Son nom complet est Arnaut Danjuma Groeneveld. Il est le successeur d' Anthony Limbombe au Club Bruges. Né le 31 janvier 1997 à Lagos, au Nigeria, d'une mère nigériane et d'un père néerlandais. Ce dernier, aujourd'hui âgé de 71 ans, travaillait sur un dragueur de mines de l'entreprise Boskalis, et vit désormais séparé de son épouse.
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Son nom complet est Arnaut Danjuma Groeneveld. Il est le successeur d' Anthony Limbombe au Club Bruges. Né le 31 janvier 1997 à Lagos, au Nigeria, d'une mère nigériane et d'un père néerlandais. Ce dernier, aujourd'hui âgé de 71 ans, travaillait sur un dragueur de mines de l'entreprise Boskalis, et vit désormais séparé de son épouse. Le deuxième prénom d'Arnaut, Danjuma, fait référence à ses racines. Littéralement, cela signifie : né un vendredi. S'il se fait appeler Arnaut Danjuma à Bruges, il ne faut pas trop en chercher la raison, a-t-il fait savoir à un reporter de Fox Sports qui est passé le voir pendant le stage d'entraînement du Club. Son père est et reste un homme formidable dans sa vie, c'est simplement " un avis personnel. " Groeneveld : " Ce nom figure aussi en tant que tel sur mon passeport. " Lorsqu'il avait quatre ans, la famille a déménagé dans la ville néerlandaise de Oss. Quand le journal Brabantse Dagblad l'a interviewé, le 19 mai, sur la terrasse du Nieuwe Wereld à Oss, il a promis au reporter qu'un livre ou un documentaire sortirait certainement, dans lequel il dirait toute la vérité sur sa jeunesse tourmentée, mais il faudra attendre la fin de sa carrière footballistique. " L'histoire fera peur à tout le monde ", a-t-il annoncé. Mais, pour l'instant, il ne veut donner que de vagues indications. " Je veux rester dans ma zone de confort. Si j'entre trop dans les détails, cela me poursuivra durant toute la suite de ma carrière. " Il y a, apparemment, assez de matériel pour figurer dans la Players Tribune. En gros, on peut déjà dire qu'aux Pays-Bas, il a été hébergé par trois familles d'accueil différentes, dans différentes parties du pays. L'aide à la jeunesse est intervenue, et finalement, le juge l'a rendu à son père, qui s'était établi à Oss. Une jeunesse chaotique. " Mais pas mauvaise ", assure Groeneveld dans cette interview. " Cela m'a forgé le caractère. Je suis fier de ce que je suis devenu. Et cette fierté me fait avancer dans la vie. " Son frère et sa soeur étudient aux universités d'Utrecht et de Londres, respectivement, et lui-même possède un diplôme de l'école secondaire. Sa famille l'a obligé à l'obtenir. " Ma mentalité et ma vision de la vie proviennent de tout ce que j'ai vu et vécu ", a-t-il aussi révélé au journaliste néerlandais lors de ce même entretien. " Je n'admire personne mais je cherche l'inspiration dans des caractèrses forts comme ceux de Muhammad Ali, Mike Tyson, Allen Iverson et Zlatan Ibrahimovic. Autant de sportifs qui ont atteint les sommets parce qu'ils sont différents des autres. J'aime écouter les rappeurs Russ et Drake. Ils mettent des mots sur des choses que j'ai moi-même vécues et m'offrent d'autres perspectives. Je suis musulman et c'est dans l'islam que j'ai appris la plupart des leçons de la vie. " Au NEC Nimègue, il n'est pas le seul dans ce cas. Mohamed Rayhi et Anass Achahbar sont également des musulmans pratiquants. Lors d'une interview accordée au Gelderlander, Rayhi a déclaré à un moment donné : " Nous trois, nous sommes souvent ensemble, nous nous corrigeons mutuellement et nous prions ensemble. " A Oss, il a joué dans différents clubs amateurs, avant de rejoindre le centre de formation de Top Oss. Il n'y est resté qu'une saison. L'attaquant est alors parti au PSV. Il effectuait les trajets en train, avec d'autres jeunes des environs. Comme il n'a jamais gagné un euro en huit années au PSV, qu'il n'a pas réussi à percer à Eindhoven, qu'il n'a joué qu'un seul match pour l'équipe Espoir du PSV, et que la famille ne roulait pas sur l'or, il a tenté lui-même de gagner un peu d'argent. Groeneveld a déclaré au BrabantsDagblad : " Je ne voulais pas demander de l'argent à mon père. Je suis trop fier