Seuls quelques éclats de voix ponctuels brisent un silence de cathédrale. On s'imaginerait presque deux kilomètres plus loin, dans la monumentale bibliothèque universitaire aux devantures gothiques qui fait la fierté de Louvain. Ici aussi, l'atmosphère est studieuse, quelques instants avant le coup d'envoi d'un examen qui doit ouvrir à des étudiants du football les portes de la prestigieuse entreprise diabolique. Certains sont là pour un rattrapage, d'autres pour une grande première. On vise, selon ses aspirations, une place dans les onze ou dans les vingt-trois. Le match est sans public, et sans véritable enjeu collectif, mais pas sans importance.

S'il est pour certains une cerise gâtée sur l'indigeste gâteau d'un calendrier engorgé, ce match amical contre la Suisse est une bénédiction pour Roberto Martinez. Une volonté de directeur technique plus qu'un caprice de sélectionneur. L'occasion de mettre des joueurs dans des conditions réelles et difficiles, et d'analyser leur réaction. Le costume noir pourrait être troqué contre une blouse blanche, car comme souvent en match amical, l'heure est aux expériences.

Sur la pelouse, le Catalan donne à la fois du rythme à Thorgan Hazard, Nacer Chadli ou Michy Batshuayi, une occasion de prendre le jeu en mains à Hans Vanaken et Dennis Praet, et une première titularisation à Sebastiaan Bornauw et Dodi Lukebakio, qui portent à quarante-quatre le total de Diables alignés d'emblée par Martinez en quatre ans de mandat. Dont onze sur les dix derniers matches, parfumés à la quête progressive de la relève.

MIROIR TOUT-TERRAIN

Le système suisse propose une opposition en miroir, et les hostilités se lancent dans un duel tout-terrain. Pressing partout, justesse nulle part. Les ingrédients d'un football décousu, qui privent la Belgique de sa possession habituelle. Numéro dix sur le dos, Thorgan Hazard tente bien d'endosser les responsabilités familiales, mais sa position dans le couloir laisse souvent ses ébauches de dialogue sans réponse. Au milieu, Hans Vanaken cherche vainement les appels en profondeur qui l'ont toujours aidé à masquer son manque de vitesse alors que devant, Batshuayi n'apparaît jamais pour ouvrir la porte d'un séjour temporaire au ballon de l'autre côté du rond central. Une fois tous ces constats cumulés, il ne reste aux Diables que l'audace trop débridée de Lukebakio et les appels sans réponse de Praet pour espérer exister.

La Suisse ne propose pas grand-chose de plus, mais profite de la liberté autorisée par le bloc belge à ses défenseurs centraux pour surmonter un Bornauw mal à l'aise dans le trafic aérien. Admir Mehmedi, mis sur orbite par le front fébrile du géant de Cologne, ne laisse aucune chance à Simon Mignolet et accentue le silence louvaniste.

Incapable de faire circuler le ballon sous pression, car privée d'opportunités et de talent entre les lignes, la Belgique n'ouvre jamais la porte de la surface helvète. La mi-temps est atteinte avec quatre frappes à distance, qui n'atteignent jamais les gants d'Yvon Mvogo, dernier rempart des gardes suisses. Juste avant le retour aux vestiaires, c'est même Brandon Mechele qui doit troquer sa tunique diabolique contre un costume de pompier pour éteindre une reconversion brûlante des visiteurs.

YOURI, MICHY, FINI

Tout change en un changement. Parce que Youri Tielemans ne révise pas son cours de hiérarchie. L'examen est réussi de longue date, fruit d'années de sélections parfois jugées illégitimes, mais qui prennent tout leur sens a posteriori. En quatre minutes, le Fox dirige le pressing, récupère un ballon chaud et le dépose en un clin d'oeil et un coup de pied dans une surface où rôde Michy Batshuayi. Bruce Wayne hors de la boîte, Batsman dans les seize mètres: la finition pleine de sang-froid fait trembler le petit filet.

L'audace suisse et la verticalité de Tielemans transforment la pelouse en carrefour, où la circulation se régule seulement au moment d'entrer dans la surface. Des deux côtés, rares sont ceux qui passent le péage. Lukebakio patine quand les reconversions se jouent entre ses pieds, et il reste toujours une jambe ou un gant belge pour priver les Suisses d'un deuxième but.

Avant une ultime charge suisse canalisée par une Belgique recroquevillée en 5-4-1, les derniers véritables frissons de la soirée sont donc diaboliques. Thomas Foket transforme un centre trop long de l'électrique Lukebakio en passe décisive, grâce aux qualités techniques de Batshuayi qui semblent se sublimer à l'approche des filets. Le doublé de Michy offre à la Belgique un quatrième but sur ses quatre dernières frappes cadrées, réparties équitablement entre Reykjavik et Louvain. Réalisme froid sous tribunes vides. Le refrain du tube de l'automne commence peut-être à lasser, mais prolonge son séjour en tête des charts.

