Pour le match d'ouverture de la Coupe du monde 1982, l'entraîneur national Guy Thys doit faire face à un souci de taille. Son libéro Walter Meeuws est suspendu et son remplaçant est Maurice De Schrijver, 31 ans. Un joueur qui malgré son âge, n'a disputé qu'un seul match international. C'était quelques semaines plus tôt, contre le Danemark. Or, cette rencontre n'est de prime abord pas propice à lancer des joueurs inexpérimentés, avec une équipe belge présente pour la première fois depuis 1954 en phase finale d'un Mondial, qui plus est contre le champion en titre, qui aligne neuf joueurs présents lors de la finale de 1978.

Thys choisit finalement d'allier De Schrijver à Luc Millecamps dans l'axe de la défense. De Schrijver est peut-être un nouveau venu en équipe nationale (il finira sa carrière avec seulement quatre matches internationaux au compteur), mais il possède une belle dose d'expérience au plus haut niveau.

"À partir de là, il y a deux options : soit on se rend ridicule, soit on joue le match de sa vie."

Maurice De Schrijver

Ce dernier a d'ailleurs déjà joué au Camp Nou avec le Sporting Lokeren, face au Barça de Johan Cruijff : "Mais c'était un autre Camp Nou dans lequel nous nous sommes retrouvés", se souvient le citoyen d'Alost. "Avec Lokeren, le stade était peut-être rempli au quart, mais là, il y avait plus de 100.000 personnes, nous savions que le monde entier nous regardait à la télévision. À partir de là, il y a deux options : soit on se rend ridicule, soit on joue le match de sa vie. Habituellement, les joueurs débarquent dans un stade quasi vide, mais là, il était déjà plein en raison de la cérémonie d'ouverture. La chair de poule, tu vois ?"

"Ma tâche était de tout garder fermé, d'aider à organiser la défense", explique De Schrijver. "Et ça a marché. Le premier contact avec le ballon dans un tel match est très important et souvent révélateur de ce que vous réserve le reste de la rencontre."

Aucun homme n'est assigné à s'occuper de Diego Maradona : "Nous avons accepté de le prendre en zone. Lorsqu'il a dépassé Ludo Coeck, il a croisé Luc Millecamps. Ce qu'il m'est resté, c'est la force avec laquelle il se tenait debout. J'ai livré quelques duels directs avec lui, c'était un vrai tronc d'arbre, impossible de le bouger. Il fallait avoir de la chance pour ne pas se faire mettre dans le vent par un de ses dribbles. Personne n'avait la recette pour arrêter Maradona."

En fin de compte, ce n'est pas Maradona, mais Erwin Vandenbergh qui sera élu homme du match, en marquant le premier but de cette Coupe du monde. Vandenbergh forme le duo offensif avec Alex Czerniatinksy. Tous deux viennent alors d'être transférés à Anderlecht, qui verse cent millions de francs pour ses deux nouveaux venus, soit 2,5 millions d'euros aujourd'hui. Un record à l'époque.

Après le match, Jean-Marie Pfaff échange ses gants avec le maillot de Maradona. Maurice De Schrijver repart également le maillot d'un Argentin. "Mais je ne sais vraiment pas de qui, je devrais chercher ça." À l'époque, aucun nom n'est en effet floqué sur les vareuses.

Pour le deuxième match de ce Mondial, Meeuws reprend sa place à l'arrière, De Schrijver joue tout de même le deuxième et dernier duel du deuxième tour, contre l'URSS. En décembre, il dispute son dernier rendez-vous international. Et en février 1983, il est privé de foot pendant près d'un an après un terrible tacle de Michel De Wolf. Il ne parviendra plus jamais à atteindre son niveau d'avant.

Quatre ans plus tard, Diego Maradona, qui avait frappé un coup franc sur la barre transversale lors du match d'ouverture en 82, se vengera de la Belgique, avant de mener son équipe vers un nouveau titre mondial.