pour cela. Je revendais des gadgets que je recevais du PSV, à des amis ou via le site marktplaats.nl. " Il ne comprend pas pourquoi le PSV, un club qui a autant de moyens, ne l'a jamais soutenu, alors que tout le monde connaissait sa situation. Car il aurait pu prendre une mauvaise trajectoire, a-t-il avoué au reporter. " On m'a proposé beaucoup d'argent pour vendre des 'choses'. Je connais des garçons qui ont été arrêtés pour cela. Je n'ai pas osé franchir le pas et j'ai refusé, y compris par respect pour mes parents. " Finalement, le PSV l'a laissé partir au NEC Nimègue. Là, durant sa première saison, il a joué de temps en temps en Eredivisie. C'est précisément contre le club d'Eindhoven qu'il a effectué ses débuts. Mais son équipe a été reléguée. Et, durant sa deuxième saison, il a réellement percé. Un an plus tard, le Club Bruges est venu le chercher, malgré un contrat qui courait encore jusqu'en 2020 et un statut d'international espoir néerlandais. Remco Oversier, le directeur technique de NEC, ne tarit pas d'éloges à propos de Groeneveld : " Alors que je venais d'entrer en fonction au NEC et que je l'ai vu à l'oeuvre, je savais : dans trois ans, ce gars-là jouera en équipe nationale des Pays-Bas. Il a tellement de potentiel... Lorsqu'il s'élance en profondeur sans ballon, il n'est pas exceptionnellement rapide, mais avec le ballon, il constitue toujours une menace. Il est très explosif et peut à la fois déborder sur son flanc ou rentrer vers l'intérieur. Un talent incroyable. Sa technique de frappe est phénoménale. Lorsqu'on analyse ses buts, on constate qu'il sont tous différents. J'ai vu des arrières droits qui ne savaient plus où donner de la tête. Offensivement, il est très fort. S'il n'a pas percé au PSV, c'est en raison d'une blessure récurrente. Il a alors disparu de la circulation. Sa chance, et aussi la nôtre, c'est qu'il a abouti dans une équipe qui met le talent en évidence. Nous essayons d'offrir une plateforme aux jeunes - ce fut déjà le cas avec Limbombe dans le passé - et nous essayons maintenant de faire pareil avec Sabak. Nous leur offrons un nouveau tremplin en misant sur leurs qualités propres. " Adri Bogers (ex-Malines) a été un moment son entraîneur la saison dernière, puis est redevenu assistant. Bogers : " Comme je voyais qu'il avait beaucoup de talent, et aussi que notre noyau recelait beaucoup de qualités offensives, j'ai essayé en tant qu'entraîneur principal de construire notre équipe autour de trois attaquants. Il s'est senti comme un poisson dans l'eau dans ce système : il a inscrit de nombreux buts et délivré de nombreux assists. Son rendement, durant la première moitié du championnat, a été très élevé. Puis, il s'est blessé, un nouvel entraîneur est arrivé, et les deux ensemble l'ont un peu... Comment dire ? Relégué à l'arrière-plan. L'expression est trop forte, mais il n'a plus retrouvé sa fluidité et sa condition d'avant. " Physiquement, il devra progresser cette saison. Bogers : " Nous jouions en 4-3-3, avec lui à gauche devant et dans son dos un arrrière gauche et deux médians récupérateurs, dont l'un devait couvrir l'espace dans son dos. A Bruges, il est l'un des cinq défenseurs. C'est tout de même très différent. Mais, généralement, Bruges est l'équipe dominante, et dans ces conditions, il parviendra à exprimer ses qualités. " Oversier : " Il parviendra à s'adapter, j'en suis sûr, car il pourra partir de plus loin et aura plus de temps pour dribbler. Physiquement, il a assez de volume et il sait aussi que, s'il veut un jour devenir international, il devra franchir le cap. Arnaut est très professionnel : le premier à entrer en salle de musculation et le dernier à en sortir. Lorsqu'il s'est blessé, jadis, il a effectué sa rééduction chez Lieven Maesschalck à Anvers. Lorsqu'il est revenu, il était deux fois plus épais. " Lors d'une interview accordée au Gelderlander, Groeneveld a déclaré à ce propos : " J'avais déjà de grosses cuisses, mais après mon passage à Anvers, je n'entrais plus dans mes pantalons. Je ne pouvais même plus en acheter, car ils se déchiraient. Lieven est un phénomène. Ses