Philippe Bormans à propos...

...de la place de l'Union à Bruxelles : "Ce n'est pas Saint-Trond ici. Dans une ville de moins de 100.000 habitants, le foot prend un rôle proéminent. Ici, tu es dans une métropole de plus d'un million d'habitants. Ça veut dire qu'il n'y a pas que le foot. On m'a dit que chaque année, il y a 10% de gens qui habitent à Bruxelles qui déménagent. On est de retour, ici au Parc Duden, après deux saisons au Heysel. On est, en quelque sorte, un nouveau voisin. Pour beaucoup de gens qui habitent le quartier, la situation est neuve : il y a des matches, les rues sont fermées, il y a des policiers, les places de parking sont prises, etc. Ça cause des frictions, et je le comprends très bien. Il faut que les gens fassent connaissance avec le club, qu'il y ait une communication entre nous. Et ça vaut aussi pour les pompiers, les policiers, les autorités locales, les deux bourgmestres. C'est une situation particulière. On doit composer avec Saint-Gilles, qui bénéficie du nom et des retombées positives, mais aussi avec Forest, où nous nous trouvons et qui supporte beaucoup de contraintes. C'est un puzzle très compliqué."

...du produit Union : "Notre stade donne une ambiance spécifique aux matches : c'est un point fort. Par contre, il n'y a pas de toit. On est dans un parc et d'après ce qu'on m'a dit, c'est impossible d'en installer un. En Coupe, contre Knokke, une équipe amateur, il y avait 4.000 supporters. Or, quelques jours avant, en championnat contre Westerlo, alors qu'on jouait la tête, ils n'étaient que 1.000. Mais, de la première à la dernière minute, il a plu. Je pense que le lendemain, tout le monde était malade. Il y a forcément beaucoup de gens qui se disent : par ce temps, je n'ai pas envie d'aller passer 90 minutes sous la pluie à l'Union.

On en revient au produit. Il faut pouvoir offrir un produit de qualité, stable. Que les gens ne doivent pas attendre 30 minutes dans la file avant d'entrer au stade, qu'ils ne doivent pas attendre 20-30 minutes pour avoir une bière, ou sortir du stade pour aller aux toilettes... Ce sont des choses que l'on sait, on essaye de trouver des solutions à court terme et à long terme. C'est vraiment du boulot. Quelqu'un qui arrive ici, qui voit le stade, il ne voit pas ça. Ça, tu ne le sais que quand tu es supporter ou quand tu travailles au club. Ça fait partie des chantiers sur lesquels on travaille."

...du stade Marien : "Avec le stade dans son état actuel, ce n'est pas possible de s'installer dans la durée en D1A. Maintenant, si on peut améliorer le stade sur certains points, en concertation avec les autorités locales, oui. Si la question est : est-ce que vous voulez partir, déménager dans un autre stade ? Je vous dis : non, on veut rester ici. C'est clair. Mais bon, il y a des solutions à trouver sur plusieurs aspects et dans l'état actuel des choses, c'est un puzzle très compliqué."

...du niveau de la D1B : "Le niveau de la D1B a augmenté suite à la réforme et à la reprise de nombreux clubs de cette série. Je pense qu'il n'y a plus de différence de niveau entre les clubs classés de la 10e à la 16e place en D1A et les quatre premiers de D1B. Est-ce que c'est une bonne chose ? Oui et non. On a sous-estimé l'impact du descendant unique. En D1A, certains clubs sont à l'aise. Ils font une mauvaise saison, virent 2-3 coaches mais se sauvent quand même.

Dans le même temps, en D1B, tout le monde ne pense qu'à monter. Mais il n'y en a qu'un qui y arrive et les autres essuient de lourdes pertes. C'est une situation qui n'est pas bonne pour le football belge, ce n'est pas un modèle très positif. Quand quelqu'un investit dans un club de D1B, tant dans le sportif que l'extra-sportif, qu'il a un projet bien ficelé et qu'il se donne disons 5 ans pour monter, il devrait être sûr à 80% d'y arriver."

Par Jules Monnier

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