Ils s'appellent Verdyck, Friling, Poelmans, Vanden Eynde, Cambier, Van Hoorden, Tobias, Wigand, Quéritet, Destrebecq et Vanderstappen et défendent habituellement les couleurs de l'Antwerp, du Beerschot, de l'Union Saint-Gilloise, du FC Brugeois ou encore du Racing Club de Bruxelles. Ils n'en ont certainement pas conscience, mais ce 1er mai 1904, ces onze hommes viennent d'écrire une page de l'histoire en disputant le premier match officiel de l'équipe nationale belge de football.

À l'initiative de la rencontre, on retrouve le mécène belge Évence Coppée qui, dans le cadre de l'amitié franco-belge, imagine l'organisation du match et prend langue avec les responsables du football français. Le trophée prévu pour récompenser le vainqueur de ce match amical porte d'ailleurs son nom. À l'époque, le projet n'a rien d'habituel : seules les nations britanniques ainsi que l'Uruguay et l'Argentine se sont déjà affrontée sous forme d'équipe nationale.

Pour l'occasion, l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA) envoie douze hommes à Bruxelles. La plupart d'entre-eux sont Parisiens : ils évoluent sous les couleurs de l'US parisienne, du Club Français ou du FC Paris. Seul Adrien Filez vient de Tourcoing, il est d'ailleurs le seul à ne pas rallier Bruxelles en train, depuis la Gare du Nord. Comme ils sont douze, un tirage au sort est effectué pour savoir qui de Jacques Davy et Émile Fontaine disputera la rencontre. La chance désigne Davy et l'infortuné Fontaine ne portera jamais le maillot de l'équipe de France.

Le onze français, ce 1er mai 1904., Wikipédia
Le onze français, ce 1er mai 1904. © Wikipédia

C'est le Stade du Vivier d'Oie à Uccle qui a l'honneur d'accueillir cette première confrontation internationale entre équipes européennes continentales et, pour l'occasion, 1.500 spectateurs ont rallié le Sud de Bruxelles. Vainqueurs du toss, les Français choisissent d'évoluer soleil et vent dans le dos en première période, mais ça n'empêche pas la Belgique d'ouvrir le score dès la 7e minute via Georges Quéritet, qui entre par la même occasion dans les annales en tant que premier buteur de l'histoire de la Belgique. Ceux qu'on n'appelle pas encore les Bleus puisqu'ils évoluent en blanc, ne tardent toutefois pas égaliser par l'entremise de Louis Mesnier et ils regagnent même les vestiaires avec un avantage d'un but, grâce à Marius Royet. Lorsque l'arbitre anglais, M. John Keene, donne le coup d'envoi de la seconde période, les Belges se ruent à l'attaque et Quéritet inscrit un second but, son dernier en équipe nationale puisqu'il n'en portera plus jamais les couleurs. À la 65e, l'Unioniste Pierre-Joseph Destrebecq donne l'avantage aux Belges, mais la France finira par égaliser via Gaston Cyprès et comme des prolongations n'ont pas été prévues, la rencontre se termine par une égalité (3-3) et les deux équipes se partagent le trophée.

Plus tard, tout ce petit monde se réunira pour des banquets au Regina puis aux Caves de Maastricht. L'occasion surtout pour Robert Guérin, le secrétaire de l'USFSA et Louis Mullinghaus, dirigeant belge, de se rapprocher et d'évoquer la création d'une fédération internationale. Ce sera chose faite trois semaines plus tard avec le Congrès inaugural de la FIFA qui se tiendra à Paris le 21 mai 1904, regroupant des représentants des membres fondateurs : la France, la Belgique, l'Espagne, les Pays-Bas, le Danemark, la Suisse et la Suède.

Un an plus tard, France et Belgique se retrouvent pour un deuxième match, toujours au Vivier d'Oie, et les Belges s'imposent cette fois 7-0. En 1906, ils iront encore l'emporter 0-5, à Saint-Cloud, avant de subir leur première défaite face aux Français, 1-2, en 1907, à Uccle.

