On n'a pas dû attendre pour avoir droit à un feu d'artifice. Les play-offs ont commencé fort et ça a été crescendo de vendredi à dimanche soir. Je comparerais Standard - Antwerp à l'apéritif, Genk - Anderlecht à l'entrée et Bruges - Gand au plat de consistance.

Le Standard a bafouillé pendant la première mi-temps puis il a pris son rythme. Ce match a confirmé que si les Liégeois veulent viser le titre, ils ne pourront pas se reposer que sur Mehdi Carcela. Il y a un an, Carcela et Junior Edmilson marchaient sur l'eau et ils avaient été les principaux acteurs de la folle remontée en play-offs.

Vendredi dernier, les solutions sont venues de Razvan Marin et Moussa Djenepo. J'ai l'impression que ce Djenepo peut être l'équivalent du Junior Edmilson de l'année passée. Il a complètement débloqué ce match difficile. Après avoir pris l'avance, l'Antwerp a tout fermé. Mais Djenepo a été le parfait ouvre-boîte.

En intensité et en qualité, on est encore monté un cran plus haut samedi soir. Genk n'a pas laissé à Anderlecht la possibilité de s'installer dans le match. Les Mauves ont été pris à la gorge dès les premières minutes. Ils ont prouvé par l'absurde qu'ils étaient définitivement trop courts pour se mêler à la course au titre.

Là-bas, tout le monde pourra être content s'il y a au bout du chemin une qualification pour l'Europa League. J'ai vu tellement de joueurs qui n'avaient pas le niveau, dans ce match. Par exemple, trois des quatre défenseurs n'étaient nulle part. Ivan Obradovic a vu des étoiles contre Junya Ito, il ne savait plus où il était.

Même chose pour Dennis Appiah contre Leandro Trossard. Et puis il y a le niveau catastrophique de James Lawrence à la relance. Derrière, il n'y a finalement que Kara qui a un peu surnagé. Plus haut sur le terrain, il est urgent qu'Adrien Trebel remplace pour de bon un Peter Zulj invisible. Et quand même Thomas Didillon, le meilleur Anderlechtois depuis le début de la saison, commence à participer à l'opération boulettes, ça devient vraiment très compliqué.

Le plus pénible dans cette histoire, c'est peut-être de constater que Fred Rutten comprend parfaitement les manquements mais n'a pas le droit de dire ce qu'il pense.

Chapeau à Philippe Clement, qui a une nouvelle fois réussi son coup. Il a la spécialité de trouver les bonnes solutions quand il est confronté à un problème spécifique. Ça n'a pas été simple pour lui de remplacer Alejandro Pozuelo, il a fait plusieurs essais en fin de phase classique. Aujourd'hui, on peut dire qu'il a trouvé la formule qui marche. Avec Ruslan Malinovski et Bryan Heynen devant Sander Berge, c'est efficace et bien pensé. On espérait à Genk que le retour de Berge allait faire du bien, c'est déjà confirmé. Et puis, Ito, c'est une toute bonne pioche du mercato de janvier.

J'ai vraiment aimé Genk dans ce match, mais j'ai encore préféré le Bruges qu'on a vu contre Gand. Des trois candidats au titre, le Club a été le plus impressionnant, ce week-end. Les Gantois ont été carrément surclassés. Comme à Genk, il n'y a pas eu match. Les choses auraient peut-être été un peu différentes s'il n'y avait pas eu l'exclusion de Vadis Odjidja, mais même à onze pendant tout le match, ils n'auraient pas pu rivaliser parce que Bruges s'est mis directement en mode rouleau compresseur.

Clinton Mata a été terrible et il y en a eu d'autres. Stefano Denswil m'a épaté. Emmanuel Dennis a été intenable sur son flanc. Et puis, il y a le retour au plus haut niveau, au meilleur moment, des deux maîtres à jouer de cette équipe. Ruud Vormer et Hans Vanaken sont à nouveau en configuration Soulier d'Or. Je fais pour Gand le même constat que pour Anderlecht : le plus haut objectif atteignable est une qualification pour l'Europa League. Mais, des trois clubs trop courts pour viser le titre, je pense que c'est quand même Gand qui a les meilleures cartes.