Feuille de match

But : Vandenbergh 63e

Camp Nou, Barcelone

Phase de poules du Mondial 1982

13 juin 1982

Pour le match d'ouverture de la Coupe du monde 1982, l'entraîneur national Guy Thys doit faire face à un souci de taille. Son libéro Walter Meeuws est suspendu et son remplaçant est Maurice De Schrijver, 31 ans. Un joueur qui malgré son âge, n'a disputé qu'un seul match international. C'était quelques semaines plus tôt, contre le Danemark. Or, cette rencontre n'est de prime abord pas propice à lancer des joueurs inexpérimentés, avec une équipe belge présente pour la première fois depuis 1954 en phase finale d'un Mondial, qui plus est contre le champion en titre, qui aligne neuf joueurs présents lors de la finale de 1978.Thys choisit finalement d'allier De Schrijver à Luc Millecamps dans l'axe de la défense. De Schrijver est peut-être un nouveau venu en équipe nationale (il finira sa carrière avec seulement quatre matches internationaux au compteur), mais il possède une belle dose d'expérience au plus haut niveau.Ce dernier a d'ailleurs déjà joué au Camp Nou avec le Sporting Lokeren, face au Barça de Johan Cruijff : "Mais c'était un autre Camp Nou dans lequel nous nous sommes retrouvés", se souvient le citoyen d'Alost. "Avec Lokeren, le stade était peut-être rempli au quart, mais là, il y avait plus de 100.000 personnes, nous savions que le monde entier nous regardait à la télévision. À partir de là, il y a deux options : soit on se rend ridicule, soit on joue le match de sa vie. Habituellement, les joueurs débarquent dans un stade quasi vide, mais là, il était déjà plein en raison de la cérémonie d'ouverture. La chair de poule, tu vois ?""Ma tâche était de tout garder fermé, d'aider à organiser la défense", explique De Schrijver. "Et ça a marché. Le premier contact avec le ballon dans un tel match est très important et souvent révélateur de ce que vous réserve le reste de la rencontre."Aucun homme n'est assigné à s'occuper de Diego Maradona : "Nous avons accepté de le prendre en zone. Lorsqu'il a dépassé Ludo Coeck, il a croisé Luc Millecamps. Ce qu'il m'est resté, c'est la force avec laquelle il se tenait debout. J'ai livré quelques duels directs avec lui, c'était un vrai tronc d'arbre, impossible de le bouger. Il fallait avoir de la chance pour ne pas se faire mettre dans le vent par un de ses dribbles. Personne n'avait la recette pour arrêter Maradona." En fin de compte, ce n'est pas Maradona, mais Erwin Vandenbergh qui sera élu homme du match, en marquant le premier but de cette Coupe du monde. Vandenbergh forme le duo offensif avec Alex Czerniatinksy. Tous deux viennent alors d'être transférés à Anderlecht, qui verse cent millions de francs pour ses deux nouveaux venus, soit 2,5 millions d'euros aujourd'hui. Un record à l'époque.Après le match, Jean-Marie Pfaff échange ses gants avec le maillot de Maradona. Maurice De Schrijver repart également le maillot d'un Argentin. "Mais je ne sais vraiment pas de qui, je devrais chercher ça." À l'époque, aucun nom n'est en effet floqué sur les vareuses. Pour le deuxième match de ce Mondial, Meeuws reprend sa place à l'arrière, De Schrijver joue tout de même le deuxième et dernier duel du deuxième tour, contre l'URSS. En décembre, il dispute son dernier rendez-vous international. Et en février 1983, il est privé de foot pendant près d'un an après un terrible tacle de Michel De Wolf. Il ne parviendra plus jamais à atteindre son niveau d'avant. Quatre ans plus tard, Diego Maradona, qui avait frappé un coup franc sur la barre transversale lors du match d'ouverture en 82, se vengera de la Belgique, avant de mener son équipe vers un nouveau titre mondial.