Un brassard jaune fluorescent posé sur un maillot bleu. Difficile de faire plus criard. Pourtant, il faut détacher un regard magnétisé par le ballon pour pouvoir apprécier l'étendue du talent de Bryan Heynen. Deux ans après un titre lors duquel il a longtemps été le douzième homme du groupe de Philippe Clement, jusqu'au départ d' Alejandro Pozuelo à l'aube du sprint final, le milieu de terrain limbourgeois est devenu le patron du rond central du Racing. Dans un rôle moins spectaculaire, mais toujours plus collectif.
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Un brassard jaune fluorescent posé sur un maillot bleu. Difficile de faire plus criard. Pourtant, il faut détacher un regard magnétisé par le ballon pour pouvoir apprécier l'étendue du talent de Bryan Heynen. Deux ans après un titre lors duquel il a longtemps été le douzième homme du groupe de Philippe Clement, jusqu'au départ d' Alejandro Pozuelo à l'aube du sprint final, le milieu de terrain limbourgeois est devenu le patron du rond central du Racing. Dans un rôle moins spectaculaire, mais toujours plus collectif. Lors du titre, Heynen s'était distingué par une qualité majeure. Un sens du timing qui lui faisait systématiquement pousser au bon moment les portes de la surface adverse. Déjà, ses atouts s'apprécient loin du ballon, parce que l'instant où il entre en contact avec le cuir est toujours éphémère, quel que soit le résultat de son infiltration. Le génie vit quelques secondes plus tôt, au moment d'identifier l'espace pour s'y engouffrer quand le jeu le demande. Cette année-là, Bryan Heynen fait trembler les filets à cinq reprises en se créant 5,01 expected goals. Le sens de la précision couplé à celui de l'explosion, pour celui qui n'avait jamais trouvé le chemin du but en championnat avant le 26 décembre 2018, présentant seulement deux goals plantés en Europa League sur son CV. Freiné dans son ascension par une longue blessure, Heynen fait son retour dans un Genk bien différent de celui qu'il a accompagné vers les sommets du pays. Du milieu de terrain, où se côtoyaient Pozuelo, Sander Berge et Ruslan Malinovskyi, le coeur de l'équipe est passé aux avant-postes, résidence du trio formé par Paul Onuachu, Theo Bongonda et Junya Ito. Le premier ne s'arrête plus de planter ses roses dans les filets adverses, et les deux autres n'ont besoin de personne pour transformer une possession banale en occasion franche. Dans ce schéma, où les latéraux apportent le surnombre, les infiltrations offensives d'Heynen deviennent superflues. Le Limbourgeois met donc son sens de l'espace au service de l'équilibre collectif, laissant aux autres le soin de déséquilibrer l'adversaire. La zone d'action change, mais les qualités restent les mêmes. Bryan Heynen identifie les espaces et leur importance un cran plus vite que les autres, et met maintenant ces atouts au service du blocage des contre-attaques, de la récupération du ballon haut sur le pré ou de la disponibilité pour installer la possession à proximité de la surface adverse. Toujours là, sans qu'on ne fasse jamais assez attention à lui. Comme s'il servait de GPS à ses couleurs, le capitaine identifie toujours l'endroit où il doit se trouver pour mettre son équipe sur la bonne voie.