La présence de Roberto Martinez dans une tribune de Pro League n'est en soi pas toujours un indice. On le sait, le coach national aime bien s'y balader, parfaire son entregent et valider son costume de directeur technique. Reste que, bien installé dans la tribune d'honneur du Mambourg ce vendredi soir, l'Espagnol n'a pu que se réjouir de la prestation défensive une nouvelle fois aboutie du quatre arrière à 75% belge des Carolos. Parmi celui-ci, un homme avait plus de chances de retenir son attention. Joris Kayembe a l'avantage d'être gaucher et ce n'en est pas un petit.
...

La présence de Roberto Martinez dans une tribune de Pro League n'est en soi pas toujours un indice. On le sait, le coach national aime bien s'y balader, parfaire son entregent et valider son costume de directeur technique. Reste que, bien installé dans la tribune d'honneur du Mambourg ce vendredi soir, l'Espagnol n'a pu que se réjouir de la prestation défensive une nouvelle fois aboutie du quatre arrière à 75% belge des Carolos. Parmi celui-ci, un homme avait plus de chances de retenir son attention. Joris Kayembe a l'avantage d'être gaucher et ce n'en est pas un petit. Rapide, percutant, technique et jusqu'ici irréprochable défensivement, l'ancien de Porto doit forcément titiller les choix du sélectionneur à un poste où ni Thorgan Hazard ni Yannick Carrasco ne semble réellement faire l'unanimité chez les Diables. Dans le Charleroi de Karim Belhocine, Joris Kayembe joue lui déjà ce rôle de piston gauche. Avaleur de kilomètres à temps plein, le joueur était d'ailleurs perclus de crampes vendredi soir, en fin de match. Pas étonnant quand on s'inflige des slaloms géants à longueur de mi-temps. Est-il le pendant côté gauche des percutants Thomas Meunier et Timothy Castagne à droite ? Oui, mais en plus technique. À 26 ans, Joris Kayembe a définitivement une bonne tête de relève. Et Roberto Martinez les yeux grands ouverts.Aligné dans un 3-4-3 inédit, le Standard by Philippe Montanier a surpris. A séduit, aussi, et ce n'était pas gagné. Parce qu'on ne connaissait rien du jeune Damjan Pavlovic, 19 ans et novice en Pro League, et qu'on pouvait légitimement se permettre de douter de la capacité des Liégeois à se réinventer. Finalement, privés de Nicolas Gavory (suspendu), de Maxime Lestienne et Samuel Bastien (blessés), les Rouches ont revu leur copie et trouvé dans l'imprévu une forme de stabilité. Cohérent dans l'ensemble et solide tout du long, le Standard a étonné par son sérieux contre Courtrai. Un gage de qualité dont on se demande maintenant s'il peut devenir gage d'avenir. Moins seul qu'à l'accoutumée, avec Mehdi Carcela et Selim Amallah en soutien direct, Obbi Oularé faisait moins peine à voir que les semaines précédentes. Surtout, Pavlovic et Collins Fai ont excellé dans leur rôle de pistons gauche et droit. Gaucher et adroit, Damjan Pavlovic, milieu défensif de formation replacé à l'arrière gauche, s'est révélé être une vraie option. De quoi apporter une concurrence indispensable à un Gavory désespérément seul depuis son arrivée en Principauté, en juin 2019. Et redistribuer une partie des cartes dans un noyau liégeois soudainement redevenu concurrentiel. Et imprévisible. On avait pris l'habitude de les critiquer. De les enfoncer. Et eux semblaient parfois prendre plaisir à encaisser les coups. À 0-2 samedi soir, et après le penalty manqué par Lukas Nmecha, les mauvaises langues auraient bien vu les Mauves replonger dans leurs travers. Ceux-ci auront finalement eu le bon goût d'attendre d'en passer quatre au pauvre Nordin Jackers pour réitérer l'opération portes ouvertes devenue l'immanquable des fins de matches bruxelloises. Reste que devant, Anderlecht envoie désormais du lourd et que derrière, Vincent Kompany s'est enfin laissé convaincre de confier les clés de son axe défensif à Hannes Delcroix. Un défenseur gaucher, tiens, tiens, pur produit du club et habitué à jouer les bouches trous depuis son accession au noyau A sous Hein Vanhaezebrouck il y a plus de deux ans. Entretemps, Anderlecht aura transféré à tour de bras pour finalement en revenir aux bases. En nonante minutes, Delcroix a confirmé ce que certains avaient déjà vu il y a trois semaines avec les Espoirs contre l'Allemagne. Sec dans les duels, précis à la relance, les Mauves tiennent là un défenseur, un vrai. Et un joueur de ballon, ce qui ne gâche rien quand on prétend vouloir construire de derrière. Avec Delcroix, Kompany n'a pas trouvé son double, mais la pièce manquante d'un puzzle dont les contours semblent enfin établis. Reste maintenant à combler les blancs.