Marc Degryse
Opinion

28/08/18 à 10:48 - Mise à jour à 13:04

Après 5 matches, notre championnat a déjà sa grosse farce

Pour Marc Degryse, le chroniqueur de Sport/Foot Magazine, cette histoire d'annulation des suspensions est surréaliste.

Après 5 matches, notre championnat a déjà sa grosse farce

Exclu à Ostende-Mouscron, lors de la première journée, le Sénégalais Christophe Diedhiou n'a pas joui de la même clémence que Wesley ou Ognjen Vranjes le week-end passé. Les Hurlus peuvent s'estimer lésés. © BELGAIMAGE

Si quelqu'un avait dit, une semaine avant le topper, que l'attaque de Bruges serait emmenée par Wesley et Kaveh Rezaei, on lui aurait évidemment demandé s'il n'avait pas un gros souci ! Parce que tout était bien clair pour tout le monde : Wesley était toujours suspendu pour son coup de coude impardonnable dans le match contre Mouscron et Rezaei avait quand même prolongé son contrat à Charleroi quelques jours plus tôt.

Mais non, Wesley puni et Rezaei toujours Carolo, ça ce n'est que la logique ! Et ici, pour la logique, il n'y a pas toujours toute la place voulue. Aujourd'hui, on a une nouvelle situation kafkaïenne dans notre football, tout ça parce que certaines personnes qui ont de grandes responsabilités ne sont pas capables d'être suffisamment professionnelles.

Les clubs avaient approuvé un tableau indicatif des suspensions pour les fautes qui ont provoqué des exclusions. C'était très bien. Tout le monde l'avait donc validé. Bruges. Anderlecht. Le Standard. Mouscron. Et les autres. Il y avait seulement un hic. Un petit hic pour un gros choc ! En attaquant sur le tapis vert, en démontrant que ce tableau n'avait pas été approuvé par les organes indispensables à la fédération, le Standard a tout renversé.

Il fallait le faire, il fallait trouver la faille, et l'avocat du Standard a été très bon sur le coup. Pierre Locht, c'est un bon, on le sait ! Ce qui ajoute au côté marrant de l'histoire, si on peut encore trouver ça marrant, c'est qu'il a trouvé une faille au niveau de Pierre François, patron de la Pro League... et accessoirement ancien avocat du Standard qui avait lui aussi l'art de s'engouffrer dans les failles.

Cette histoire est surréaliste. Le Standard a obtenu l'annulation de la suspension de Mehdi Carcela. Bruges en a profité pour récupérer Wesley beaucoup plus tôt que prévu. Anderlecht a sauté dans le train pour retrouver les services d'Ognjen Vranjes dès le topper. Pour Eupen, la suspension d'Eric Ocansey, ce n'est plus qu'un mauvais souvenir. Les matches de suspension ont sauté, les amendes aussi. C'est n'importe quoi. Où est l'éthique ? C'est une histoire complètement ridicule qui fait mal à l'image de notre championnat, de notre fédération, de notre Pro League.

Il a suffi d'une erreur de procédure pour fausser le début de la compétition. Dans le bas du classement surtout. Parce qu'il y a une équipe qui a été désavantagée, et qui en plus n'a pas besoin de ça pour le moment : Mouscron. Pendant que les autres clubs récupéraient des joueurs qui auraient dû rester en tribune, Mouscron a été privé de Christophe Diedhiou. Il avait été exclu lors de la toute première journée, il avait pris quatre matches de suspension, et il en a purgé quatre, lui !

Quid si, aujourd'hui, Mouscron met un bon avocat sur l'affaire et plaide une falsification du championnat ? On serait alors peut-être partis pour des mois de procédures. À la Pro League, il y a du boulot urgent, sur le coup ! L'affaire doit être examinée à la prochaine réunion, le 4 septembre. Entre-temps, il y aura encore une journée de championnat. Une journée de plus à naviguer entre deux eaux, avec l'impunité promise aux joueurs qui se feraient exclure.

Anderlecht a donc profité de la situation mais apparemment, ou en tout cas officiellement, Marc Coucke ne se réjouit pas de ça. Normal, en tant que nouveau président de la Pro League ! C'est clairement ce qui ressort de quelques tweets qu'il a balancés à l'approche du match à Bruges. Il dit qu'il regrette cette situation, il évoque une impasse, il dit que tout va être fait pour que tout soit arrangé au plus vite. C'est bien, mais le mal est fait, déjà.

Nos partenaires