Seuls quelques éclats de voix ponctuels brisent un silence de cathédrale. On s'imaginerait presque deux kilomètres plus loin, dans la monumentale bibliothèque universitaire aux devantures gothiques qui fait la fierté de Louvain. Ici aussi, l'atmosphère est studieuse, quelques instants avant le coup d'envoi d'un examen qui doit ouvrir à des étudiants du football les portes de la prestigieuse entreprise diabolique. Certains sont là pour un rattrapage, d'autres pour une grande première. On vise, selon ses aspirations, une place dans les onze ou dans les vingt-trois. Le match est sans public, et sans véritable enjeu collectif, mais pas sans importance.S'il est pour certains une cerise gâtée sur l'indigeste gâteau d'un calendrier engorgé, ce match amical contre la Suisse est une bénédiction pour Roberto Martinez. Une volonté de directeur technique plus qu'un caprice de sélectionneur. L'occasion de mettre des joueurs dans des conditions réelles et difficiles, et d'analyser leur réaction. Le costume noir pourrait être troqué contre une blouse blanche, car comme souvent en match amical, l'heure est aux expériences.Sur la pelouse, le Catalan donne à la fois du rythme à Thorgan Hazard, Nacer Chadli ou Michy Batshuayi, une occasion de prendre le jeu en mains à Hans Vanaken et Dennis Praet, et une première titularisation à Sebastiaan Bornauw et Dodi Lukebakio, qui portent à quarante-quatre le total de Diables alignés d'emblée par Martinez en quatre ans de mandat. Dont onze sur les dix derniers matches, parfumés à la quête progressive de la relève.Le système suisse propose une opposition en miroir, et les hostilités se lancent dans un duel tout-terrain. Pressing partout, justesse nulle part. Les ingrédients d'un football décousu, qui privent la Belgique de sa possession habituelle. Numéro dix sur le dos, Thorgan Hazard tente bien d'endosser les responsabilités familiales, mais sa position dans le couloir laisse souvent ses ébauches de dialogue sans réponse. Au milieu, Hans Vanaken cherche vainement les appels en profondeur qui l'ont toujours aidé à masquer son manque de vitesse alors que devant, Batshuayi n'apparaît jamais pour ouvrir la porte d'un séjour temporaire au ballon de l'autre côté du rond central. Une fois tous ces constats cumulés, il ne reste aux Diables que l'audace trop débridée de Lukebakio et les appels sans réponse de Praet pour espérer exister.La Suisse ne propose pas grand-chose de plus, mais profite de la liberté autorisée par le bloc belge à ses défenseurs centraux pour surmonter un Bornauw mal à l'aise dans le trafic aérien. Admir Mehmedi, mis sur orbite par le front fébrile du géant de Cologne, ne laisse aucune chance à Simon Mignolet et accentue le silence louvaniste.Incapable de faire circuler le ballon sous pression, car privée d'opportunités et de talent entre les lignes, la Belgique n'ouvre jamais la porte de la surface helvète. La mi-temps est atteinte avec quatre frappes à distance, qui n'atteignent jamais les gants d'Yvon Mvogo, dernier rempart des gardes suisses. Juste avant le retour aux vestiaires, c'est même Brandon Mechele qui doit troquer sa tunique diabolique contre un costume de pompier pour éteindre une reconversion brûlante des visiteurs.Tout change en un changement. Parce que Youri Tielemans ne révise pas son cours de hiérarchie. L'examen est réussi de longue date, fruit d'années de sélections parfois jugées illégitimes, mais qui prennent tout leur sens a posteriori. En quatre minutes, le Fox dirige le pressing, récupère un ballon chaud et le dépose en un clin d'oeil et un coup de pied dans une surface où rôde Michy Batshuayi. Bruce Wayne hors de la boîte, Batsman dans les seize mètres: la finition pleine de sang-froid fait trembler le petit filet.L'audace suisse et la verticalité de Tielemans transforment la pelouse en carrefour, où la circulation se régule seulement au moment d'entrer dans la surface. Des deux côtés, rares sont ceux qui passent le péage. Lukebakio patine quand les reconversions se jouent entre ses pieds, et il reste toujours une jambe ou un gant belge pour priver les Suisses d'un deuxième but.Avant une ultime charge suisse canalisée par une Belgique recroquevillée en 5-4-1, les derniers véritables frissons de la soirée sont donc diaboliques. Thomas Foket transforme un centre trop long de l'électrique Lukebakio en passe décisive, grâce aux qualités techniques de Batshuayi qui semblent se sublimer à l'approche des filets. Le doublé de Michy offre à la Belgique un quatrième but sur ses quatre dernières frappes cadrées, réparties équitablement entre Reykjavik et Louvain. Réalisme froid sous tribunes vides. Le refrain du tube de l'automne commence peut-être à lasser, mais prolonge son séjour en tête des charts.