Coca K.O.

Que faut-il penser des joueurs de cet EURO qui s'amusent à pousser sur le côté des bouteilles posées devant leur nez en conférence de presse? Une mode lancée par Cristiano Ronaldo. Pour lui, le Coca-Cola n'est pas sain, il faut boire de l'eau. Après le match contre le Danemark, Romelu Lukaku a fait la même chose avec une fiole de Heineken. "Je ne bois pas de bière." Paul Pogba s'est aussi pris au jeu.
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Que faut-il penser des joueurs de cet EURO qui s'amusent à pousser sur le côté des bouteilles posées devant leur nez en conférence de presse? Une mode lancée par Cristiano Ronaldo. Pour lui, le Coca-Cola n'est pas sain, il faut boire de l'eau. Après le match contre le Danemark, Romelu Lukaku a fait la même chose avec une fiole de Heineken. "Je ne bois pas de bière." Paul Pogba s'est aussi pris au jeu. Les médias anglais n'ont pas raté Ronaldo sur le coup. Ils rappellent une anecdote racontée autrefois par Ole Gunnar Solskjaer. Du temps où il était à Manchester United, le Portugais avait déclenché un petit accès de colère chez Ryan Giggs parce qu'il se pointait au petit-déjeuner avec son Coca. Et puis, en 2006, il faisait une pub grassement payée pour cette marque. Il a aussi été un porte-drapeau d'une chaîne de fast food. On peut par ailleurs rappeler que quand Lukaku faisait la pub de Kinder Bueno, il s'en mettait plein les poches en participant à la promotion d'une certaine malbouffe. En tout cas, l'UEFA n'a pas rigolé. "Les sponsors sont fondamentaux pour l'organisation de ce type de tournoi et le développement du sport chez les femmes et les enfants." En fin de semaine dernière, le bureau Global Data a détaillé que les fabricants de boissons non alcoolisées représentaient un sponsoring XXL. Rien que cette année, c'est près de 675 deals pour un montant total dépassant 300 millions d'euros. Finalement, Ronaldo n'a rien inventé. Des sportifs célèbres qui rejettent des produits pas sains, c'est une vieille histoire. Il y a eu des coups de sang en NBA. Klay Thompson et la légende Gregg Popovich s'en sont pris à une bouteille de Gatorade qu'on avait mise sous leur nez. Thompson parce qu'il avait un deal commercial avec une marque concurrente, Popovich pour des raisons morales. "Il y a trop de sucre là-dedans." Dans un domaine différent, Frédéric Kanouté, à Séville, s'en était pris à une société de paris sportifs qui sponsorisait le club. À Copenhague, le chauffeur du bus qui véhicule la presse belge entre l'hôtel et l'aéroport, le premier jour du séjour, est un fou de foot. Un homme d'un certain âge qui nous explique qu'il était le chauffeur attitré de la sélection danoise dans les années 80. "J'ai plein d'anecdotes et de souvenirs extraordinaires avec les frères Michael et Brian Laudrup et Sepp Piontek notamment. C'était extrêmement familial. Dans le bus, ça chantait, ça dansait, la musique allait à fond. Et après les matches, ils descendaient quelques bières." Cet homme, qui garde un souvenir ému d' Ariel Jacobs quand il bossait dans la ville, véhicule aujourd'hui les joueurs de Bröndby, il les emmène jusqu'en Suède et dans le nord de l'Allemagne pour des stages et des matches amicaux. "Ce n'est plus la même chose, tout est devenu mille fois plus sérieux." La veille de Danemark-Belgique, il nous dépose juste devant l'ambassade de Belgique. À une centaine de mètres du stade. On est chez nous. À la sortie de l'aéroport de Copenhague, plusieurs personnes distribuent des masques jetables. De la marque Airtox. Cette société fabrique aussi "les chaussures de sécurité les plus légères du monde", comme signalé sur un gigantesque panneau publicitaire installé juste en face. Les passagers n'en reçoivent pas un, pas deux, mais trois, quatre, cinq. Ces serveurs sont généreux. Celui qu'on croise voit qu'on arrive de Bruxelles et lance: "Tiens, je t'en donne un de plus, tu le mettras à Lukaku." On n'a toujours pas compris ce qu'il voulait dire. Roberto Martínez, qui combine toujours les fonctions de sélectionneur et directeur technique, ne néglige personne. Il s'intéresse à nos équipes de jeunes, de femmes, aux pros, aux amateurs. Une fois par mois environ, il participe à une réunion avec les coaches de nos équipes d'âge. Les discussions portent sur les talents de demain et on y aborde aussi des sujets tactiques. Ces coaches sont censés préparer à l'avance un travail sur un thème déterminé. Récemment, un de ces thèmes était l'utilisation de Kevin De Bruyne en faux numéro 9 à Manchester City. Une trouvaille de Pep Guardiola. C'est en exploitant cette arme qu'il avait déstabilisé le Real en Ligue des Champions. Et justement, Martínez a appliqué la méthode à certains moments du match contre le Danemark. On imagine que quand il avait demandé aux entraîneurs de nos catégories d'âge de bosser sur ce sujet, il voyait plus loin. La firme de statistiques OPTA a relevé un chiffre étonnant après le match Danemark-Belgique. En première mi-temps, les Diables ont tenté un seule fois leur chance au but. Sur un tournoi, ça ne nous était plus arrivé depuis la défaite contre le Mexique à la Coupe du monde 1986. Cinq jours plus tard, on avait battu l'Irak. Puis on n'était tombés qu'en demi-finale contre l'Argentine du soliste Diego Maradona. Quand on va à Copenhague pour la première fois, on est obligé d'aller voir la petite sirène. Au retour de cette curiosité à peine plus haute que notre Manneken Pis et qui n'a vraiment rien d'extraordinaire, à dix minutes à pied du centre-ville, on suit trois personnes qui portent un maillot avec " COURTOIS" floqué dans le dos. En s'approchant, on les reconnaît: la maman, la soeur et le papa de Thibaut. "On n'a pas le choix, il faut venir faire le traditionnel selfie avec la sirène quand on se retrouve ici", nous dit Thierry. Deux heures plus tard, on le revoit au milieu de supporters, devant le stade. Ils veulent eux aussi leur selfie avec la famille. Il ne manque que le frère du gardien, resté en Belgique parce qu'il est toujours en examens. Les Courtois suivent tous les matches des Diables et sont donc allés aussi deux fois à Saint-Pétersbourg. Contre la Finlande ce lundi, c'était la quatrième fois parce qu'ils avaient assisté aux deux matches des Belges dans cette ville à la Coupe du monde. Mais ils n'ont aucun contact physique avec leur fils. "Ils doivent rester dans leur bulle, on ne peut pas les approcher", continue Thierry. " Valérie a juste pu l'apercevoir une fois. C'est la même chose à Tubize, où on n'a pas accès."