1. Ton ancien club, le Dinamo Zagreb, est-il un concurrent redoutable en Europa League pour Genk, avec en plus West Ham et le Rapid Vienne?
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1. Ton ancien club, le Dinamo Zagreb, est-il un concurrent redoutable en Europa League pour Genk, avec en plus West Ham et le Rapid Vienne? Pas sur base du 0-2 subi contre les Anglais en tout cas. J'étais au stade Maskimir et j'ai assisté à un très mauvais match. West Ham, c'est la Premier League évidemment, mais le Dinamo a été faible. Il a pris une claque en étant éliminé en barrages de Champions League par le Sheriff Tiraspol. C'est incroyable quand on sait que la saison passée, le club s'est imposé 3-0 aux prolongations en huitièmes de finale d'Europa contre Tottenham et qu'il n'a été éliminé un tour plus tard que par Villarreal, le futur lauréat. Évidemment, Zagreb a perdu Gvardiol (Leipzig), Gavranovic (Kayserispor), et en fin de mercato, Majer (Rennes), Jakic (Francfort) et Kastrati (Legia Varsovie), des joueurs très importants qu'il n'a pu vraiment remplacer. Il a donc perdu en qualité. L'entraîneur, Krznar, procède normalement en 4-2-3-1, mais il est subitement passé au 5-3-2 contre West Ham. Je n'avais jamais vu pareille impuissance. Le Dinamo n'a trouvé aucune parade à la domination anglaise. Il est champion de Croatie depuis des années, mais il ne se démarque plus autant des autres. Il ne faut toutefois pas le sous-estimer, car ses supporters le poussent constamment. 2. Qu'est-ce qui te plaît le plus dans le Genk de John van den Brom pour le moment? Son jeu offensif et ses élans. Le Racing marque facilement. Onuachu est resté, mais le club a quand même transféré Ugbo. Il possède d'autres bons attaquants en Ito, Bongonda et Trésor. Son jeu est plein de fantaisie, marqué par une forme d'audace néerlandaise. Genk sait qu'il aura toujours des occasions de but et qu'il peut donc faire basculer un match. Marquer un but de plus que l'adversaire assure le spectacle. Genk possède une bonne équipe, avec un chouette entraîneur et un stade où règne une bonne ambiance. 3. Ancien meilleur buteur, peux-tu expliquer pourquoi une machine à buts comme Paul Onuachu est toujours en Belgique alors qu'il a inscrit 33 buts en 38 duels? C'est incompréhensible. Je ne sais vraiment pas. Les dirigeants de Genk peuvent sans doute l'expliquer. Je suis certain qu'ils ont reçu suffisamment d'offres. La question, c'est ce qu'ils exigeaient comme indemnité de transfert. Je pense que le scénario va se reproduire pendant la trêve hivernale. Nous parlons ici d'un excellent attaquant, qui a un peu douté de lui les deux premières semaines suite à l'échec de son transfert, mais qui a rapidement opéré le déclic et qui a retrouvé le chemin des filets. 4. Une victoire finale en Ligue des Nations représente quelque chose pour toi? Bien sûr, l'équipe nationale belge est une formation formidable. J'espère qu'elle va tout gagner et surtout au prochain Mondial au Qatar. Tout le monde attend depuis longtemps un résultat de celle équipe si spéciale. La deuxième place de la Croatie et la troisième de la Belgique étaient des succès en 2018. La plupart des joueurs ne joueront plus de grand tournoi après 2022. J'y crois et je serai le premier supporter de la Belgique. La France, c'est une occasion de prendre sa revanche. L'Espagne et l'Italie constituent de bons tests. 5. Quel mot te vient spontanément à l'esprit en voyant Romelu Lukaku à l'oeuvre? Le respect. Il m'a un jour envoyé un maillot après Belgique-Croatie. Son geste m'a fait énormément plaisir. Romelu est terriblement populaire ici. C'est un panzer, une bête, qui procure de grands moments à tous ses clubs. Partout, il a d'abord suscité le doute, mais il a toujours balayé le scepticisme avec facilité. Il y a Mbappé, Haaland et depuis des années Lewandowski, mais Romelu fait aussi partie de l'élite mondiale absolue. Il est certainement en mesure de remporter un jour le Soulier d'Or qui récompense le meilleur buteur européen.