Le week-end dernier, deux clubs des play-offs ont à nouveau confirmé que c'étaient pour eux des play-offs bâclés, à oublier. Une fois de plus, Gand n'a rien su prendre et accentue encore son bilan catastrophique. Mais on n'attendait pas énormément de cette équipe, de toute façon. À côté de ça, le bilan du Standard est bien plus déprimant. Parce qu'on attendait quelque chose des Liégeois. Et la troisième défaite de suite qu'ils viennent d'enregistrer, sur la pelouse d'Anderlecht, est un revers qui fait très mal.

Les Anderlechtois ont au moins rempli leur devoir en dépensant de l'énergie dans ce match. En face, on a vu un Standard apathique, incapable de faire mal à l'adversaire en jouant presque tout le match en supériorité numérique. Aucune inspiration, pas d'envie. S'il y a une image que je dois retenir de ce clasico, c'est peut-être celle de Michel Preud'homme, calme sur son banc comme il l'a rarement été.

Il vit une saison frustrante, et là, j'ai l'impression qu'il a complètement perdu la flamme. Il était la plupart du temps avachi sur son siège, ça ne lui ressemble pas du tout. La faiblesse de ce Standard permet à Anderlecht d'entretenir un petit peu l'espoir d'une qualification européenne in extremis, il faudra voir comment ça se passe avec les affaires extra-sportives et les soucis de Malines. C'est la seule consolation de ces play-offs à Bruxelles, avec l'éclosion de Yari Verschaeren. Il est à coup sûr la découverte de cette saison.

À l'opposé, on a deux équipes qui continuent à régaler, à faire un parcours presque sans faute. Le match de ce week-end entre Bruges et Genk sera donc un match pour le titre. Mais bon, je ne me fais plus trop d'illusions sur les chances de Bruges. Même si le Club venait à gagner et à revenir ainsi à trois points, j'imagine mal le titre échapper aux Limbourgeois. Parce que rien, dans leur parcours en play-offs, ne laisse présager un effondrement sur la fin.

" Le niveau de Genk fait un peu oublier que Bruges signe aussi une saison remarquable. "

Genk a encore épaté dans son match face à l'Antwerp. Ce n'est pas donné à tout le monde de marquer quatre buts contre un adversaire aussi difficile à bouger. Les Anversois sont une révélation des play-offs mais Genk a simplement construit une victoire facile. C'est toujours aussi attrayant et efficace avec plein de joueurs qui restent au sommet de leur forme. Genk est sur le point de transformer son essai. Avec un bilan provisoire de 18 points sur 21 et une différence de buts de 16-4 depuis le début des PO, il n'y a rien à redire. Ce sera un titre mérité, point à la ligne.

C'est difficile de trouver un mot négatif à dire sur le parcours de Genk. Il y a les résultats. Il y a la manière. Et il y a aussi la mentalité. Là-bas, on ne voit jamais un joueur qui fait la tête quand il doit commencer un match sur le banc. Quand un réserviste monte en cours de jeu, il est plein d'enthousiasme.

Je n'imagine pas trop une victoire de Genk sur le terrain de Bruges, et donc il faudra patienter un peu pour que le titre soit officiel. Parce que le Club fait aussi un parcours remarquable. Un peu éclipsé aux yeux du grand public par le niveau de Genk. Si Bruges finissait champion, on ne pourrait pas dire non plus que ce serait volé. Simplement, il y a une équipe encore plus forte. Bruges a un peu souffert par moments contre Gand mais a fait le boulot, comme d'habitude. Maintenant, avec l'appui de son douzième homme, et avec la pression qui pourrait quand même enlever quelques pourcents aux joueurs de Genk, je vois mal les Limbourgeois s'imposer dans le clash du week-end. Partie remise de quelques jours, simplement.