Le calvaire de Hein Vanhaezebrouck a pris fin dimanche, après 14 journées de pataugeage. Il est la énième victime du changement de direction. Avant lui, Luc Devroe a été rétrogradé suite à sa campagne de transferts ratée et des personnes de confiance d'Herman Van Holsbeeck ont reçu leur C4 pour manque de loyauté envers la nouvelle direction.

De tous les limogeages effectués depuis l'arrivée de Marc Coucke, celui de Vanhaezebrouck est le plus justifié. Suite au non-match contre le Cercle Bruges, la direction des Mauves a en effet conclu que Vanhaezebrouck n'était pas en mesure d'inverser la spirale négative dans laquelle est prise l'équipe depuis des mois.

Le communiqué officiel est tombé peu après 20 heures. " Suite aux résultats décevants et au jeu développé, la direction du RSC Anderlecht a décidé à l'unanimité de mettre un terme au mandat de son entraîneur, Hein Vanhaezebrouck. Nous souhaitons remercier Vanhaezebrouck pour le dur labeur effectué pour le club ", explique Michael Verschueren, le nouvel homme fort du Sporting, dans ce communiqué.

Partant du principe que le CEO Jo Van Biesbroeck ne s'occupe pas de l'aspect sportif, seules deux personnes tenaient en mains le sort de Vanhaezebrouck : Marc Coucke et Michael Verschueren. Ce même Verschueren qui, avant le déplacement à Zagreb, soutenait encore HVH à 100% et lui avait promis trois gros renforts pendant la trêve hivernale.

" Nous croyons encore au titre. Beaucoup de jeunes ont éclos et nous n'avons encore jamais été balayés. Moyennant l'adjonction de trois footballeurs expérimentés, nous serons compétitifs ", avait déclaré Verschueren au quotidien Het Nieuwsblad il y a une semaine. " Nous soutenons le coach. Hein est fort sur le plan tactique et il est l'entraîneur idéal pour faire éclore les jeunes. Il motive tout le monde jour et nuit, surtout en ces temps difficiles. "

Volte-face

On peut donc se demander pourquoi Verschueren a opéré un virage à 180 degrés quatre jours plus tard. La pression des supporters était-elle devenue trop forte ? Pas vraiment. Ils ont demandé le renvoi de l'entraîneur au Jan Breydel, une démarche qui a suscité l'incompréhension de Sven Kums, mais ces dernières semaines, les supporters bruxellois étaient plutôt décontractés.

Face aux caméras, les joueurs, pétris de honte, ont reconnu que Vanhaezebrouck n'avait rien à se reprocher et qu'ils le soutenaient toujours. " Sinon, nous aurions été trouver la direction depuis longtemps ", a déclaré Pieter Gerkens, qui a rendu le sourire à Vanhaezebrouck en égalisant au Cercle, sur coup de coin.

En interne, le son de cloche était toutefois différent. Une partie du noyau était lasse du T1. Elle avait réalisé qu'il avait perdu le fil et elle était critique quant à sa gestion du vestiaire. Certains joueurs bénéficiaient de trop de privilèges, d'autres devaient s'entraîner de plus en plus dur et parfois, la discipline manquait de consistance.

Ce sont des aspects qui peuvent provoquer des frictions au sein d'une équipe qui ne tourne pas mais le principal reproche adressé à l'entraîneur est qu'il se soit trop souvent exprimé à la première personne du singulier, comme si l'équipe tournait autour de lui.

À certains moments, Vanhaezebrouck n'a pas fait un pas en arrière pour impliquer davantage le coach mental, très apprécié des joueurs. HVH prenait littéralement trop de place dans le vestiaire et il a compris trop tard que son discours indisposait le noyau.

Des chiffres rouges

L'absence de perspectives n'a pas empêché Vanhaezebrouck de se battre jusqu'au bout et d'énerver ses patrons par de petites remontrances. Dans sa dernière interview à la radio, il a explicitement mis en cause Luc Devroe en déclarant qu'il avait obtenu trop peu de puissance de feu avec Landry Dimata et Ivan Santini pour rivaliser avec les autres ténors du championnat.

