Tu as joué un match méritoire en pointe contre le Club Bruges mais tu n'a pas vraiment réussi à t'imposer contre le plus rude Antwerp. Tu es prêt pour une troisième tentative?

Ce n'est certainement pas ma position favorite mais je peux m'y produire. Je n'étais pas dans le match contre l'Antwerp car on ne m'a pas suffisamment servi en fonction de mes qualités. Les défenseurs de l'Antwerp avaient généralement le jeu devant eux et ils n'ont donc jamais eu le sentiment de s'exposer à des problèmes. Nous étions constamment à la recherche de la passe parfaite alors que nous aurions dû glisser le ballon dans le dos de la défense. En Angleterre, on appelle ça des fifty-fifty balls.

Avec ma vitesse, j'aurais certainement pu réussir quelque chose. Qu'on procède donc par longs ballons. Ça sème la panique dans les rangs adverses et les pousse à l'erreur. Si on persévère, on finira par marquer un but. Nous avons posé les bons choix contre le Club Bruges, qui est meilleur que l'Antwerp. Notre jeu avait de la profondeur. C'est pour ça que je suis si déçu de la manière dont nous avons affronté l'Antwerp.

Après la défaite contre l'Antwerp, les supporters se sont révoltés, pour la première fois de la saison. Vous avez reçu le message?

Leur réaction est on ne peut plus normale. Nous avons toutes les raisons d'être fâchés sur nous-mêmes. Nous contrôlions le match contre l'Antwerp et nous l'avons laissé filer. Ce n'est pas que l'Antwerp ait été exceptionnel, pourtant. Si j'avais dû payer si cher pour voir mon équipe favorite le week-end et assister à ça... Je serais aussi fâché et frustré. Les supporters méritent de recevoir quelque chose en retour. Inversement, jouer les trois derniers matches à domicile dans un stade comble nous aiderait beaucoup.

Vendredi, vous disputez le match toujours chargé au Standard. Anderlecht n'y a plus gagné beaucoup de points depuis un certain temps. Les supporters doivent-ils se préparer à un zéro sur douze?

Nous devons faire abstraction de tout ce qui entoure ce match. Et nous ne devons certainement pas l'aborder en pensant que nous pourrions perdre pour la quatrième fois d'affilée. Cette équipe a besoin de sensations positives. Développons simplement notre jeu. Nous n'avons plus rien à perdre pour le moment. Mais ce sera un match très dur. C'est impossible autrement dans une affiche de ce niveau. Je me rappelle le match à Liège en février : je découvrais le championnat de Belgique et malgré la défaite, ça avait été une belle expérience.

Anderlecht risque de rater l'Europe, pour la première fois en 55 ans. Tu penses que l'équipe est capable de redresser la situation?

(Il réfléchit) Pour commencer, il faudra mieux gérer la succession rapide des matches. Nous venons d'en disputer trois en l'espace de sept jours et ça a été très pénible. Heureusement, nous avons suffisamment de temps pour récupérer avant le Standard. Et comme nous sommes à cinq points de la quatrième place et que nous devons rencontrer chaque équipe au moins une fois, tout reste possible. À condition de réussir une série. Pourquoi ne finirions-nous pas la saison en force? Il nous reste sept matches pour redresser le cap. Nous avons déjà épuisé tout notre stock d'excuses.

Beaucoup de gens se demandent ce qu'un joueur habitué à la Premier League vient faire ici. Tu viens de disputer dix matches sous le maillot d'Anderlecht. Quelle impression te fait le championnat de Belgique?

Je m'y plais bien. Le niveau est bon, le bagage technique moyen est assez élevé et le football me convient. On ne peut pas le comparer à celui de la Premier League ni de la Championship mais il est intéressant de découvrir autre chose. Mon passage en Belgique m'ouvre les yeux. Si j'avais espéré davantage de ce passage à Anderlecht? Je ne suis pas déçu de la façon dont il s'est déroulé. That's football. Je m'amuse toujours. Et je continuerai à me livrer à fond pour ce club tant que je m'amuserai sur le terrain.

Par Alain Eliasy