À en croire tout ce qu'on lisait ces derniers temps, tout avait changé à Anderlecht. On a eu droit à une nouvelle équipe de management, puis à un nouveau staff, et à toute une série de présentations où Michael Verschueren a présenté toutes ses idées pour un futur radieux. Le nouvel entraîneur, Fred Rutten, s'est joint à ce discours positif, tout comme Frank Arnesen.

Le stage avait été positif, on faisait planer dans l'air le sentiment qu'Anderlecht était de retour... Tout semblait fait pour élever la confiance des joueurs afin de sortir de cette période de crise. Le docteur Rutten était arrivé pour soigner le manque de confiance chronique du vestiaire.

Le problème principal d'Anderlecht n'est peut-être pas là. Contre Gand, j'ai surtout vu un manque de qualité sur la pelouse. Une équipe qui devra batailler pour se faire une place dans les play-offs 1. N'importe quel entraîneur aurait pu être nommé à la tête de ce groupe, il ne pourrait pas faire de miracles.

C'était un football différent de celui qu'on a pu voir sous Hein Vanhaezebrouck. Un 4-3-3 assez simple, avec de la stabilité et une plus grande clarté pour les joueurs. La première mi-temps n'a pas été mauvaise. Je l'ai même trouvée satisfaisante, malgré quelques contres où Anderlecht a manqué de réussite.

Par contre, en deuxième période, c'était la misère. Ryota Morioka a été très faible, il manque cruellement de confiance, et on s'oriente vers un nouveau raté à la Nicolae Stanciu. Maintenant, ça va probablement être au tour de Peter Zulj. On dit qu'il a beaucoup de qualités footballistiques mais pour réussir à Anderlecht, il faut aussi être fort mentalement. Il ne faut pas sentir la pression, oser continuer à jouer malgré une ou deux passes ratées.

Frank Arnesen et Marc Coucke vont devoir agir. À la fin du match à Gand, ils avaient vraiment une mine patibulaire, à l'image de Michael Verschueren, assis à leur côté. Au vu de la prestation des Sportingmen sur le terrain, il y a effectivement de quoi s'inquiéter. Il rester reste peu de temps à ces trois hommes, une petite dizaine de jours, et ils doivent absolument trouver un buteur - car Ivan Santini n'est pas la panacée - tout en espérant que Zulj fasse mieux que ses prédécesseurs à la création du jeu.

Les deux prochains matches à domicile, face à Eupen et Zulte Waregem, sont abordables mais dans l'intervalle, les Mauves devront aller au Standard et, plus loin, à l'Antwerp, avant de recevoir Bruges. Gagner deux ou trois fois de suite serait un bon remède pour se relancer, mais j'ai des doutes sur les capacités d'Anderlecht à y parvenir. Du moins, avec ce noyau-ci. Les dirigeants des Mauves savent donc ce qu'ils doivent faire s'ils veulent éviter l'humiliation des play-offs 2.

L'exemple de Gand est peut-être bon à suivre. Les responsables, là-bas, ont fait venir un attaquant qui a déjà travaillé avec Jess Thorup, et il a marqué dès son premier match. C'est de ce genre de transfert dont Anderlecht a besoin, pour faire la différence rapidement, car les échéances décisives approchent. Les Gantois voguent maintenant avec un sentiment positif, l'atmosphère a changé et ils me semblent être en route pour une participation aux PO1. Côté anderlechtois, c'est loin d'être acquis pour l'instant.

Anderlecht traverse une période incroyable, dans le mauvais sens du terme. Pour les supporters, je pense que c'est du jamais vu. Dans le temps, on n'aurait jamais pu imaginer une série pareille. Rendez-vous compte : sur les sept derniers matches, ils n'ont pris que quatre points. Ils ont perdu cinq fois. Normalement, une série de sept matches à Anderlecht, c'est plutôt cinq victoires, un nul et une défaite. Et là, c'est complètement l'inverse. J'ai de la peine pour ces supporters qui doivent rentrer chez eux le dimanche soir et dire à leur femme : " On a encore perdu. "