L'optimiste qui couve en Vanhaezebrouck avait pourtant tenu à clore l'entretien sur une note positive. " Je n'ai aucune remarque à faire concernant les jeunes. Ils sont en plein apprentissage. Intéressons-nous aux bons moments. "

C'est peu dire que Vanhaezebrouck a tout essayé. Il y a quelques semaines, le Flandrien de 54 ans avait toutefois fait preuve de cynisme quant aux attentes d'Anderlecht. " Que veulent les gens ? Pour certains, il ne suffit pas de gagner. Mais quand nous jouons bien et que nous perdons, ça ne va pas non plus... "

Le principal problème de Vanhaezebrouck, c'est que son bulletin comporte beaucoup de chiffres rouges : durant l'année civile 2018, il n'a remporté que 17 victoires en 45 matches. Indépendamment des chiffres, il donne aussi l'impression de s'être trop accroché à sa vision, persuadé qu'avec trois défenseurs et des arrières latéraux qui arpentent tout le flanc, il pouvait contrer toutes les tactiques adverses.

Un coach têtu

L'entêtement avec lequel il a défendu ses idées au stade Vanden Stock, pendant plus d'un an, rappelle sa période à Genk. Les Limbourgeois n'étaient pas prêts non plus à appliquer la vision avant-gardiste de Vanhaezebrouck. Les joueurs d'Anderlecht n'étaient pas davantage capables d'appliquer la théorie et les exercices de HVH.

Il revenait souvent sur ce point à l'issue des matches : le groupe savait parfaitement ce qu'il devait faire et les solutions qui lui auraient permis d'anticiper sur les qualités adverses étaient à portée de main. Si Vanhaezebrouck doit s'adresser un reproche, c'est qu'il n'a pu se glisser dans la tête de joueurs comme Nicolae Stanciu, Bubacarr Sanneh ou Ognjen Vranjes.

Des hommes qui auraient dû obtenir un rôle proéminent au sein de l'équipe, ne serait-ce que sur base du montant de leur transfert. En attendant que Verschueren et Coucke trouvent un nouvel entraîneur pour sauver leur mission, Karim Belhocine et Jonas De Roeck vont diriger les matches contre Mouscron et Waasland-Beveren. À Neerpede, il se murmure que le groupe n'a rien contre cette décision.

Le chemin de croix de HVH en chiffres

62 Matches

26 Victoires

25Défaites

11 Nuls

87-93 Goal-average

3 Nombre de journée en tête

21 Nombre de matches sans but

48 Nombre de joueurs utilisés

13 Nombre de clean sheets

Plus large succès : Anderlecht 4 - Courtrai 0 (26/11/17)

Plus lourde défaite : Club Bruges 5 - Anderlecht 0 17/12/2017), PSG 5 - Anderlecht 0 (31/10/17)

Match le plus prolifique : Anderlecht 5 - Mouscron 3 (25/02/18)

Plus longue série de victoires : 4 matches (du 28/07/18 au 17/08/18)

Plus longue période sans défaite : 6 matches (du 22/12/17 au 04/02/18)

Plus longue période sans victoire : 6 matches (du 25/11/18 au 16/12/18)

Défaites:

