Besnik Hasi ne coache pas assis. Pendant nonante minutes, l'Albanais est intenable. Il fait les cent pas, houspille ses hommes, les siffle, et les replace avec des gestes pleins d'emphase qui pourraient faire atterrir un avion sur la pelouse s'il portait une chasuble "Brussels Airport". Mais à l'image de ces gestes qu'on a parfois du mal à comprendre, ses ajustements en cours de match ressemblent à un plan griffonné au brouillon.

Exemple le plus frais, le match à Sclessin a offert un scénario pour le moins surprenant. Dominé dans l'entrejeu, Yannick Ferrera profitait de la pause pour ajuster son schéma tactique en fonction des problèmes que lui posait le triangle médian d'Hasi. Et pendant ce temps, dans le vestiaire d'en face, Hasi... retirait du terrain l'indispensable Dendoncker, déséquilibrant la rencontre à son désavantage.

À Genk, il a fallu attendre le dernier quart d'heure pour voir Sylla sortir du banc et prendre la place d'un Okaka qui disputait plus de duels avec Johan Verbist qu'avec Sébastien Dewaest. Le coaching d'Hasi laisse souvent dubitatif. Sauf en Coupe d'Europe, sa bulle d'air, où il fonctionne désormais selon un schéma récurrent mais rémunérateur : la montée au jeu d'un joueur explosif (Acheampong ou Ezekiel) dans la dernière demi-heure, pour profiter des espaces offerts par un adversaire qui pousse de plus en plus.

C'est surtout quand il est mené qu'Hasi réagit souvent à l'excès. Combien de fois a-t-on déjà assisté à ce fameux passage à trois derrière, dans un système qui sent l'improvisation et le "hourra football", comme quand un coach de provinciales fait monter un attaquant de plus et crie "homme contre homme derrière" à ses défenseurs pour tenter le tout pour le tout ?

Trop de choses sur le terrain semblent laissées entre les mains du hasard. Une stratégie qui n'est pas viable à long terme. Car si la victoire à Monaco était capitale, elle était surtout inexplicable. Un succès irrationnel qui fait sourire la trésorerie et le prestige national, mais qui n'arrache même pas un rictus au fameux football maison. À Anderlecht, on peut parfois ne pas comprendre pourquoi on a perdu, mais il faut toujours savoir pourquoi on a gagné.

Par Guillaume Gautier

Retrouvez l'intégralité de l'article consacré à Anderlecht sous Hasi dans votre Sport/Foot Magazine

Besnik Hasi ne coache pas assis. Pendant nonante minutes, l'Albanais est intenable. Il fait les cent pas, houspille ses hommes, les siffle, et les replace avec des gestes pleins d'emphase qui pourraient faire atterrir un avion sur la pelouse s'il portait une chasuble "Brussels Airport". Mais à l'image de ces gestes qu'on a parfois du mal à comprendre, ses ajustements en cours de match ressemblent à un plan griffonné au brouillon.Exemple le plus frais, le match à Sclessin a offert un scénario pour le moins surprenant. Dominé dans l'entrejeu, Yannick Ferrera profitait de la pause pour ajuster son schéma tactique en fonction des problèmes que lui posait le triangle médian d'Hasi. Et pendant ce temps, dans le vestiaire d'en face, Hasi... retirait du terrain l'indispensable Dendoncker, déséquilibrant la rencontre à son désavantage.À Genk, il a fallu attendre le dernier quart d'heure pour voir Sylla sortir du banc et prendre la place d'un Okaka qui disputait plus de duels avec Johan Verbist qu'avec Sébastien Dewaest. Le coaching d'Hasi laisse souvent dubitatif. Sauf en Coupe d'Europe, sa bulle d'air, où il fonctionne désormais selon un schéma récurrent mais rémunérateur : la montée au jeu d'un joueur explosif (Acheampong ou Ezekiel) dans la dernière demi-heure, pour profiter des espaces offerts par un adversaire qui pousse de plus en plus.C'est surtout quand il est mené qu'Hasi réagit souvent à l'excès. Combien de fois a-t-on déjà assisté à ce fameux passage à trois derrière, dans un système qui sent l'improvisation et le "hourra football", comme quand un coach de provinciales fait monter un attaquant de plus et crie "homme contre homme derrière" à ses défenseurs pour tenter le tout pour le tout ? Trop de choses sur le terrain semblent laissées entre les mains du hasard. Une stratégie qui n'est pas viable à long terme. Car si la victoire à Monaco était capitale, elle était surtout inexplicable. Un succès irrationnel qui fait sourire la trésorerie et le prestige national, mais qui n'arrache même pas un rictus au fameux football maison. À Anderlecht, on peut parfois ne pas comprendre pourquoi on a perdu, mais il faut toujours savoir pourquoi on a gagné.Par Guillaume GautierRetrouvez l'intégralité de l'article consacré à Anderlecht sous Hasi dans votre Sport/Foot Magazine