On pourrait dire incompréhension. Je préfère indécence. Et pourtant, le but annulé au Borussia Dortmund sur la pelouse de Manchester City fait paradoxalement vibrer, encore plus, ma compassion envers l'espèce humaine. Naturellement imparfait, l'homme fait ce qu'il peut. Un arbitre aussi. En direct, on peut éventuellement comprendre qu'il décide de privilégier un gardien dans son rectangle. Même si c'est le grand. Mais après, la machine à ralenti, elle est quand même utilisée et observée par des hommes? Ils servent à quoi? Ce sont eux qui devraient donner ses lettres de justice à la machine nommée VAR. Sur le coup, raté. La médiocrité des uns fait rejaillir les soupçons sur tous. Soit, parlons ballon.
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On pourrait dire incompréhension. Je préfère indécence. Et pourtant, le but annulé au Borussia Dortmund sur la pelouse de Manchester City fait paradoxalement vibrer, encore plus, ma compassion envers l'espèce humaine. Naturellement imparfait, l'homme fait ce qu'il peut. Un arbitre aussi. En direct, on peut éventuellement comprendre qu'il décide de privilégier un gardien dans son rectangle. Même si c'est le grand. Mais après, la machine à ralenti, elle est quand même utilisée et observée par des hommes? Ils servent à quoi? Ce sont eux qui devraient donner ses lettres de justice à la machine nommée VAR. Sur le coup, raté. La médiocrité des uns fait rejaillir les soupçons sur tous. Soit, parlons ballon. Ederson est donc un gardien qui joue plus avec les pieds qu'avec les mains. Normal, il est Brésilien. Normal pour l'imaginaire, mais parfois la réalité est tout autre. Il y a bien longtemps, je me rappelle avoir commenté le foot brésilien. Un enthousiasme carnavalesque m'avait envahi quand BeTV avait acquis les droits. Ma mémoire goinfrée des images de la Seleção vibrait telle une timbale, dont les mains de Tito Puente auraient provoqué une résonance céleste. Pour les plus jeunes, Tito Puente était le Messi des percussions. OK, Tito était Américain tendance Porto Rico, mais bon, y a bien des footballeurs qui jouent pour des équipes nationales et dont les actes de naissance sont à opportunités variables. Au hasard, le pays organisateur de la prochaine Coupe du monde aura lui aussi un air de samba. Soit, mais pas fin. Et donc, commenter le championnat brésilien, c'était cadeau. Sauf qu'une fois déballé, il sentait le soufflé. Ça ressemblait à du foot normal. Comme celui joué partout dans le monde. Pas mieux. Voire plus lent. De temps en temps, une fulgurance, comme ailleurs. Mais aussi des petits bonheurs. Comme par exemple un certain Rogério Ceni. Footballeur qui durant ses 25 saisons professionnelles a marqué 132 buts. Pas mal sans plus, me direz-vous. Sauf que Rogério était gardien de but. Et là, la magie du foot brésilien opère. 132 buts! Phénoménal. En 2005, il en plante 21 sur une saison dont un en demi-finale de la Copa Libertadores. São Paulo, son club, remportera la compétition. Pour l'anecdote, il enchaînera la saison suivante avec seulement... seize buts. Roi des coup francs et penalties, il n'a inscrit qu'un but de plein jeu. Pas grave, mais révélateur aussi du fait que quand le foot est à l'arrêt, toutes les folies sont permises. La folie, José Luis Chilavert l'a portée avec classe et beauté. Le gardien paraguayen a réussi la perf' de finir meilleur buteur de son club lors de la saison 1995-1996. Il jouait en Argentine pour Vélez Sarsfield. Seulement... dix buts. L'histoire ne dit pas si ses attaquants de coéquipiers ont arrêté leur carrière. On revient en Europe pour trouver encore plus surréaliste. Il y a bientôt cinquante ans, Carlos Fenoy, gardien du Celta Vigo, marque cinq buts sur la saison et est... meilleur buteur du club. Dois-je préciser que le Celta sera relégué en fin de saison? Que là, les attaquants ont été mis au chômage? Ça, vous l'aviez deviné! Donc je précise autre chose. Avant de dire adiós à la Liga, le Celta a battu le champion en titre, le Real Madrid, 2-0 avec un but de son gardien. Terminons avec le prédestiné. Un gardien de but qui s'appelle Butt et qui marque des buts. Hans-Jörg Butt: avec un nom comme ça, on se dit que tout était écrit dès ses premiers cris. Fin du siècle dernier, il est co-meilleur buteur du Hambourg SV. Neuf buts en Bundesliga. Balaise. Avec quand même un léger malaise. Un jour, alors qu'il vient de transformer un péno, il fête un peu trop, puis retourne à son aise vers ses perches. L'adversaire remet le ballon en jeu très rapidement et hop, Butt n'est pas encore dans son but. But. Pas de doute, les gardiens de but sont les keepers de tous les possibles.