exercices m'ont fait le plus grand bien. Je fais beaucoup d'efforts, je reste parfois au club plus longtemps que les entraîneurs. Ce n'est pas pour me vanter, je crois simplement que c'est nécessaire pour arriver au sommet. " C'est aussi la raison qui l'a poussé à venir en Belgique, affirme Bogers : " Je connais la Belgique et Arnaut m'a demandé ce qu'il pouvait en attendre. En Belgique, on demande d'autres choses qu'aux Pays-Bas, mais il deviendra un joueur plus complet. Il devra un peu modifier son jeu, mais il le sait. Chez nous, le beau jeu reste primordial, mais en Belgique, c'est d'abord l'efficacité qui compte. Et je peux le comprendre : on joue pour les points et le résultat. " " Nous pouvons apprendre de la Belgique et de l'Allemagne. Arnaut comprend que sa créativité et sa vitesse doivent déboucher sur des statistiques, des buts, des assists. Il en est tout à fait conscient. Arnaut sait exactement ce qu'il veut et ce qu'il doit faire pour atteindre ses objectifs. Seulement, il se met tellement de pression et est tellement perfectionniste que, parfois, cela se ressent dans ses prestations. Il a un plan de carrière, et lorsque tout ne fonctionne pas comme il l'avait espéré, il se fait trop de mouron. Il ne faut pas oublier qu'Arnaut n'a pas eu une jeunesse facile. Certains jeunes recevaient très facilement de nouvelles chaussures de leurs parents, mais ce n'était pas le cas d'Arnaut. Cela lui a conféré un grand sens des responsabilités et une grande fierté. Il veut absolument aider sa famille. " Est-il comparable à Limbombe ? Adri Bogers : " Limbombe s'appuie davantage sur sa vitesse et son opportunisme, Arnaut peut déstabiliser un adversaire par une feinte et un dribble, en alternant l'extérieur et l'intérieur. Je pense qu'il est différent dans l'exécution. Il est plus imprévisible, plus surprenant et plus difficile à contrer pour l'adversaire. Avec cette nuance : il reste un jeune joueur qui découvre actuellement un niveau auquel il n'a jamais évolué. C'est aussi un joueur créatif, on sait donc qu'il risque de traverser un creux. Il le sait. Je l'ai vu à l'oeuvre durant la Supercoupe contre le Standard, et je lui ai déjà dit : tu as tracé une ligne, essaie de la suivre, mais tu rencontreras inévitablement quelques obstacles, c'est normal. C'est la différence entre des joueurs expérimentés et des jeunes qui débutent. Limbombe a joué en Eredivisie avec le NEC Nimègue et y a accumulé un peu plus d'expérience. Il était peut-être déjà un rien plus loin lorsqu'il a débarqué à Bruges. " Un homme très ambitieux, c'est ainsi que Groenveld s'est défini lors des deux dernières saisons, lorsque le journal Gelderlander a suivi son éclosion. Il a déclaré lors de différentes interviews : " Je veux jouer, au minimum, dans l'un des meilleurs clubs du monde. Remporter le plus de trophées possibles et montrer au monde qui est Arnaut Groeneveld." Des paroles sans équivoque dans la bouche d'un joueur qui, la saison dernière, n'évoluait encore qu'en D2 néerlandaise, très loin des sommets mondiaux. " Cette ambition, je l'ai depuis que je suis tout petit. Je fais tout pour l'assouvir, tous les jours. Mais je suis aussi réaliste. Et je sais que la chance d'atteindre un jour le plus haut sommet est mince. Mais cela ne veut pas dire que cette chance n'existe pas. Depuis l'école primaire, je n'ai rien fait d'autre que jouer au football. J'ai joué en ville, sur terrain synthétique, dans ma chambre, sur des plaines de jeu, au supermarché. Mon monde s'est écroulé la saison dernière lorsque je me suis blessé et que je ne pouvais plus monter sur un terrain. Je pense que les gens ne peuvent pas réaliser quel impact cela a eu." Régulièrement, il rêve en voyant à l'oeuvre des joueurs comme Neymar et Ronaldinho sur YouTube. Dans le Gelderlander : " Je pourrais les observer pendant des heures, des jours. Ils représentent une grande source d'inspiration pour moi. Je suis un joueur technique, c'est donc logique que j'admire des joueurs techniques. Neymar est mon joueur préféré. A cause de sa manière de jouer. Et de sa personnalité. Par le sentiment qu'il me procure."