1. Qu'est-ce que tu deviens?...
...

1. Qu'est-ce que tu deviens?... Je suis de nouveau au Luxembourg, au Swift Hesperange. J'ai l'avantage de connaître le championnat et il y a dans ce club plusieurs joueurs que j'ai entraînés à Dudelange. La direction a donc pensé que mon expérience pouvait être utile. Le week-end dernier, on a d'ailleurs battu Dudelange, qui est en tête du classement. 2. Tu as donc fait ton retour dans la galaxie de Flavio Becca! Il était mon président à Dudelange et on est restés en bons termes entre-temps. À l'époque, il avait trois clubs: Dudelange, Kaiserslautern et Virton. Aujourd'hui, il a Hesperange et toujours Virton. Il a beaucoup d'ambition avec le Swift. Il envisage de construire un nouveau stade et il voudrait en faire le premier club du Grand-Duché. 3. Pourquoi tu n'avais pas continué l'aventure à Dudelange? Les résultats étaient bons! Clairement, on a fait des belles choses. Surtout en Europa League. La qualification pour la phase de poules avait déjà été vue comme un exploit, après ça on a fait plusieurs gros matches. On s'est montrés contre Séville, on a fait un nul sur le terrain de Qarabag et on a terminé notre parcours en gagnant sur la pelouse de l'APOEL Nicosie. Pour un club luxembourgeois, c'était tout à fait inespéré. Et ça reste le meilleur parcours d'une équipe de ce pays dans une Coupe d'Europe. Malheureusement, mon aventure a été interrompue par le Covid alors qu'on faisait une belle remontée dans le classement. Mais je ne garde que des bons souvenirs. 4. Tu vois que le niveau du football luxembourgeois évolue? Bien sûr. Qui ne le voit pas? C'est vrai pour les clubs, c'est vrai aussi pour l'équipe nationale qui progresse au ranking FIFA. Ce football s'adapte aux nouvelles réalités, il fait de plus en plus appel à des gens de l'extérieur. Mais il y a peu de publicité autour de cette évolution. Malheureusement, les meilleurs joueurs quittent assez vite le championnat luxembourgeois. Et il y a aussi un règlement qui n'aide pas, avec l'obligation d'inscrire un minimum de sept joueurs luxembourgeois sur la feuille de match et l'interdiction d'y mettre plus de cinq transferts. Malgré ça, ce championnat mériterait qu'on en parle plus. Je dirais d'ailleurs la même chose du football asiatique où il y a quelques compétitions intéressantes. J'ai vu ça quand je travaillais en Thaïlande. 5. Tu vois ton nouveau passage au Luxembourg comme une pige sans lendemain ou tu as l'intention de faire une carrière d'entraîneur sur la durée? Je n'ai pas de plan précis en tête, je vis au jour le jour. Rester dans le football, ça oui, c'est une priorité. Je pense que j'ai quand même une certaine expérience à transmettre. Là, je suis les cours pour obtenir la Licence Pro. C'est une journée par mois et j'aurai la licence en fin d'année prochaine. Il y a pas mal de noms connus dans ma promotion: Vincent Kompany, Edward Still, Mbaye Leye, Timmy Simons, Karel Geraerts, Carl Hoefkens. Plus généralement, en parlant d'entraîneurs, je m'étonne toujours que les Belges s'exportent aussi mal. En Asie, je voyais des dizaines de coaches espagnols, néerlandais, serbes, etc. Mais pratiquement pas un Belge. J'y ai repensé quand Marc Wilmots a été nommé récemment dans un club au Maroc. Il est quand même resté un long moment sans boulot. Il faut qu'on m'explique pourquoi le pays qui occupe depuis des années la première place du ranking FIFA n'a pas d'entraîneur dans un grand championnat européen. Pour moi, ça reste un mystère. J'ai l'impression qu'on n'arrive pas à se positionner, à avoir les bons réseaux. Qu'on n'arrive pas à être assez ambitieux.