par un but d'écart : 14

par deux buts d'écart : 7

par plus de deux buts d'écart : 4

29 Nombre de matches durant lequels il a été mené

Le calvaire de Hein Vanhaezebrouck a pris fin dimanche, après 14 journées de pataugeage. Il est la énième victime du changement de direction. Avant lui, Luc Devroe a été rétrogradé suite à sa campagne de transferts ratée et des personnes de confiance d'Herman Van Holsbeeck ont reçu leur C4 pour manque de loyauté envers la nouvelle direction. De tous les limogeages effectués depuis l'arrivée de Marc Coucke, celui de Vanhaezebrouck est le plus justifié. Suite au non-match contre le Cercle Bruges, la direction des Mauves a en effet conclu que Vanhaezebrouck n'était pas en mesure d'inverser la spirale négative dans laquelle est prise l'équipe depuis des mois. Le communiqué officiel est tombé peu après 20 heures. " Suite aux résultats décevants et au jeu développé, la direction du RSC Anderlecht a décidé à l'unanimité de mettre un terme au mandat de son entraîneur, Hein Vanhaezebrouck. Nous souhaitons remercier Vanhaezebrouck pour le dur labeur effectué pour le club ", explique Michael Verschueren, le nouvel homme fort du Sporting, dans ce communiqué. Partant du principe que le CEO Jo Van Biesbroeck ne s'occupe pas de l'aspect sportif, seules deux personnes tenaient en mains le sort de Vanhaezebrouck : Marc Coucke et Michael Verschueren. Ce même Verschueren qui, avant le déplacement à Zagreb, soutenait encore HVH à 100% et lui avait promis trois gros renforts pendant la trêve hivernale. " Nous croyons encore au titre. Beaucoup de jeunes ont éclos et nous n'avons encore jamais été balayés. Moyennant l'adjonction de trois footballeurs expérimentés, nous serons compétitifs ", avait déclaré Verschueren au quotidien Het Nieuwsblad il y a une semaine. " Nous soutenons le coach. Hein est fort sur le plan tactique et il est l'entraîneur idéal pour faire éclore les jeunes. Il motive tout le monde jour et nuit, surtout en ces temps difficiles. " On peut donc se demander pourquoi Verschueren a opéré un virage à 180 degrés quatre jours plus tard. La pression des supporters était-elle devenue trop forte ? Pas vraiment. Ils ont demandé le renvoi de l'entraîneur au Jan Breydel, une démarche qui a suscité l'incompréhension de Sven Kums, mais ces dernières semaines, les supporters bruxellois étaient plutôt décontractés. Face aux caméras, les joueurs, pétris de honte, ont reconnu que Vanhaezebrouck n'avait rien à se reprocher et qu'ils le soutenaient toujours. " Sinon, nous aurions été trouver la direction depuis longtemps ", a déclaré Pieter Gerkens, qui a rendu le sourire à Vanhaezebrouck en égalisant au Cercle, sur coup de coin. En interne, le son de cloche était toutefois différent. Une partie du noyau était lasse du T1. Elle avait réalisé qu'il avait perdu le fil et elle était critique quant à sa gestion du vestiaire. Certains joueurs bénéficiaient de trop de privilèges, d'autres devaient s'entraîner de plus en plus dur et parfois, la discipline manquait de consistance. Ce sont des aspects qui peuvent provoquer des frictions au sein d'une équipe qui ne tourne pas mais le principal reproche adressé à l'entraîneur est qu'il se soit trop souvent exprimé à la première personne du singulier, comme si l'équipe tournait autour de lui. À certains moments, Vanhaezebrouck n'a pas fait un pas en arrière pour impliquer davantage le coach mental, très apprécié des joueurs. HVH prenait littéralement trop de place dans le vestiaire et il a compris trop tard que son discours indisposait le noyau. L'absence de perspectives n'a pas empêché Vanhaezebrouck de se battre jusqu'au bout et d'énerver ses patrons par de petites remontrances. Dans sa dernière interview à la radio, il a explicitement mis en cause Luc Devroe en déclarant qu'il avait obtenu trop peu de puissance de feu avec Landry Dimata et Ivan Santini pour rivaliser avec les autres ténors du championnat. L'optimiste qui couve en Vanhaezebrouck avait pourtant tenu à clore l'entretien sur une note positive. " Je n'ai aucune remarque à faire concernant les jeunes. Ils sont en plein apprentissage. Intéressons-nous aux bons moments. " C'est peu dire que Vanhaezebrouck a tout essayé. Il y a quelques semaines, le Flandrien de 54 ans avait toutefois fait preuve de cynisme quant aux attentes d'Anderlecht. " Que veulent les gens ? Pour certains, il ne suffit pas de gagner. Mais quand nous jouons bien et que nous perdons, ça ne va pas non plus... " Le principal problème de Vanhaezebrouck, c'est que son bulletin comporte beaucoup de chiffres rouges : durant l'année civile 2018, il n'a remporté que 17 victoires en 45 matches. Indépendamment des chiffres, il donne aussi l'impression de s'être trop accroché à sa vision, persuadé qu'avec trois défenseurs et des arrières latéraux qui arpentent tout le flanc, il pouvait contrer toutes les tactiques adverses. L'entêtement avec lequel il a défendu ses idées au stade Vanden Stock, pendant plus d'un an, rappelle sa période à Genk. Les Limbourgeois n'étaient pas prêts non plus à appliquer la vision avant-gardiste de Vanhaezebrouck. Les joueurs d'Anderlecht n'étaient pas davantage capables d'appliquer la théorie et les exercices de HVH. Il revenait souvent sur ce point à l'issue des matches : le groupe savait parfaitement ce qu'il devait faire et les solutions qui lui auraient permis d'anticiper sur les qualités adverses étaient à portée de main. Si Vanhaezebrouck doit s'adresser un reproche, c'est qu'il n'a pu se glisser dans la tête de joueurs comme Nicolae Stanciu, Bubacarr Sanneh ou Ognjen Vranjes. Des hommes qui auraient dû obtenir un rôle proéminent au sein de l'équipe, ne serait-ce que sur base du montant de leur transfert. En attendant que Verschueren et Coucke trouvent un nouvel entraîneur pour sauver leur mission, Karim Belhocine et Jonas De Roeck vont diriger les matches contre Mouscron et Waasland-Beveren. À Neerpede, il se murmure que le groupe n'a rien contre cette décision.