Cette nuit-là fut marquée par le sceau de la malédiction... journalistique. L'article du journal pour lequel nous travaillions à l'époque était prêt : 1-3 à la 89e minute, aucune équipe ne pouvait rattraper un tel retard, le match semblait plié. Le procès du président Eddy Wauters et de sa politique vieillote était acté, avec en guise de pièce à conviction son projet de stade, sévèrement critiqué pour son manque d'audace. C'était sans compter sur l'abnégation des joueurs de l'Antwerp, qui offrirent un final totalement dingue.

Les Anversois doivent une fière chandelle à... Franky Dekenne ! Après le 0-0 en Bulgarie, le natif de Waregem se blesse lors du match retour. Dekenne est soigné sur le terrain pendant quelques minutes, sans être remplacé de suite, car le club belge a déjà effectué tous ses changements. Lorsque les Bulgares mènent 1-3, tout le monde s'imagine que l'aventure se termine. Y compris Dekenne.

Petites causes, grands effets... Car ce fait de jeu va avoir de solides conséquences. À l'époque, on ne parle pas encore de quatrième arbitre. Dekenne se fait soigner de longues minutes et ce soir-là, personne ne sait vraiment combien de temps l'arbitre autrichien Kaupe va laisser pour compenser ce temps perdu. Nico Claesen réduit le score à 2-3 à la 90e. Déjà pas mal, se dit-on. Quand le même Claesen égalise deux minutes plus tard, Sofia est toujours qualifié. Seul un journaliste télé semble encore y croire, avec les purs et durs du public présent au Bosuil.

Mais le ref' ne vérifie toujours pas sa montre. Trois minutes de temps additionnel se transforment en quatre, cinq, voire six minutes. C'est alors que l'Antwerp hérite d'un coup franc juste devant la surface. Hans-Peter Lehnhoff le tire et c'est le Liégeois Raphaël Quaranta qui place son front au deuxième poteau pour porter le score à 4-3.

La folie est totale dans les travées du Bosuil. Des dizaines de supporters font irruption sur le terrain, alors que le match n'est même pas encore terminé. Quaranta dira plus tard : "Qu'avions-nous dans la tête à ce moment-là ? Que cela pourrait détruire le miracle que nous venions d'accomplir." Les fans sont péniblement repoussés vers les gradins. Quelques secondes plus tard, Kaupe siffle la fin des hostilités, et le miracle de Vitosha est entériné. Notre article, par contre...

Feuille de match

Buts : Slavtchev 6e, Donkov 85e, Mihtarski 87e/Geilenkirchen 83e, Claesen 90e et 92e, Quaranta 95e

Bosuil, Anvers

Premier tour de la Coupe de l'UEFA

26 septembre 1989

Cette nuit-là fut marquée par le sceau de la malédiction... journalistique. L'article du journal pour lequel nous travaillions à l'époque était prêt : 1-3 à la 89e minute, aucune équipe ne pouvait rattraper un tel retard, le match semblait plié. Le procès du président Eddy Wauters et de sa politique vieillote était acté, avec en guise de pièce à conviction son projet de stade, sévèrement critiqué pour son manque d'audace. C'était sans compter sur l'abnégation des joueurs de l'Antwerp, qui offrirent un final totalement dingue.Les Anversois doivent une fière chandelle à... Franky Dekenne ! Après le 0-0 en Bulgarie, le natif de Waregem se blesse lors du match retour. Dekenne est soigné sur le terrain pendant quelques minutes, sans être remplacé de suite, car le club belge a déjà effectué tous ses changements. Lorsque les Bulgares mènent 1-3, tout le monde s'imagine que l'aventure se termine. Y compris Dekenne.Petites causes, grands effets... Car ce fait de jeu va avoir de solides conséquences. À l'époque, on ne parle pas encore de quatrième arbitre. Dekenne se fait soigner de longues minutes et ce soir-là, personne ne sait vraiment combien de temps l'arbitre autrichien Kaupe va laisser pour compenser ce temps perdu. Nico Claesen réduit le score à 2-3 à la 90e. Déjà pas mal, se dit-on. Quand le même Claesen égalise deux minutes plus tard, Sofia est toujours qualifié. Seul un journaliste télé semble encore y croire, avec les purs et durs du public présent au Bosuil. Mais le ref' ne vérifie toujours pas sa montre. Trois minutes de temps additionnel se transforment en quatre, cinq, voire six minutes. C'est alors que l'Antwerp hérite d'un coup franc juste devant la surface. Hans-Peter Lehnhoff le tire et c'est le Liégeois Raphaël Quaranta qui place son front au deuxième poteau pour porter le score à 4-3. La folie est totale dans les travées du Bosuil. Des dizaines de supporters font irruption sur le terrain, alors que le match n'est même pas encore terminé. Quaranta dira plus tard : "Qu'avions-nous dans la tête à ce moment-là ? Que cela pourrait détruire le miracle que nous venions d'accomplir." Les fans sont péniblement repoussés vers les gradins. Quelques secondes plus tard, Kaupe siffle la fin des hostilités, et le miracle de Vitosha est entériné. Notre article, par contre...