"En sélection, on ne me calculait même pas", se souvient Thibaut Courtois, snobé jusqu'aux U18 où il profite, selon ses propres dires, d'une génération moins prolifique en derniers remparts pour enfin se parer de rouge diabolique. Devancé par Thomas Kaminski mais surtout Koen Casteels, son grand rival chez les jeunes du Racing, il en veut à un coach de la topsportschool de Genk qui dédaignerait ses qualités. Avant de finalement choisir de se nourrir du goût épicé de l'adversité. "Au fond, je devrais lui être reconnaissant de m'avoir toujours ignoré, il m'a endurci", diagnostique-t-il. Les inévitables fruits d'une éducation de champion au sein d'un foyer limbourgeois aux airs de parc olympique.

Chez les Courtois, on passe de la piscine à l'anneau de basket en longeant un terrain de beach-volley qui, pour les enfants, devient rapidement un parcours de cyclo-cross ou un prétexte pour les reprises de volée. Pièce-maîtresse des joutes familiales, la table de ping-pong est le cadre de duels épiques entre Thibaut et son père. "Quand ils jouaient, tu les entendais crier dans toute la maison", se marre Valérie, internationale de volley et soeur de l'homme aux mains gantées. Les matches ne sont jamais une partie de plaisir. Compétiteur dans l'âme, Thierry promet systématiquement une raclée à son rejeton, et n'hésite pas à tenter de le déstabiliser par tous les moyens quand sa progéniture prend l'ascendant au score. Presque drogué à la compétition, instigateur avec son frère Gaetan des "JO du jardin" qui rassemblent les enfants de sa rue chaque été, Thibaut Courtois est conditionné pour dévorer ses concurrents.

La première victime indirecte de sa gloutonnerie compétitive se nomme Koen Casteels. "Thibaut et Koen étaient tous les deux très bons, mais Thibaut était plus mature", rejoue Laszlo Köteles, titulaire entre les perches de Genk depuis la fin de l'année 2009 mais bloqué au coup d'envoi de la saison suivante par un problème d'enregistrement de son transfert. Le Hongrois voit alors un gamin de tout juste dix-huit ans assurer l'interim, et comprend vite qu'il ne retrouvera pas le terrain de sitôt : "Je ne lui ai pas fait de sale coup, parce que vu son niveau, c'était clair qu'il allait être acheté en fin de saison et que je reprendrais la place de numéro 1 à ce moment-là. Ce qui m'a fasciné, c'était son mental. Si tu prends un gars sans talent et que tu lui envoies 3000 ballons, il va finir par savoir comment on fait pour en arrêter un. Par contre, un mental comme ça, ça ne se travaille pas. Si on a été champion, c'est en grande partie grâce à lui."

Découvrez l'intégralité de notre portrait de huit pages consacré à Thibaut Courtois dans votre Sport/Foot Magazine du mois de mars 2022.

"En sélection, on ne me calculait même pas", se souvient Thibaut Courtois, snobé jusqu'aux U18 où il profite, selon ses propres dires, d'une génération moins prolifique en derniers remparts pour enfin se parer de rouge diabolique. Devancé par Thomas Kaminski mais surtout Koen Casteels, son grand rival chez les jeunes du Racing, il en veut à un coach de la topsportschool de Genk qui dédaignerait ses qualités. Avant de finalement choisir de se nourrir du goût épicé de l'adversité. "Au fond, je devrais lui être reconnaissant de m'avoir toujours ignoré, il m'a endurci", diagnostique-t-il. Les inévitables fruits d'une éducation de champion au sein d'un foyer limbourgeois aux airs de parc olympique. Chez les Courtois, on passe de la piscine à l'anneau de basket en longeant un terrain de beach-volley qui, pour les enfants, devient rapidement un parcours de cyclo-cross ou un prétexte pour les reprises de volée. Pièce-maîtresse des joutes familiales, la table de ping-pong est le cadre de duels épiques entre Thibaut et son père. "Quand ils jouaient, tu les entendais crier dans toute la maison", se marre Valérie, internationale de volley et soeur de l'homme aux mains gantées. Les matches ne sont jamais une partie de plaisir. Compétiteur dans l'âme, Thierry promet systématiquement une raclée à son rejeton, et n'hésite pas à tenter de le déstabiliser par tous les moyens quand sa progéniture prend l'ascendant au score. Presque drogué à la compétition, instigateur avec son frère Gaetan des "JO du jardin" qui rassemblent les enfants de sa rue chaque été, Thibaut Courtois est conditionné pour dévorer ses concurrents.La première victime indirecte de sa gloutonnerie compétitive se nomme Koen Casteels. "Thibaut et Koen étaient tous les deux très bons, mais Thibaut était plus mature", rejoue Laszlo Köteles, titulaire entre les perches de Genk depuis la fin de l'année 2009 mais bloqué au coup d'envoi de la saison suivante par un problème d'enregistrement de son transfert. Le Hongrois voit alors un gamin de tout juste dix-huit ans assurer l'interim, et comprend vite qu'il ne retrouvera pas le terrain de sitôt : "Je ne lui ai pas fait de sale coup, parce que vu son niveau, c'était clair qu'il allait être acheté en fin de saison et que je reprendrais la place de numéro 1 à ce moment-là. Ce qui m'a fasciné, c'était son mental. Si tu prends un gars sans talent et que tu lui envoies 3000 ballons, il va finir par savoir comment on fait pour en arrêter un. Par contre, un mental comme ça, ça ne se travaille pas. Si on a été champion, c'est en grande partie grâce à lui."Découvrez l'intégralité de notre portrait de huit pages consacré à Thibaut Courtois dans votre Sport/Foot Magazine du mois de mars 2022.