On croirait parfois voir un phare dans la tempête. Parce que le jeu de l'Union accumule par moments des vagues offensives impressionnantes, qui empêchent l'adversaire de sortir la tête de l'eau. Et qu'au milieu de tous ces appels et de ces courses en profondeur, il y a Casper Nielsen, qui éclaire les flots et indique la direction à prendre.
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On croirait parfois voir un phare dans la tempête. Parce que le jeu de l'Union accumule par moments des vagues offensives impressionnantes, qui empêchent l'adversaire de sortir la tête de l'eau. Et qu'au milieu de tous ces appels et de ces courses en profondeur, il y a Casper Nielsen, qui éclaire les flots et indique la direction à prendre. Le 3-5-2 de Felice Mazzù fonctionne autour de lui, de deux manières différentes selon le côté où l'action se dessine. À gauche, l'Union combine, entre les dribbles de Loïc Lapoussin et les remises de l'impressionnant Deniz Undav. L'autre extrémité du terrain est le repère des courses. Celles de Dante Vanzeir, inusable machine à creuser la profondeur, mais aussi de Bart Nieuwkoop, nouveau venu à Saint-Gilles et particulièrement à l'aise dans l'espace. Au milieu, Nielsen s'adapte, avec l'aisance de ceux qui semblent savoir tout faire. Le Danois peut s'associer avec Lapoussin, Undav et Teddy Teuma, mais sait surtout mieux que personne activer son côté droit dans les espaces. Des atouts qui font de lui l'homme qui esquisse le plan de jeu des Unionistes, choisissant alternativement de surcharger le côté gauche en combinant ou d'aérer le jeu en l'envoyant vers la droite. La mission n'est pas sans risque, et le jeu de Nielsen comporte une inévitable part de déchets parce qu'il est, au milieu de terrain, celui dont les passes doivent faire la différence. S'il l'avait faite sur phase arrêtée contre le Standard, grâce à un pied droit particulièrement précis, il s'était aussi couronné roi du terrain face aux Rouches en étalant son énergie et ses changements de rythme entre des adversaires déboussolés par sa capacité à rechercher la différence offensive à tous moments et dans toutes les directions. Nielsen, lui, est une boussole. Un milieu de terrain magnétisé par le but adverse, et par la volonté incessante de produire des opportunités. Par la passe ou par la course, qu'il exploite pour être souvent bien placé aux abords de la surface et faire parler un tir à distance qui n'a encore fait mouche qu'à une seule reprise malgré une puissance dont Arnaud Bodart peut témoigner. La marge de progression est peut-être là, pour un joueur dont l'influence gargantuesque sur le jeu ne s'est pas encore assez reflétée au marquoir avec seulement un but et deux passes décisives en neuf sorties. Il faut dire que dans le sillage du duo d'attaquants le plus prolifique de l'élite, il n'est pas toujours simple de se faire une place au soleil. Encore moins quand on porte un prénom de fantôme.