Je retiens que le Standard a montré beaucoup de caractère, qu'il a été méconnaissable par rapport à sa non-prestation sur la pelouse d'Arsenal. Arracher un point dans ce stade après avoir été mené de deux buts, c'est la bonne opération du week-end.
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Je retiens que le Standard a montré beaucoup de caractère, qu'il a été méconnaissable par rapport à sa non-prestation sur la pelouse d'Arsenal. Arracher un point dans ce stade après avoir été mené de deux buts, c'est la bonne opération du week-end. Autant le mental du Standard m'a plu, autant je n'ai pas goûté aux approximations de l'Antwerp. Il y en a eu un paquet. D'abord, Laszlo Bölöni a mal négocié son match. Quand tu affrontes une équipe qui rentre d'un déplacement européen compliqué, tu dois lui mettre la pression de la première à la dernière minute, tu ne dois pas lui laisser l'occasion de s'installer. Le coach n'a pas su le faire. Et il a foiré son dimanche sur d'autres choses. La guéguerre entre Lior Refaelov et Dieumerci Mbokani pour tirer le penalty, c'était puéril, ça faisait penser à une bagarre de bac à sable. Ça tombe quand même sous le sens, chez les pros, d'avoir une liste de tireurs prédéfinie. Quand je vois que l'adjoint de Bölöni tient dans ses mains un carnet dans lequel il y a plusieurs pages de consignes, et puis ce flou concernant les tireurs de penalties, je me pose des questions. Mbokani et Refaelov sont clairement en lutte pour le titre de meilleur buteur, en oubliant l'intérêt collectif. Quand Didier Lamkel Ze se calme, la tempête est déclenchée par deux autres vedettes de l'équipe. Ça pourrait coûter cher. Tu y ajoutes la blessure de Steven Defour et ça en fait une journée pourrie. L'arbitre n'a pas été plus inspiré. Il y a deux phases similaires, une dans chaque camp, mais il a deux interprétations différentes. S'il donne un penalty pour la faute sur Refaelov, il doit donner un penalty pour l'accrochage sur Felipe Avenatti. Et s'il ne siffle pas pour un, il ne siffle pas non plus pour l'autre. Plus globalement, ces deux équipes du haut du classement seront condamnées à se battre pour finir derrière Bruges. Je pense qu'on peut déjà le dire définitivement : le Club sera imbattable cette saison. Il y avait déjà, là-bas, une grosse équipe. Il y a, maintenant, une machine qui n'arrête pas de gagner en puissance. Bruges vient d'enchaîner un seizième match sans perdre. Ses joueurs tenaient presque l'exploit ultime sur la pelouse du Real. Ils ont enchaîné avec une démonstration extraordinaire contre les Buffalos. Pour moi, Gand est l'équipe qui, derrière Bruges, produit le plus beau football en Belgique. Mais les hommes de JessThorup n'ont absolument rien montré dimanche. Pas un semblant d'occasion de but. Ils ont été tout simplement asphyxiés. On n'a jamais eu l'impression qu'ils pouvaient espérer quelque chose, même sur un petit miracle. Thorup n'a pas réussi son match. Pour une fois, il avait décidé de s'adapter à l'adversaire mais il aurait mieux fait de s'abstenir. Et s'il veut avoir un espoir de jouer avec les grands pendant toute la saison, il faudra qu'il arrive à rendre son équipe plus performante à l'extérieur. Parce qu'il y a trop de différence entre le Gand de la Ghelamco Arena et le Gand qui s'exporte. La victoire qu'ils ont laissé échapper de façon stupide en Europa League, la semaine passée, illustre une nouvelle fois ce souci. Il y a encore des réglages à faire. Comme à Genk, où Felice Mazzù a regagné un peu de crédit en arrachant un point contre Naples puis une victoire un peu miraculeuse contre Mouscron. Le Mazzùtime est de retour mais ça a été laborieux. Il n'arrive pas à avoir des joueurs réguliers à un bon niveau sur plusieurs matches consécutifs. Il y a clairement eu trop de bouleversements là-bas pour que Genk soit à nouveau considéré comme un candidat au titre. Les play-offs, je pense que c'est un objectif atteignable sans problème. Une nouvelle qualification européenne, ça me semble être le seul but réaliste.