1. Tu étais un des tauliers de l'équipe montante l'an dernier sous Emilio Ferrera, mais est-ce qu'à 24 ans et sans aucune expérience de la D1A, tu n'as pas eu peur à un moment de ne plus faire partie des plans du nouveau coach cette saison?
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1. Tu étais un des tauliers de l'équipe montante l'an dernier sous Emilio Ferrera, mais est-ce qu'à 24 ans et sans aucune expérience de la D1A, tu n'as pas eu peur à un moment de ne plus faire partie des plans du nouveau coach cette saison? Le club m'a tout de suite dit qu'il comptait sur moi. Et moi, j'avais vraiment à coeur de découvrir la première division avec Seraing. C'était un rêve aussi. Il ne faut pas oublier qu'à seize ans, je jouais encore en quatrième division, à Onhaye. Puis, finalement, j'ai été repéré par un scout qui travaillait de concert avec un agent. Dans la foulée, j'ai fait des tests à Bruges et au Standard. J'étais sur le point de signer chez les Rouches, mais finalement, c'est Anderlecht qui m'a le plus convaincu. 2. À Anderlecht justement, tu fais partie de la génération demi-finaliste de la Youth League en 2016 sous Nicolás Frutos. Pas forcément celle la plus attendue en interne à Anderlecht à l'époque. Ça a été une revanche pour vous de faire des résultats pareils? C'étaient des moments fantastiques. On a su se montrer et prouver qu'on n'était pas moins forts que la génération précédente avec laquelle tout le monde nous comparait tout le temps. En fait, nous aussi on avait une belle équipe, mais personne au club ne croyait trop en notre génération à ce moment-là. Dans le club, on entendait qu'on était moins forts que les Bastien, Leya Iseka, etc. À titre personnel, c'est vraiment grâce à Nicolás Frutos que j'ai eu ma chance. Lui croyait beaucoup en moi. Finalement, et en partie sans doute à cause de petites blessures qui se sont enchaînées, je n'ai jamais reçu l'opportunité d'aller avec les pros. C'est ce qui explique que je suis ensuite parti tenter ma chance à l'Antwerp. 3. Dans un club pas franchement réputé pour lancer des jeunes... Pourquoi ce choix à l'été 2018? En fait si, cette année-là, ils venaient de lancer quelques jeunes en PO2. Mais un peu malheureusement pour moi, je suis arrivé l'été où ils ont vraiment commencé à construire leur projet et la concurrence s'est révélée très rude d'un seul coup. En même temps que moi, des joueurs de la trempe de Mbokani, Refaelov ou Amara Baby ont débarqué. Ce qui fait que très vite, Bölöni m'a reversé dans une sorte de noyau C. À mes côtés, j'avais des gars comme Steve Colpaert, Bjorn Vleminckx ou Reda Jaadi. On a même eu droit à Didier Lamkel Zé pendant quelques semaines. En vrai, on avait une super équipe, on gagnait tous nos matches en Réserves, mais ça ne changeait rien aux idées du coach. 4. Un mal pour un bien qui te poussera, après un an en prêt au Lierse, à vivre une improbable aventure européenne avec le club luxembourgeois de Dudelange. Comment c'était? C'est mon agent qui m'a mis en contact avec Emilio Ferrera à l'époque. C'était un pari, mais je savais qu'il y avait cette opportunité d'aller en Europa League. Et honnêtement, je n'avais pas vraiment d'autres options concrètes. Finalement, j'ai bien fait. On s'est qualifiés pour la phase de groupes de l'Europa et j'ai vécu une superbe aventure. Notamment en y inscrivant deux buts. Surtout, ça m'a fait grandir mentalement de me retrouver là. À Dudelange, j'étais réellement livré à moi-même. C'était d'autant plus vrai quand Bertrand Crasson a pris la relève d'Emilio Ferrera comme T1. Là, c'était le grand écart en terme de professionnalisme. Emilio, tactiquement, c'est peut-être un des meilleurs en Belgique. Il est hyper rigoureux et exigeant. Disons qu'avec Crasson, c'était un peu différent ( sic). Et puis, vous pouvez vous douter qu'il n'y a pas les mêmes infrastructures à Dudelange qu'à Anderlecht ou à l'Antwerp...C'est tout ça qui m'a fait prendre conscience que si je voulais me sortir de là, j'allais devoir me bouger un peu, me prendre en main. 5. Sans Dudelange, il n'y aurait pas eu Seraing et la D1? Je crois, oui. Au Luxembourg, je me suis mis à plus travailler et l'année d'après, je signais à Seraing. C'est à ce moment-là que je suis devenu un vrai pro. Et aujourd'hui, j'en récolte les fruits.