légère, ils ne nous ont pas pris de haut malgré le score du match chez eux", nous dit encore le Walt. "Simplement, ça a été une soirée parfaite pour nous. Tout nous a réussi dès les premières minutes. Anthuenis voulait qu'on les presse haut, qu'on les empêche d'avancer dans notre camp, parce que quand un gars comme Giggs était lancé, tu ne l'arrêtais plus, bien souvent. Alors, on a pressé, pressé. On a été parfaits, physiquement et mentalement. Ils nous ont seulement fait souffrir et craindre pour le score dans la dernière demi-heure, mais pour revenir à 2-1 en fin de première mi-temps, ils avaient quand même eu besoin d'un penalty cadeau. Je me souviens de l'arbitre, un Italien, on avait d'ailleurs tapé la causette avant le match."Du gardien de but aux attaquants de pointe, Anderlecht avait une équipe d'internationaux. Et une partie de l'ossature de l'équipe nationale belge. Filip De Wilde, Bertrand Crasson, Glen De Boeck, Lorenzo Staelens, Didier Dheedene, Walter Baseggio, Yves Vanderhaeghe, Bart Goor : on les a tous vus chez les Diables. "C'était costaud, mais quand on comparait avec Manchester United... Là-bas, ce n'étaient pas les onze titulaires que tu regardais avec émerveillement mais les 25 gars du noyau."Cette victoire permet à Anderlecht de rester automatiquement européen après l'hiver, alors qu'il reste un match de poule. Au pire, les Mauves iront en Coupe de l'UEFA. Mais s'ils font un nouvel exploit à Eindhoven, ils passeront à la seconde phase de poules de la Ligue des Champions. "On est allés gagner 2-3 aux Pays-Bas et ça nous a permis de continuer en CL. Le but de la victoire a été inscrit par Souleymane Youla, qui n'était même pas au coup d'envoi contre Manchester. Idem pour Aruna Dindane. Ça situe la richesse du noyau qu'on avait à l'époque." Lors de la deuxième phase, les Mauves affronteront la Lazio, Leeds United et le Real Madrid. Et ils prendront à nouveau six points, en battant la Lazio et le Real. "Un parcours complètement dingue, qu'on n'imagine plus aujourd'hui. Et franchement, je comprends à fond que notre victoire contre Manchester figure dans votre top 25 des matches de légende", conclut Baseggio.