L'équipe belge en 1905 avant un match face aux Pays-Bas., Wikipédia
L'équipe belge en 1905 avant un match face aux Pays-Bas. © Wikipédia
Ils s'appellent Verdyck, Friling, Poelmans, Vanden Eynde, Cambier, Van Hoorden, Tobias, Wigand, Quéritet, Destrebecq et Vanderstappen et défendent habituellement les couleurs de l'Antwerp, du Beerschot, de l'Union Saint-Gilloise, du FC Brugeois ou encore du Racing Club de Bruxelles. Ils n'en ont certainement pas conscience, mais ce 1er mai 1904, ces onze hommes viennent d'écrire une page de l'histoire en disputant le premier match officiel de l'équipe nationale belge de football. À l'initiative de la rencontre, on retrouve le mécène belge Évence Coppée qui, dans le cadre de l'amitié franco-belge, imagine l'organisation du match et prend langue avec les responsables du football français. Le trophée prévu pour récompenser le vainqueur de ce match amical porte d'ailleurs son nom. À l'époque, le projet n'a rien d'habituel : seules les nations britanniques ainsi que l'Uruguay et l'Argentine se sont déjà affrontée sous forme d'équipe nationale.Pour l'occasion, l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA) envoie douze hommes à Bruxelles. La plupart d'entre-eux sont Parisiens : ils évoluent sous les couleurs de l'US parisienne, du Club Français ou du FC Paris. Seul Adrien Filez vient de Tourcoing, il est d'ailleurs le seul à ne pas rallier Bruxelles en train, depuis la Gare du Nord. Comme ils sont douze, un tirage au sort est effectué pour savoir qui de Jacques Davy et Émile Fontaine disputera la rencontre. La chance désigne Davy et l'infortuné Fontaine ne portera jamais le maillot de l'équipe de France.C'est le Stade du Vivier d'Oie à Uccle qui a l'honneur d'accueillir cette première confrontation internationale entre équipes européennes continentales et, pour l'occasion, 1.500 spectateurs ont rallié le Sud de Bruxelles. Vainqueurs du toss, les Français choisissent d'évoluer soleil et vent dans le dos en première période, mais ça n'empêche pas la Belgique d'ouvrir le score dès la 7e minute via Georges Quéritet, qui entre par la même occasion dans les annales en tant que premier buteur de l'histoire de la Belgique. Ceux qu'on n'appelle pas encore les Bleus puisqu'ils évoluent en blanc, ne tardent toutefois pas égaliser par l'entremise de Louis Mesnier et ils regagnent même les vestiaires avec un avantage d'un but, grâce à Marius Royet. Lorsque l'arbitre anglais, M. John Keene, donne le coup d'envoi de la seconde période, les Belges se ruent à l'attaque et Quéritet inscrit un second but, son dernier en équipe nationale puisqu'il n'en portera plus jamais les couleurs. À la 65e, l'Unioniste Pierre-Joseph Destrebecq donne l'avantage aux Belges, mais la France finira par égaliser via Gaston Cyprès et comme des prolongations n'ont pas été prévues, la rencontre se termine par une égalité (3-3) et les deux équipes se partagent le trophée. Plus tard, tout ce petit monde se réunira pour des banquets au Regina puis aux Caves de Maastricht. L'occasion surtout pour Robert Guérin, le secrétaire de l'USFSA et Louis Mullinghaus, dirigeant belge, de se rapprocher et d'évoquer la création d'une fédération internationale. Ce sera chose faite trois semaines plus tard avec le Congrès inaugural de la FIFA qui se tiendra à Paris le 21 mai 1904, regroupant des représentants des membres fondateurs : la France, la Belgique, l'Espagne, les Pays-Bas, le Danemark, la Suisse et la Suède. Un an plus tard, France et Belgique se retrouvent pour un deuxième match, toujours au Vivier d'Oie, et les Belges s'imposent cette fois 7-0. En 1906, ils iront encore l'emporter 0-5, à Saint-Cloud, avant de subir leur première défaite face aux Français, 1-2, en 1907, à Uccle.