Vous avez encaissé pas moins de 11 buts sur les trois premières journées, avant de signer votre première clean sheet à Bruges. Qu'est-ce qui n'allait pas ?

Chaque année, on doit recommencer de zéro, avec des nouveaux joueurs et désormais, un nouveau staff technique. Sur le terrain, on a besoin d'automatismes, de connaître les joueurs qui jouent à nos côtés. On a aussi perdu Luis Garcia. C'était quelqu'un qui, avec la balle, donnait beaucoup de confiance à l'équipe pour lui permettre de revenir dans le match. Je pense qu'on a maintenant des joueurs qui sont capables de reprendre le flambeau, mais c'est toujours pareil : si tu as joué cinq ans dans une équipe, ce n'est pas la même chose que si tu viens d'arriver. On est encore une équipe qui se cherche.

Vous avez pourtant réalisé une préparation encourageante, avec des victoires significatives contre Leverkusen ou l'OFI Crète, sous les ordres d'un nouvel entraîneur ambitieux. Vous étiez victimes d'un trop plein de confiance ?

Je ne pense pas. La préparation, c'est toujours différent du championnat. Tout n'était pas mauvais dans nos matches, jusque-là, mais il nous manque encore quelque chose. C'est vrai qu'on a livré de bonnes performances cet été, en amical, mais on a joué contre des équipes étrangères et là aussi, il y a une approche différente.

Le départ de Claude Makelele a presque été accueilli par un sentiment de soulagement. Son approche, très défensive, ne collait pas avec une envie de spectacle que devait incarner Benat San José, qui a finalement réagi de la même manière afin de gratter quelques points. Ne s'agit-il pas d'un aveu de faiblesse ?

Avec Claude, c'était défensif, on était en place. Au début aussi, on avait difficile. Les premiers matches de championnat, on avait également encaissé quelques buts avant de vraiment décider de jouer défensif et donc de proposer moins de spectacle. Le nouveau coach a toujours travaillé avec des équipes qui aiment repartir de derrière et qui proposaient du jeu à l'espagnole, ce qui rejoint un peu ce que l'on faisait avant avec Jordi Condom. On essaye d'y revenir mais au vu des deux premiers matches, on a davantage voulu jouer défensif. C'est toujours compliqué de trouver l'équilibre...

La semaine dernière, le club a annoncé sa douzième recrue, en la personne de Pierre Ramses Akono. Le mercato n'étant pas terminé, Eupen a-t-il encore besoin de se renforcer ?

Pour moi, le plus important reste de construire une équipe, sur le terrain. Bien sûr, si on peut faire venir un joueur intéressant, aussi bien financièrement que sportivement, pourquoi pas, mais prendre pour prendre, ça ne sert à rien. Je pense que nous avons un bon secteur offensif. Nous avons recruté Leonardo Miramar Rocha, qui peut se révéler très important pour nous, mais il doit aussi encore trouver sa place. On s'est également renforcé sur les flancs, même si on a eu la malchance de voir Carlos (Embalo, ndlr) se blesser contre Gand. Je pense qu'on a une équipe qui a les qualités suffisantes pour évoluer en première division.

Ton contrat arrive à son terme le 30 juin 2020 prochain. Après cinq saisons au club, tu auras alors 34 ans. Tu as une idée d'où tu aimerais terminer ta carrière ?

En tant que footballeur, tu dois toujours penser à l'avenir. Tu peux te blesser gravement et tout est terminé. Je suis déjà des cours pour devenir entraîneur, mais j'espère surtout pouvoir jouer le plus longtemps possible. Quand je vois que mon ancien collègue a joué jusqu'à 38 ans (Luis Garcia, ndlr), ça donne envie. Je ne peux pas dire que ce sera à Eupen, mais je me sens bien ici, alors pourquoi ne pas prolonger ? J'essaye de rester fit, à 100%, et de jouer un maximum de matches. C'est vrai que c'est toujours plus intéressant de se battre pour les play-offs 1 plutôt que pour le maintien, mais finalement, je suis défenseur et j'ai beaucoup de travail, donc c'est aussi assez intéressant (rires). À Eupen, on espère faire quelque chose cette année et je veux évoluer avec cette équipe, ce club. On verra en fin de saison.