Sport/Foot Magazine: A quoi penses-tu le 3 avril dernier, après t'être blessé au tendon d'Achille ?

Christian Benteke: Je pense à ça... à la Coupe du Monde. On me lance en profondeur, je suis en face à face avec le gardien, je le drible, je me remets droit et quand je m'appuie sur mon pied d'appui, je tombe, j'entends quelque chose péter, je crie une fois très fort. C'est comme si on écrasait ma cheville. Mes équipiers arrivent en courant. Et je demande à l'un d'eux, s'il y a quelque chose de cassé. Il regarde, me dit qu'il n'y a rien. Je pense alors avoir fait un faux mouvement, je veux me relever et je retombe directement car ma cheville droite, je ne la sens plus. J'avais encore de l'espoir. Allongé sur la table, le docteur m'a dit que ça ne sentait pas bon. Que c'est normalement six mois mais qu'il faudra attendre les résultats des radios.

Tu te dis que c'est fini ?

Non j'y croyais. Le jour même ça me faisait mal mais quelques jours après ça allait déjà mieux, je pouvais marcher... en boitant.

Etais-tu marqué par ce que tu venais de vivre ?

Au club, tout le monde était dégoûté pour moi mais comme je n'aime pas montrer ce que je ressens et que j'ai beaucoup de fierté, j'essayais de garder le sourire, je disais "C'est le foot, c'est comme ça.". Je ne réalisais pas encore ce qui venait de se passer. Ce n'est que quand je me suis retrouvé, seul, au calme que je me suis dit : Tu vas quand même rater la Coupe du Monde ! Et ça te trotte dans la tête. Mais après, il faut passer au-dessus. Il faut se lever ! C'est dur mais je ne suis pas mort. Mon inquiétude concernait surtout l'opération mais elle s'est super bien passée donc...

C'est le plus grand coup dur de ta carrière ?

Oui. J'ai connu d'autres coups durs mais cette Coupe du Monde devait être la récompense de toutes les épreuves que j'ai vécues, la résultante de mon travail. J'ai galéré jusqu'ici et enfin, j'avais l'occasion de me montrer devant tout le monde, de prouver que je suis un bon joueur de foot. C'est râlant, c'est frustrant. Je suis davantage frustré que déçu. Je ne méritais pas ça. J'avais tout fait pour y être car je vis pour mon métier. Mais je ne suis pas inquiet quant à mon retour. Le foot, tu l'as ou tu l'as pas. Ce n'est pas parce que je vais être à l'arrêt quelque temps que je ne reviendrai pas.

Appréhendes-tu les prochains mois ?

Non pas du tout. Je serai avec mes proches, avec ma famille, je serai bien. La rééducation va être compliquée mais je suis prêt à surmonter ça.

Comment vas-tu vivre cette Coupe du Monde ?

Je vais soutenir mes coéquipiers mais je n'irai pas sur place. Ça va me faire plus mal qu'autre chose.

Retrouvez l'intégralité de cette interview dans Sport/Foot Magazine. Thomas Bricmont

Sport/Foot Magazine: A quoi penses-tu le 3 avril dernier, après t'être blessé au tendon d'Achille ? Christian Benteke: Je pense à ça... à la Coupe du Monde. On me lance en profondeur, je suis en face à face avec le gardien, je le drible, je me remets droit et quand je m'appuie sur mon pied d'appui, je tombe, j'entends quelque chose péter, je crie une fois très fort. C'est comme si on écrasait ma cheville. Mes équipiers arrivent en courant. Et je demande à l'un d'eux, s'il y a quelque chose de cassé. Il regarde, me dit qu'il n'y a rien. Je pense alors avoir fait un faux mouvement, je veux me relever et je retombe directement car ma cheville droite, je ne la sens plus. J'avais encore de l'espoir. Allongé sur la table, le docteur m'a dit que ça ne sentait pas bon. Que c'est normalement six mois mais qu'il faudra attendre les résultats des radios. Tu te dis que c'est fini ? Non j'y croyais. Le jour même ça me faisait mal mais quelques jours après ça allait déjà mieux, je pouvais marcher... en boitant. Etais-tu marqué par ce que tu venais de vivre ? Au club, tout le monde était dégoûté pour moi mais comme je n'aime pas montrer ce que je ressens et que j'ai beaucoup de fierté, j'essayais de garder le sourire, je disais "C'est le foot, c'est comme ça.". Je ne réalisais pas encore ce qui venait de se passer. Ce n'est que quand je me suis retrouvé, seul, au calme que je me suis dit : Tu vas quand même rater la Coupe du Monde ! Et ça te trotte dans la tête. Mais après, il faut passer au-dessus. Il faut se lever ! C'est dur mais je ne suis pas mort. Mon inquiétude concernait surtout l'opération mais elle s'est super bien passée donc... C'est le plus grand coup dur de ta carrière ? Oui. J'ai connu d'autres coups durs mais cette Coupe du Monde devait être la récompense de toutes les épreuves que j'ai vécues, la résultante de mon travail. J'ai galéré jusqu'ici et enfin, j'avais l'occasion de me montrer devant tout le monde, de prouver que je suis un bon joueur de foot. C'est râlant, c'est frustrant. Je suis davantage frustré que déçu. Je ne méritais pas ça. J'avais tout fait pour y être car je vis pour mon métier. Mais je ne suis pas inquiet quant à mon retour. Le foot, tu l'as ou tu l'as pas. Ce n'est pas parce que je vais être à l'arrêt quelque temps que je ne reviendrai pas. Appréhendes-tu les prochains mois ? Non pas du tout. Je serai avec mes proches, avec ma famille, je serai bien. La rééducation va être compliquée mais je suis prêt à surmonter ça. Comment vas-tu vivre cette Coupe du Monde ? Je vais soutenir mes coéquipiers mais je n'irai pas sur place. Ça va me faire plus mal qu'autre chose. Retrouvez l'intégralité de cette interview dans Sport/Foot Magazine. Thomas Bricmont