Marc Degryse
Opinion

27/11/18 à 12:36 - Mise à jour à 12:42

Anderlecht, une gifle rafraîchissante

Pour Marc Degryse, le chroniqueur de Sport/Foot Magazine, malgré la défaite d'Anderlecht, la fraîcheur apportée par les jeunes sur le terrain de Saint-Trond a fait du bien.

Anderlecht, une gifle rafraîchissante

© BELGA

Quand nos meilleurs clubs semblent se donner le mot pour cumuler les contre-performances, comme le week-end dernier, on peut rarement leur trouver des circonstances atténuantes ou des points positifs. Par exemple, on ne peut pas trouver grand-chose de positif dans les défaites de Bruges et de Genk.

Quand Anderlecht perd à Saint-Trond, c'est à première vue une autre contre-performance. Et dans les chiffres, c'est évidemment un échec, surtout qu'il y en a déjà eu beaucoup depuis quelques mois. Et on sait qu'il y en aura encore cette saison. Marc Coucke est maintenant en poste depuis une année, ça a été une année turbulente, et donc ça continue.

Mais la fraîcheur vue sur le terrain de Saint-Trond, elle fait du bien. C'est quand même tout à fait inhabituel qu'un club comme Anderlecht aligne autant de jeunes formés dans son académie, même si ce n'était pas nécessairement un choix conscient de Hein Vanhaezebrouck.

Cette bande de gamins a montré plein de bonnes choses, indépendamment du résultat. Quand Anderlecht offre un contrat professionnel à autant de jeunes formés à Neerpede, c'est une excellente chose. Et quand ces jeunes sont effectivement lancés dans le bain de la D1, c'est encore mieux.

Ça a de quoi réchauffer le coeur de tout le monde : la direction, les supporters. Si ça s'est mal passé dans les chiffres, c'était la deuxième bonne nouvelle en quelques jours après l'annonce du retour de Pär Zetterberg, censé ramener l'ADN mauve dans le staff technique.

Ça m'a frappé, à Saint-Trond, de ne pas entendre, en fin de match, de critiques des supporters qui avaient fait le déplacement. Parce qu'ils savaient que c'était un match particulier, porteur d'espoirs pour le futur. Aucun gamin n'est passé à côté de son rendez-vous.

Que ce soit clair : si Anderlecht a perdu cette rencontre, c'est d'abord dû à quelques anciens qui n'ont pas été à leur niveau. Cette défaite porte beaucoup plus la marque de gars comme Thomas Didillon et d'Ognjen Vranjes, par exemple.

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"Saint-Trond - Anderlecht, c'était le monde à l'envers. Tu penses que les routiniers vont guider et faire passer un palier aux gamins, mais t'assistes au phénomène inverse."

À côté de ça, chez les jeunes, j'ai vu du talent, une grosse envie de bien faire, beaucoup de culot. Aucun d'eux ne semblait impressionné par l'enjeu et le fait de se retrouver subitement sous les spots. Yari Verschaeren, 18 ans, faisait ses débuts et a tout fait comme un grand. Quel culot ! C'était le gars qui semblait vouloir dire : " On me donne ma chance, vous allez voir ce que vous allez voir, je suis un joueur du Sporting d'Anderlecht et je vais apporter du foot. "

Francis Amuzu a été fantastique. Déjà sur le terrain, en apportant du danger et en étant décisif. Mais aussi à l'interview d'après-match, où il a parlé comme un routinier. En résumé, il disait : " Je ne veux plus être considéré comme un jeune, je suis dans le noyau depuis un an, il est temps de me traiter comme un titulaire en puissance. " C'était spontané, impulsif, enthousiaste.

Alexis Saelemaekers, on le connaît déjà un peu. Lui aussi a répondu à l'attente dans une équipe qui était dans les cordes. Même chose pour Albert Sambi Lokonga qui a épaté par sa faculté à garder le ballon dans les moments chauds et par sa vision du jeu. Sebastiaan Bornauw a été le meilleur défenseur mauve de la soirée, c'est une autre illustration des difficultés que rencontrent les anciens. Il a fait une erreur sur un corner, mais à part ça, il a éclipsé Vranjes et Antonio Milic. Et Jérémy Doku qui monte en fin de match, à 16 ans ! Pour remplacer Verschaeren, 18 ans. Quel symbole...

Bref, ce match, c'était le monde à l'envers. Tu penses que les routiniers vont guider et faire passer un palier aux gamins, mais t'assistes au phénomène inverse, t'as l'impression que si l'équipe a une chance de s'en sortir, ce sera grâce aux jeunes. C'est prometteur. Mais pas à court terme, évidemment. Ils ne vont pas jouer chaque semaine. Et quand ils joueront, ils connaîtront des coups de moins bien. Mais on peut être presque sûr qu'il y en a trois ou quatre, dans le lot, qui ont le bagage pour faire carrière.

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